Quelles sont les nouvelles découvertes sur la vitamine C en 2025 ?
Modifié le 7 février 2025
Temps de lecture : 8 minutes
•julienvenesson.fr ce n’est pas que des formations professionnelles en nutrition, la sélection des meilleurs livres et des consultations avec des nutritionnistes, c’est aussi les réponses à vos questions dans les articles du blog. Bonne lecture !•
Longtemps cantonnée à son rôle d’antioxydant et de cofacteurs de nombreuses réactions enzymatiques comme par exemple la synthèse du collagène ou l’absorption du fer d’origine végétale, la vitamine C dévoile aujourd’hui de nouvelles interactions qui bouleversent notre compréhension de son importance pour la santé. En 2024, plusieurs études récentes ont mis en lumière des carences insoupçonnées, y compris dans les pays développés, où l’on observe une augmentation inquiétante des déficits, en particulier chez les personnes âgées, les patients hospitalisés et même certains enfants. Au-delà de ces constats épidémiologiques, les chercheurs explorent de nouveaux liens entre la vitamine C et diverses pathologies. Dans cet article, nous explorerons les nouvelles découvertes en lien avec les pathologies bucco-dentaires, l’endométriose, …
Épidémiologie des carences en vitamine C : une réalité sous-estimée dans les pays développés
Le rôle essentiel de la vitamine C et des risques liés à sa carence
La vitamine C, ou acide ascorbique, est un micronutriment essentiel, indispensable au bon fonctionnement de nombreuses fonctions biologiques. Ce nutriment est impliqué dans divers processus vitaux, notamment la synthèse du collagène, une protéine clé pour la peau, les os, les vaisseaux sanguins et les cartilages. De plus, la vitamine C joue un rôle dans la cicatrisation des plaies, la fonction immunitaire, l’absorption du fer non héminique et la protection contre le stress oxydatif en agissant comme un puissant antioxydant. La vitamine « énergie » ou contre la fatigue, la vitamine C contribue également à la production d’énergie au niveau cellulaire et aide à réduire la sensation de fatigue. Elle est aussi impliquée dans la synthèse de neurotransmetteurs, contribuant ainsi à la santé mentale et au bon fonctionnement du cerveau. Elle joue un rôle clé dans la synthèse de la noradrénaline, un neurotransmetteur essentiel pour la gestion de l’humeur et du stress. C’est pourquoi des niveaux insuffisants de vitamine C sont associés à une multitude de troubles physiologiques et psychologiques.
Les risques liés à la carence en vitamine C
La carence en vitamine C peut entraîner une série de problèmes de santé graves, allant de symptômes bénins, tels que la fatigue et les douleurs musculaires, à des pathologies plus graves, comme le scorbut, une maladie classique de la carence en vitamine C. Le scorbut se manifeste par des saignements des gencives, la perte de dents, des douleurs articulaires, une mauvaise cicatrisation des plaies et une anémie. Bien que rare dans les sociétés modernes, où la vitamine C est largement disponible dans les aliments, elle reste présente dans certains groupes vulnérables.
D’autres conséquences de la carence incluent une diminution de l’efficacité du système immunitaire, rendant les individus plus susceptibles aux infections, une altération de la santé de la peau et des vaisseaux sanguins, ainsi que des troubles cognitifs et émotionnels. Des études récentes ont également suggéré que la carence en vitamine C pourrait être un facteur contributif dans des pathologies plus complexes, comme les maladies cardiovasculaires et certains troubles neurologiques, en raison de son rôle dans la gestion du stress oxydatif et de l’inflammation.
Ainsi, une carence prolongée en vitamine C est loin d’être anodine et peut impacter de manière significative la santé globale, d’où l’importance d’une alimentation variée et équilibrée, riche en fruits et légumes frais, pour garantir un apport suffisant en ce nutriment essentiel.
Carences en vitamine C chez les personnes âgées et les patients hospitalisés
Les études épidémiologiques récentes révèlent que la carence en vitamine C est fréquente chez les patients hospitalisés, en particulier ceux souffrant de maladies aiguës ou chroniques. Une étude menée en milieu hospitalier dans des pays à revenu élevé a trouvé que jusqu’à 27,7 % des patients hospitalisés souffraient de déficits en vitamine C. La prévalence dans les études variait de 4,2 % à 50,8 %. Ce chiffre est particulièrement alarmant chez les patients atteints de sepsis, de choc septique ou de pathologies respiratoires aiguës, ainsi que chez ceux présentant des troubles nutritionnels graves. L’hospitalisation prolongée est un facteur de risque majeur, car elle est souvent associée à une réduction de l’apport alimentaire, à des restrictions alimentaires spécifiques (comme des régimes thérapeutiques pauvres en vitamine C) et à une malabsorption liée à l’état de santé dégradé des patients. Les personnes âgées, en particulier celles vivant dans des établissements de soins de longue durée, présentent également un risque élevé de carence en vitamine C, en raison de facteurs liés à la vieillesse, comme une alimentation moins diversifiée, des troubles de l’appétit, des maladies chroniques et des difficultés de mastication ou de déglutition.

