Manque-t-on de vitamines et minéraux dans tous les pays du monde ?

Modifié le 21 mai 2025

Temps de lecture : 7 minutes
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Globe terrestre dans une assiette en bois où l'on retrouve à côte de cette assiette une fourchette et une cuillère en bois. Le tout est posé sur une table en bois.

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Indispensables à de nombreuses fonctions biologiques, les vitamines et minéraux jouent un rôle clé dans notre équilibre. Un apport insuffisant en l’un de ces micronutriments, voire en plusieurs simultanément, peut avoir de sérieuses répercussions sur la santé. Si le risque de carence dépend en partie de facteurs individuels – âge, sexe, état physiologique –, l’environnement et les habitudes alimentaires jouent également un rôle déterminant. À l’échelle mondiale, les déficits en vitamines et minéraux sont fréquents, mais leur nature et leur fréquence varient considérablement selon les pays.

Une estimation globale des déficits en vitamines et minéraux

Une étude récente menée par une équipe internationale met en lumière l’ampleur des carences en micronutriments à travers le monde. Elle révèle que plus de cinq milliards de personnes ne consomment pas suffisamment d’iode (68% de la population mondiale), de vitamine E (67%) et de calcium (66%). Par ailleurs, plus de quatre milliards d’habitants manquent de fer (65%), de riboflavine ou vitamine B2 (55%), de folates ou vitamine B9 (54%) et de vitamine C (53%). Ainsi, plus de la moitié de la population mondiale reçoit des quantités insuffisantes de ces micronutriments essentiels à la santé humaine. Dans un contexte mondial où de plus en plus de pathologies liées à des déficits en vitamines et minéraux émergent — par exemple, l’infertilité associée à un manque de zinc ou les maladies auto-immunes liées à une insuffisance en vitamine D — certains produits, comme les multivitamines ou d’autres compléments spécifiques, représentent des outils à promouvoir dans nos sociétés.

Un zoom sur plus de 99 % de la population mondiale

Pour cette étude, les chercheurs ont évalués les carences en 15 vitamines et minéraux : les vitamines A, C, E, B1, B2, B3, B6, B9 et B12, le calcium, l’iode, le fer, le zinc, le magnésium et le sélénium.

Ils ont tout d’abord exploité les résultats d’enquêtes alimentaires menées dans 31 pays, puis ont ensuite intégré les informations du Global Dietary Database, une base de données recensant les apports en nutriments dans 185 pays.

Grâce à ces éléments, ils ont estimé la quantité médiane de chaque micronutriment consommée selon l’âge et le sexe, puis l’ont comparée aux recommandations nutritionnelles. Enfin, en croisant ces résultats avec les données démographiques de la Banque mondiale, ils ont pu estimer le nombre de personnes souffrant d’apports insuffisants à l’échelle planétaire.

Des disparités dans les carences selon les régions

Les déficits en micronutriments ne touchent pas l’ensemble des populations de la même manière. Par exemple, des niveaux d’apports insuffisants en calcium sont fréquents en Asie du Sud et de l’Est, en Afrique subsaharienne et dans le pacifique. Ils sont en revanche rares en Amérique du Nord, en Europe et en Asie centrale.

Concernant l’iode, l’Europe et le Canada sont les rares régions du monde où les apports sont globalement satisfaisants. Pour la vitamine E, seuls les habitants des pays insulaires du pacifique en reçoivent des quantités suffisantes.

Les vitamines B2 et B12 font souvent défaut chez les habitants des pays d’Asie du Sud et d’Afrique. Les apports en ces deux vitamines, ainsi qu’en B6 et B9, sont également insuffisants en Inde.

Certains pays présentent des singularités dans le type de carences rencontrées. Le déficit d’apports en niacine (la vitamine B3) est courant à Madagascar et en République démocratique du Congo, tandis que les habitants de Russie, de Mongolie et du Kazakhstan ne consomment généralement pas suffisamment de sélénium.

Le manque d’iode est le déficit en micronutriments le plus fréquent à l’échelle mondiale.

Une menace pour la santé à l’échelle mondiale

Les déficits en vitamines et minéraux ont un impact majeur sur la santé des populations, avec des conséquences variables selon le micronutriment concerné. Ils sont rarement isolés et tendent à se manifester simultanément chez une même personne. Parmi les carences les plus problématiques à l’échelle mondiale, figurent celles en fer, en vitamine A, en iode, en folates et en zinc.

