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Qu’est ce que la NASH et comment l’éviter ?

La stéatohépatite non alcoolique, aussi appelée maladie du foie gras, est très répandue dans nos sociétés

Fléaux de notre époque, la malbouffe et la sédentarité perturbent l’équilibre de notre organisme et conduisent à une accumulation excessive de graisses au niveau du foie. Si la situation reste sous contrôle chez certains, elle évolue vers une forme d’hépatite chez d’autres : la stéatohépatite non alcoolique, ou NASH.

Qu’est-ce que la NASH ou stéatohépatite non alcoolique ?

La stéatohépatite non alcoolique est une maladie du foie chronique et progressive, qui survient chez des personnes ne consommant que peu ou pas d’alcool.  

Elle représente la forme la plus sévère de stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD). Ce terme général rassemble les situations caractérisées par la présence de graisses en quantité élevée au niveau du foie. La maladie du foie gras humain concerne environ 30 % de la population dans les sociétés occidentales, 5 % environ étant atteinte de NASH.

La maladie s’installe souvent de façon silencieuse. Elle peut toutefois provoquer de la fatigue et une douleur dans la partie supérieure droite de l’abdomen. Une biopsie du foie permet de poser le diagnostic de façon formelle.

La NASH est la manifestation hépatique du syndrome métabolique

Le nombre de personnes souffrant de maladie du foie gras est en nette progression et suit l’augmentation des cas d’obésité et de diabète de type 2. La maladie prend en effet ses racines dans une alimentation déséquilibrée et un mode de vie sédentaire.

En somme, la NASH est la conséquence sur le foie du syndrome métabolique. Cette situation correspond à un ensemble de signes qui apparaissent chez les personnes souffrant d’un excès de poids. Il s’agit notamment d’une résistance à l’insuline qui fait grimper le taux de sucre sanguin, et de désordres au niveau des lipides sanguins (excès de triglycérides, manque de cholestérol HDL…), associés à de l’hypertension. Ces déséquilibres favorisent le dépôt de graisses au niveau du foie.

Les facteurs de risque de développer une NASH correspondent ainsi à la présence du syndrome métabolique, et de chacune de ses composantes. Elle se manifeste le plus souvent après 50 ans ; la présence de certains variants génétiques favorise son apparition.

D’où proviennent les graisses qui encombrent le foie ?

Les graisses s’accumulent dans le foie suite à l’augmentation de la quantité d’acides gras libres dans l’organe. Ils ont différentes origines :

  • plus de la moitié provient du tissu graisseux présent en excès dans l’organisme. L’insuline est censée éviter que celui-ci ne relargue trop d’acides gras libres en s’opposant au phénomène de lipolyse. Mais quand l’organisme devient insensible à l’hormone, ce phénomène est réfréné 
  • des graisses que nous consommons 
  • d’une production propre au sein de l’organe

Ces acides gras libres vont être en partie stockés sous forme de triglycérides, qui s’amassent en formant des gouttelettes lipidiques : c’est la stéatose. S’il est normal de présenter un peu de graisses au niveau du foie, la situation est considérée comme pathologique lorsqu’au moins 5 % des cellules contiennent ces amas de graisses.

En cas de stéatohépatite non alcoolique, une biopsie du foie laisse apparaitre des amas lipidiques
En cas de stéatohépatite non alcoolique, une biopsie du foie laisse apparaitre des amas lipidiques

L’évolution de la maladie du foie gras

Chez une partie des personnes présentant un excès de graisses au niveau du foie, la situation se complique. Des chercheurs britanniques ont suivi l’évolution de 108 patients atteints de NAFLD, en procédant à l’analyse des résultats de deux biopsies du foie réalisées à 6 ans d’intervalle. Ils ont constaté que 44 % des participants présentant une simple stéatose au début de l’étude avaient développé une NASH.

De la NASH à la cirrhose

Chez ces personnes, l’accumulation des lipides dans le foie est devenue toxique et provoque des dégâts au niveau des hépatocytes, les cellules du foie. Ils sont à l’origine d’une réponse inflammatoire mise en place par l’organisme, qui initie un processus de guérison de blessure pour tenter les réparer. Elle fait intervenir différents acteurs de l’immunité, et tout particulièrement les cellules de Küpffer, des globules blancs qui résident spécifiquement dans le foie.