Chez les personnes âgées, les carences en vitamine C sont particulièrement préoccupantes car elles peuvent contribuer au développement de fragilité, de déclin cognitif et à une diminution de la qualité de vie. Les déficits en vitamine C peuvent être plus fréquents dans cette population, notamment en raison de la baisse de l’ingestion alimentaire, des maladies chroniques (comme l’ostéoporose, les maladies cardiovasculaires et le diabète) et de la prise de médicaments qui peuvent interférer avec l’absorption de la vitamine C, comme les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) ou certains traitements contre l’hypertension.
La réémergence du scorbut chez les enfants : une conséquence des carences en vitamine C en France
Le scorbut, une maladie classique liée à une carence sévère en vitamine C, refait surface chez les enfants en France. Selon une étude publiée en 2024 dans The Lancet Regional Health – Europe, entre janvier 2015 et novembre 2023, 888 enfants ont été hospitalisés pour scorbut, avec une nette augmentation des cas observée depuis 2020. Cette recrudescence est directement liée à une détérioration des conditions socio-économiques, notamment la hausse des prix alimentaires, qui a restreint l’accès des familles à des aliments riches en vitamine C.
Les symptômes du scorbut chez les enfants incluent des douleurs osseuses sévères, une faiblesse musculaire, des saignements gingivaux et une altération générale de l’état de santé. Le diagnostic précoce est crucial, car la maladie est réversible grâce à une supplémentation en vitamine C qui reste une des vitamines les moins chères du marché. Toutefois, l’identification précoce peut être complexe en raison de symptômes non spécifiques et souvent sous-estimés.
Rôles de la vitamine C dans diverses pathologies
Santé bucco-dentaire : impact sur la santé des dents et des gencives

La vitamine C est essentielle à la santé bucco-dentaire, principalement en raison de son rôle dans la synthèse du collagène, une protéine fondamentale pour la structure et la résistance des gencives et des tissus parodontaux. Une carence en vitamine C peut affaiblir ces structures, augmentant le risque de maladies parodontales, telles que la gingivite et la parodontite.
Une étude du département d’esthétique dentaire de la faculté de médecine dentaire de l’université de médecine et de pharmacie « Victor Babes » de Timisoara en Roumanie a effectué une revue systématique et une méta-analyse pour évaluer l’effet de la supplémentation en vitamine C sur la santé parodontale. Les résultats ont indiqué que la supplémentation en vitamine C est associée à une amélioration significative de la santé des gencives, notamment par une réduction de l’inflammation et des saignements gingivaux. Ces effets bénéfiques sont attribués aux propriétés antioxydantes de la vitamine C, qui neutralise les radicaux libres et réduit le stress oxydatif au niveau des tissus buccaux.
Endométriose : lien entre inflammation, stress oxydatif et vitamine C
L’endométriose est une affection gynécologique caractérisée par la présence de tissu endométrial en dehors de l’utérus, provoquant des douleurs pelviennes chroniques et des troubles de la fertilité. L’inflammation chronique et le stress oxydatif jouent un rôle central dans la pathogenèse de cette maladie.
La vitamine C, en tant qu’antioxydant puissant comme les composées organo-sulfurés de l’ail précurseur du glutathion, peut aider à atténuer le stress oxydatif en neutralisant les espèces réactives de l’oxygène. De plus, elle possède des propriétés anti-inflammatoires qui peuvent moduler la réponse immunitaire et réduire la production de cytokines pro-inflammatoires.
Une méta-analyse publiée en 2024 a évalué l’efficacité de la supplémentation en vitamines C et E sur les symptômes douloureux de l’endométriose. Cette analyse a inclus cinq essais contrôlés randomisés et a révélé que la supplémentation en ces antioxydants était associée à une réduction significative de la douleur pelvienne chronique, de la dysménorrhée (douleurs menstruelles) et de la dyspareunie (douleurs lors des rapports sexuels) par rapport au placebo. Les auteurs suggèrent que ces effets bénéfiques pourraient être attribués à la capacité des vitamines C et E à réduire le stress oxydatif et l’inflammation, deux facteurs clés dans la physiopathologie de l’endométriose.
Ces résultats soutiennent l’idée que la supplémentation en vitamine C, surtout en combinaison avec la vitamine E, pourrait être une approche thérapeutique prometteuse pour atténuer les symptômes douloureux associés à l’endométriose.