Les carences en fer et en vitamine A frappent durement l’Afrique et l’Asie

La carence en fer est une cause majeure d’anémie, qui touche particulièrement les femmes enceintes et les jeunes enfants. Elle provoque de la fatigue, une faiblesse générale, des essoufflements et des complications lors de la grossesse. À l’échelle mondiale, l’anémie affecte plus de 1,2 milliard de personnes. Les plus fortes prévalences sont observées chez les enfants d’âge préscolaire et les femmes enceintes en Afrique (67,6% et 57,1%) et en Asie du Sud-Est (65,5% et 48,2%).

La carence en vitamine A concerne quant à elle environ 190 millions d’enfants d’âge préscolaire à travers le monde, soit un enfant sur trois, et 19 millions de femmes enceintes. Elle représente la première cause de cécité évitable chez les enfants et augmente le risque de développer des infections sévères.

Elle sévit principalement dans les régions pauvres du monde, en particulier en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est. En 2019, l’Afrique centrale affichait le taux le plus élevé de carence en vitamine A, avec près de 26 000 cas pour 100 000 habitants, suivie par l’Afrique de l’Est avec environ 23 500 cas, et l’Afrique de l’Ouest avec environ 15 500.

À l’inverse, les régions avec les taux les plus bas étaient l’Australasie (qui comprend l’Australie et la Nouvelle-Zélande), avec seulement 149 cas pour 100 000 habitants, suivie de l’Amérique du Nord et de l’Europe de l’Est, avec des taux respectifs d’environ 485 et 531 cas. Le manque de vitamine A est rare en France, avec 172 cas pour 100 000 habitants.

Le manque d’iode, une problématique des régions éloignées du littoral

L’iode est un oligo-élément essentiel à la production des hormones thyroïdiennes, qui régulent de nombreuses fonctions physiologiques et jouent un rôle clé dans le développement et le fonctionnement du cerveau. Il est naturellement présent dans l’eau de mer et, en moindre mesure, dans les sols des régions côtières. En revanche, les terres situées loin du littoral en sont souvent appauvries, exposant leurs habitants à un risque accru de carence.

Les populations vivant dans des zones enclavées, notamment en Asie, en Afrique centrale, en Europe de l’Est et au centre des États-Unis, ainsi que celles des régions montagneuses ou sujettes aux inondations comme l’Asie du Sud-Est, y sont particulièrement exposées. Cette carence entraîne une hypertrophie de la glande thyroïde, pouvant évoluer jusqu’à la formation d’un goitre. Chez l’enfant, elle peut provoquer des troubles du développement intellectuel et physique, ainsi qu’une surdité. Des programmes d’iodation du sel de cuisine ont été mis en place pour tenter de prévenir les déficits.

Le statut en folates, source d’inquiétude même dans les pays développés

Les folates jouent un rôle essentiel dans la formation des cellules et le développement du système nerveux. Un apport insuffisant, notamment en début de grossesse, augmente le risque de malformations du tube neural chez le fœtus comme le spina bifida. Les autorités de santé recommandent ainsi aux femmes en âge de procréer de maintenir un statut optimal en folates. Pourtant, les données récentes montrent que ce besoin est loin d’être couvert, même dans les pays riches.

Une étude publiée en 2017 a évalué la prévalence des apports inadéquats en 14 micronutriments dans le monde entre 1961 et 2011. Parmi les éléments mis en lumière par les chercheurs, un point retient particulièrement l’attention : dans les pays à haut revenu (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, États-Unis et Europe de l’Ouest), la vitamine B9 est le micronutriment pour lequel les apports inadéquats sont les plus fréquents. Et ce, malgré les politiques de fortification alimentaire mises en place dans certains d’entre eux.

Un terrain propice aux malformations congénitales

Des travaux menés au Royaume-Uni sont encore plus préoccupants, car ils révèlent une détérioration continue du statut en folates. Entre 2008 et 2019, la concentration en folates des globules rouges et du sang a chuté d’environ 3% par an dans toutes les tranches d’âge étudiées. La proportion de femmes en âge de procréer présentant un taux de folates inférieur au seuil associé à un risque accru de malformations du tube neural est passée de 69% à 89% entre 2008 et 2019.

Le déficit en zinc, un problème sous-estimé

Le zinc est un oligo-élément impliqué dans des nombreuses fonctions biologiques, comme la croissance cellulaire, la production des protéines ou encore l’expression des gènes.