Du tissu cicatriciel se forme alors ; ce phénomène, appelé fibrose, altère progressivement le fonctionnement de l’organe. La situation peut dégénérer en cirrhose puis conduire à l’insuffisance hépatique : une transplantation de foie s’impose alors.

Une autre menace plane sur les personnes atteintes de NASH, surtout au stade de cirrhose : l’apparition d’un cancer hépatocellulaire, seconde cause de mortalité par cancer à travers le monde.

La maladie du foie gras est par ailleurs associée à une augmentation du risque de maladie cardiovasculaire.

Changer ses habitudes de vie pour lutter contre la NASH

Malgré des années de recherche, il n’existe à ce jour pas de traitement médicamenteux efficace chez l’ensemble des patients. Il est cependant possible d’améliorer la situation au travers du mode de vie, en augmentant son niveau d’activité physique et en adaptant son alimentation.

Perdre du poids pour faire reculer la maladie du foie gras

Un des premiers objectifs à atteindre lorsqu’on souffre de NASH est de perdre du poids, car les bénéfices à la clefs sont majeurs.

Si une perte de 3 à 5 % de son poids initial permet de réduire la présence des graisses dans le foie, elle doit être plus conséquente pour inverser les lésions visibles au niveau de l’organe.

Dans le cadre d’une étude menée à Cuba, 293 patients atteints de NASH ont reçu des conseils nutritionnels, qu’ils ont appliqués pendant 52 semaines pour tenter de maigrir.

Les signes de la maladie ont reculé chez l’ensemble de ceux qui y sont parvenus. Les meilleurs résultats étaient cependant observés lorsque les participants avaient réussi à réduire de 10 % leur poids de départ : chez 90 % d’entre eux, les examens ont révélé une résolution de la NASH. Les anomalies observées au niveau des hépatocytes avaient disparu, et l’inflammation de l’organe s’était apaisée. Chez 45 % de ces participants, les phénomènes de fibrose avaient même régressé.

L’exercice physique : un levier majeur contre la stéatohépatite

La pratique d’une activité physique constitue un autre levier efficace pour combattre la NASH. L’activité aérobie et l’entraînement en résistance, à raison de 3 sessions de 40 à 45 minutes trois fois par semaine pendant 12 semaines, sont aussi efficaces pour endiguer l’accumulation de graisses au niveau du foie. Les exercices de résistance requièrent une consommation d’énergie plus faible que l’entraînement aérobie et sont mieux adaptés aux patients en moins bonne santé cardiorespiratoire.  

La pratique sportive permet de lutter contre la stéatose même en l’absence de perte de poids. Elle a en effet un impact direct sur le foie puisqu’elle permet de brûler une quantité accrue d’acides gras, réduit leur production et prévient la survenue des dommages au niveau des cellules de l’organe.

La qualité de l’alimentation joue un rôle fondamental

Au même titre que l’activité physique, la qualité de l’alimentation revêt elle aussi une importance cruciale pour lutter contre la NASH. 

Bien choisir ses graisses alimentaires

Les graisses alimentaires ne représentent que 10 % du stock d’acides gras libres présents dans le foie. Pourtant, la nature de celles que nous consommons pourrait jouer un rôle décisif dans le développement de la NASH. En effet, les personnes atteintes de cette maladie ont tendance à avoir des apports déséquilibrés en graisses, caractérisés :

  • par un excès de graisses saturées, abondantes dans les produits d’origine animale, et d’oméga-6, dont les huiles de tournesol et de maïs sont riches ainsi que les aliments industriels
  • et une déficience en oméga-3, contenus dans les poissons gras ou encore l’huile de colza

Les acides gras saturés ont tendance à être plus toxiques pour le foie. Ils ont en effet plus de mal à être transformés en triglycérides, une forme de stockage moins dangereuse, et promeuvent les mécanismes de mort cellulaire. Rééquilibrer ses apports peut s’envisager d’une part en limitant leur consommation mais aussi à l’aide d’une supplémentation en oméga-3.

L’idée n’est bien sûr pas de se priver des matières grasses, mais de choisir les mieux adaptées. Ainsi, le suivi d’un régime méditerranéen, faisant la part belle aux produits de la mer et à l’huile d’olive, pendant 18 mois permet de combattre plus efficacement le dépôt de graisses au niveau du foie qu’un régime pauvre en graisses.