Synergie entre polyphénols et vitamine C pour limiter les dommages métaboliques
Une analyse secondaire d’un essai clinique randomisé en double aveugle a examiné l’impact d’un complexe d’extraits d’agrumes et de grenade sur les niveaux plasmatiques de méthylglyoxal (MGO) chez des sujets âgés en bonne santé. Après quatre semaines de supplémentation, une diminution significative de 9,8 % des niveaux de MGO a été observée. Le MGO est un sous-produit du métabolisme du glucose impliqué dans la formation des produits de glycation avancée (AGEs), qui contribuent au vieillissement cellulaire et à diverses pathologies chroniques comme les maladies cardiovasculaires et neurodégénératives. La réduction de ces composés délétères représente donc une approche intéressante pour prévenir certaines complications métaboliques.
Les agrumes et la grenade sont naturellement riches en vitamine C, un antioxydant puissant capable de neutraliser les espèces réactives de l’oxygène, réduisant ainsi le stress oxydatif qui favorise l’accumulation de MGO. De plus, la vitamine C pourrait limiter directement la formation des AGEs en interagissant avec les intermédiaires de la glycation. Bien que l’effet bénéfique observé dans cette étude soit attribué à l’ensemble des composés présents dans le complexe d’extraits végétaux, il est probable que la vitamine C joue un rôle clé dans la réduction du MGO, notamment en régénérant d’autres antioxydants intracellulaires comme le glutathion. Ces résultats suggèrent que la supplémentation en vitamine C, seule ou en association avec d’autres extraits végétaux, pourrait contribuer à limiter les effets néfastes du MGO et à prévenir certaines complications métaboliques et vasculaires. Des études supplémentaires seront toutefois nécessaires pour préciser le rôle exact de la vitamine C dans ces mécanismes protecteurs.
Association entre les niveaux de vitamine C sérique et la dépression
Une étude cas-témoins publiée en 2024 dans le Journal of Frontiers in Nutrition a exploré la relation entre les niveaux d’acide ascorbique sérique (vitamine C) et la prévalence de la dépression chez les adultes américains. L’étude a examiné un échantillon représentatif d’adultes, en mesurant les concentrations sériques de vitamine C et en les comparant avec la présence de symptômes dépressifs, évalués par des questionnaires standardisés.
Les résultats de l’étude ont révélé une association significative : les participants présentant des taux sériques plus élevés de vitamine C avaient une prévalence de la dépression plus faible. En d’autres termes, une concentration plus élevée de vitamine C dans le sang semblait être liée à un risque réduit de développer des symptômes dépressifs. Ce constat suggère que la vitamine C pourrait jouer un rôle protecteur dans la régulation de l’humeur et la prévention des troubles dépressifs.
Il est important de noter que la vitamine C est impliquée dans plusieurs mécanismes biologiques qui peuvent influencer la santé mentale. Elle joue un rôle essentiel dans la synthèse de neurotransmetteurs, notamment la noradrénaline et la sérotonine, qui sont cruciaux pour l’humeur et la gestion du stress. De plus, ses propriétés antioxydantes aident à réduire l’inflammation systémique et le stress oxydatif, deux facteurs souvent associés à la dépression.
Toutefois, bien que ces résultats soient prometteurs, l’étude ne permet pas de conclure à une relation causale directe entre la vitamine C et la dépression. Les chercheurs soulignent qu’il serait nécessaire de mener d’autres études longitudinales, contrôlées et randomisées pour confirmer ces observations et explorer les mécanismes biologiques sous-jacents à cette association. Les chercheurs suggèrent également que la prise de suppléments de vitamine C pourrait avoir un effet thérapeutique potentiel dans le cadre de traitements complémentaires pour la dépression, mais cette hypothèse doit encore être validée par des essais cliniques rigoureux.
Nouvelles perspectives sur la vitamine C : Des découvertes marquantes en 2025
Loin de se limiter à son rôle d’antioxydant et de cofacteur enzymatique, la vitamine C se révèle être un acteur central de nombreuses fonctions biologiques essentielles. Les récentes découvertes scientifiques mettent en lumière des carences bien plus fréquentes qu’on ne le pensait, même dans les pays développés, avec des implications majeures pour la santé publique. Son implication dans les pathologies bucco-dentaires, l’endométriose ou encore la gestion du stress oxydatif souligne l’importance d’un apport optimal, que ce soit par l’alimentation ou, dans certains cas, par une supplémentation ciblée. L’apport optimal est de 1000mg par jour et la vitamine C reste à ce jour une des vitamines les moins chères.
Autres articles