Sa carence concerne environ 17 % de la population mondiale, avec une prévalence particulièrement élevée en Asie (19 %) et en Afrique (24 %). Pourtant, ce déficit reste souvent méconnu, malgré ses conséquences significatives sur la santé.

Chez les enfants des pays à revenu faible ou intermédiaire, un apport insuffisant en zinc freine la croissance et affaiblit le système immunitaire. Il augmente la vulnérabilité face aux infections, favorise les épisodes répétés de diarrhée et ralentit la cicatrisation des plaies. Une carence sévère peut également altérer les capacités cognitives.

Chez les adolescents et les adultes, un déficit marqué en zinc conduit à une altération de la fertilité. De plus, des études ont mis en évidence un lien entre une insuffisance en zinc et un risque accru de diabète de type 2 et de troubles cardiovasculaires, des pathologies particulièrement répandues dans les pays occidentaux.

Les autres déficits à ne pas négliger

Au-delà des déficits en fer, iode, vitamine A, folates et zinc, d’autres carences en vitamines et minéraux ont des conséquences importantes sur la santé publique globale, avec des spécificités géographiques marquées.

La carence en vitamine D est particulièrement répandue dans les régions où l’exposition au soleil est insuffisante, notamment dans les pays nordiques. En Europe, 13% des habitants seraient déficients en cette vitamine et 40% en présenteraient des niveaux insuffisants.

Le manque de vitamine B12 concerne principalement les populations âgées des pays industrialisés et les personnes suivant un régime végétalien strict, qui n’ont pas accès aux aliments d’origine animale pourvoyeurs de cette vitamine. La carence est ainsi très commune en Inde, un pays où ce type d’alimentation est répandu, affectant près de la moitié de la population.

Le déficit en magnésium est fréquent chez les habitants des pays occidentaux, affectant par exemple 45% des Américains. Cette situation est provoquée par une consommation importante d’aliments ultra-transformés, peu pourvus en cet élément minéral. Elle est également liée à un déclin du contenu en magnésium des fruits et légumes, induit par l’appauvrissement des sols cultivés.

La concentration en minéraux (magnésium, calcium et fer) du chou, de la laitue, des tomates et des épinards a baissé de 80 à 90 % depuis le début du XXe siècle.

Enfin, bien que plus rare aujourd’hui, une carence en vitamine C persiste dans les populations souffrant de malnutrition sévère. Des cas de scorbut ont même été signalés dans les pays riches, en lien direct avec une alimentation déséquilibrée.

Comment prévenir les carences en vitamines et minéraux ?

Les déficits en micronutriments étant répandus dans le monde, il est essentiel d’adopter des stratégies adaptées pour éviter les carences et préserver sa santé.

Adopter une alimentation variée et optimisée

La première mesure pour prévenir les carences en vitamines et minéraux consiste bien sûr à privilégier une alimentation diversifiée, basée sur des produits bruts de qualité.

Plusieurs facteurs influencent leur teneur en vitamines et minéraux, notamment les méthodes de stockage, de transformation et de cuisson.

Par exemple, conserver les fruits et légumes à basse température et les consommer rapidement après récolte permet de limiter les pertes en vitamine C. De même, certaines pratiques améliorent l’absorption des minéraux : la fermentation, le trempage et la germination des céréales et des légumineuses réduisent la teneur en phytates, des composés qui entravent l’assimilation du fer, du calcium, du zinc et du magnésium. La cuisson augmente la biodisponibilité du bêta-carotène et favorise l’absorption du calcium en réduisant le taux d’oxalates.

L’association d’aliments complémentaires est une autre stratégie efficace pour maximiser l’assimilation des micronutriments. La consommation de matières grasses avec des aliments riches en vitamines liposolubles (A, D, E et K) en améliore l’absorption. De même, la vitamine C optimise l’absorption du fer non héminique d’origine végétale. À l’inverse, il est recommandé de limiter la consommation de thé et de café lors des repas, car leur teneur en tanins peut réduire l’absorption du fer.

Les multivitamines : un soutien pour couvrir les besoins quotidiens

Malgré une alimentation équilibrée, nous restons vulnérables à certains déficits en micronutriments. La prise d’un supplément alimentaire multivitamines peut être une solution efficace pour compléter nos apports quotidiens et éviter de manquer des vitamines et minéraux essentiels à notre bien-être.

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