L’huile de noix de coco a démontré des bénéfices contre la stéatose du foie chez l’animal, mais cette découverte reste à confirmer chez l’homme.

Réduire les apports en fructose

La NASH est parfois surnommée la « maladie du soda ». Et pour cause : la consommation de ces boissons sucrées semble bien être un facteur déterminant dans son développement. Le fructose qu’elles contiennent en large quantité favorise la production de graisses au niveau du foie. Il augmente la concentration sanguine en acide urique, un facteur de risque de la maladie.

Une étude menée auprès d’un groupe de 271 enfants et adolescents américains obèses présentant une accumulation de graisses au niveau du foie a montré que ceux ayant développé une NASH consommaient de plus grandes quantités de sodas que les autres participants.   

Si les sodas sont les principaux pourvoyeurs de fructose dans l’alimentation occidentale, de nombreux aliments industriels en sont riches, car sucrés avec du sirop de maïs (ou sirop de glucose fructose) qui en présente une forte teneur.

Les sodas et autres aliments industriels riches en fructose favorisent la maladie du foie gras
Les sodas et autres aliments industriels riches en fructose favorisent la maladie du foie gras

Les boissons et aliments aux vertus anti-NASH

Certains aliments se montrent particulièrement intéressants pour lutter contre la NASH.

1. Le café

Des études épidémiologiques ont suggéré un effet protecteur de la consommation de café contre la maladie du foie gras. Une analyse de celles-ci a mis en évidence que les buveurs de café ont un risque réduit de 29 % d’en être atteints par rapport aux non-buveurs.

De plus, le breuvage semble en mesure de freiner la progression de la fibrose chez les malades. Les bienfaits du café dans ce contexte sont liés à son contenu en caféine, mais pas seulement. Dans une expérience conduite chez des rongeurs souffrant de NASH, l’administration de polyphénols extraits du café et de mélanoïdines, des composés antioxydants qui apparaissent lors de la torréfaction, permet de réduire l’accumulation de graisses et l’inflammation du foie.  

2. Le cacao

Un autre aliment est riche en polyphénols : le cacao. Des chercheurs italiens ont exploré ses effets chez 19 personnes atteintes de NASH. La consommation de 40 g par jour de chocolat noir contenant plus de 85 % de cacao pendant deux semaines a permis de réduire les niveaux de stress oxydatif particulièrement élevés chez ces patients, ainsi que des témoins de la mort cellulaire des hépatocytes. Une simple boisson à base de lait chocolatée n’a en revanche aucun impact favorable.  

La même équipe a montré par la suite que le chocolat noir améliore le fonctionnement des vaisseaux sanguins, altéré en cas de maladie du foie gras.

3. Le thé vert

Le thé vert, riche en catéchines aux vertus antioxydantes (notamment l’épigallocatéchine-3-gallate ou EGCG), exerce également un effet thérapeutique contre la maladie du foie gras.

Un extrait administré à la dose de 500 mg par jour à des personnes atteintes de NAFLD pendant 12 semaines permet de réduire les niveaux des enzymes traduisant la souffrance du foie (les transaminases : aspartate aminotransférase ou ASAT et alanine aminotransférase ou ALAT).

La prise d’une dose quotidienne deux fois plus importante sur la même durée a montré son efficacité pour améliorer les différents facteurs de risques associés à la maladie. Elle a conduit à une perte de poids, une amélioration de la sensibilité à l’insuline et à une amélioration du profil en lipides sanguins. Les marqueurs des niveaux d’inflammation ont quant à eux été abaissés.

4. L’ail

Une supplémentation à base de 800 mg de poudre d’ail pendant 15 semaines permet de réduire le poids et la masse graisseuse chez des personnes atteintes de maladie du foie gras. L’administration d’un extrait d’ail fermenté pendant 12 semaines améliore par ailleurs le fonctionnement du foie.

5. Le gingembre

Une étude menée auprès de 44 patients atteints de NAFLD a montré une amélioration de la résistance à l’insuline et une réduction de la présence de graisses dans le foie grâce à l’administration de deux grammes de gingembre par jour pendant 12 semaines.


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