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Faut-il prendre de la vitamine D pendant la grossesse ?

La vitamine D est essentielle pour les femmes enceintes

La vitamine D est une alliée précieuse pour notre santé tout au long de la vie, qui joue un rôle essentiel lors de la grossesse. Un déficit lors de cette période sensible peut engendrer des complications dans son déroulement et impacter la santé de l’enfant à naître, parfois sur le long terme. 

La vitamine D, actrice essentielle de la grossesse 

Dès le début de la grossesse, on observe une accélération drastique du métabolisme de la vitamine D, qui conduit à une production accrue de calcitriol. À 12 semaines de grossesse, la concentration de cette forme hormonalement active de la vitamine D est au moins deux fois plus élevée chez la future maman que chez une femme adulte non enceinte. Ce niveau de vitamine D serait toxique en dehors de cette situation, mais il est indispensable dans ce cas.

D’où provient la vitamine D dans l’organisme maternel ?

Cette vitamine D est produite par l’organisme maternel lors de l’exposition au soleil, les rayons UVB permettant la production de vitamine D3 à partir d’un précurseur présent au niveau de la peau, le 7-déhydrocholestérol. S’y ajoutent d’éventuels apports alimentaires, liés à la consommation d’aliments riches en vitamine D.

Après avoir gagné la circulation sanguine, la vitamine D3 est convertie en calcidiol par une enzyme produite au niveau du foie, puis en sa forme active, le calcitriol, par une seconde enzyme sécrétée par les reins.

Comment le foetus obtient-il la vitamine D ?

La forme active de la vitamine D présente dans l’organisme maternel n’est pas en mesure de traverser la placenta, l’interface entre la mère et le fœtus qui permet de satisfaire les besoins du bébé. En revanche, son précurseur, le calcidiol, y parvient. L’enzyme nécessaire à sa conversion est présente au niveau du placenta et produite par les reins du fœtus, ce qui lui permet d’accéder à la forme active de la vitamine D.

Elle va alors exercer ses multiples fonctions, en se liant à des récepteurs présents dans l’organisme du fœtus et au niveau du placenta, et en influençant l’expression de différents gènes. Elle permet notamment :

  • de stimuler la production des hormones par le placenta (œstradiol et progestérone) indispensables au bon déroulement de la grossesse
  • de s’opposer à la formation de messagers inflammatoires au sein du placenta, impliqués dans les phénomènes de fausse couche, d’accouchement prématuré et de pré-éclampsie

Le bébé est dépendant de la vitamine D maternelle pendant la grossesse

Les niveaux de vitamine D présents dans l’organisme du bébé à la naissance sont déterminés par la quantité de vitamine D circulant dans l’organisme de sa mère. Des mesures réalisées au niveau du cordon ombilical indiquent que les niveaux de vitamine D chez le bébé à la naissance sont compris entre 60 et 80 % du niveau maternel.

Les déficits en vitamine D sont courants lors de la grossesse 

Dans les pays situés à une latitude élevée, le niveau d’ensoleillement est insuffisant pour couvrir les besoins en vitamine D de la population tout au long de l’année, et les carences sont courantes chez les femmes enceintes et leurs nourrissons.

Une méta-analyse indique qu’à l’échelle mondiale, 54 % des femmes enceintes et 75 % des nouveaux-nés sont déficients en vitamine D : les niveaux sanguins sont inférieurs au seuil de 50 nmol/L (ou 20 ng par ml).

La vitamine D est produite par la peau lors de l'exposition au soleil

Les conséquences de la carence en vitamine D lors de la grossesse 

Chez tout un chacun, une carence en vitamine D a un impact néfaste sur la santé : altération de la santé osseuse, affaiblissement de l’immunité, augmentation du risque de certains cancers, de maladies cardiovasculaires, de diabète … Au cours de la grossesse, elle est en plus associée à des risques spécifiques.

Un risque de complications de la grossesse accru en cas de déficit en vitamine 

Un manque de vitamine D peut favoriser la survenue de complications en cours de la grossesse. Une analyse de 31 études a mis en évidence un risque accru de pré-éclampsie, une situation pathologique survenant en fin de grossesse, qui se traduit notamment par une élévation de la tension artérielle et qui représente un risque vital pour la mère et l’enfant.

Les futures mamans carencées sont également plus sujettes à développer un diabète gestationnel et des infections vaginales d’origine bactérienne.

Le déficit en vitamine D contrarie par ailleurs le développement du fœtus, ce qui se traduit par un poids plus faible à la naissance. Une supplémentation au cours de la grossesse a démontré son efficacité pour limiter le risque de certaines complications comme la pré-éclampsie et permet d’augmenter la taille du bébé à la naissance et la circonférence de sa tête.

L’impact d’un déficit en vitamine D maternel sur la santé osseuse et dentaire de l’enfant à naître 

La vitamine D est indispensable à la formation du squelette du fœtus. Elle stimule en effet l’absorption de calcium et de phosphore au niveau de l’intestin et limite leur élimination par les urines.

Les formes les plus sévères de déficit conduisent au rachitisme, une situation pathologique associée à une mauvaise minéralisation des os et entraînant des déformations de ceux-ci. Mais, même dans des situations moins extrêmes, les conséquences néfastes sont durables. Une étude menée au Royaume-Uni auprès de 198 enfants de 9 ans a par exemple montré que leur densité osseuse est plus faible lorsque leur mère présentait une déficience ou une carence en vitamine D pendant la grossesse.

Par ailleurs, un manque de vitamine D pendant la grossesse affecte la calcification des dents du fœtus, favorisant les défauts de l’émail et la survenue précoce de caries. Une étude menée au Canada révèle que les mères d’enfants ayant des caries dans la toute petite enfance (1 an) présentaient des niveaux réduits de vitamine D lors de leur grossesse. Rien d’inéluctable cependant : la supplémentation au cours de la grossesse réduit de 50 % le risque de défaut de l’émail chez les jeunes enfants

Les conséquences d’un manque de vitamine D maternel sur la santé générale du bébé 

Les conséquences d’un manque de vitamine D au cours de la grossesse ne concernent pas seulement la santé osseuse et certaines sont assez inattendues.

Les jeunes enfants dont la mère a un statut sous-optimal en vitamine D en cours de grossesse ont un risque accru de présenter des signes d’asthme. Un bon statut en vitamine D de la mère protégerait son enfant à naître des infections respiratoires basse comme la bronchite. Un manque de vitamine D pendant la grossesse rendrait aussi l’enfant plus vulnérable face aux troubles du métabolisme comme le diabète de type 1.

D’autres études ont mis en lien un déficit en vitamine D au cours de la grossesse et des difficultés dans le développement psychomoteur de l’enfant et dans l’acquisition du langage.

Le manque de vitamine D lors de la grossesse est-il associé aux troubles autistiques chez l’enfant ?

La vitamine D joue un rôle important dans le développement du cerveau du fœtus et un déficit lors de la grossesse est suspecté de contribuer à l’émergence de troubles psychiques chez l’enfant, en particulier l’autisme.

Une étude menée en Suède a par exemple mis en évidence un risque d’être atteints de trouble autistique multiplié par 1,58 chez les enfants nés d’une mère originaire des pays nordiques présentant une insuffisance en vitamine D à 11 semaines de grossesse.

En étudiant la concentration sanguine en vitamine D durant la période néonatale chez 310 enfants atteints d’autisme et 1 240 enfants non atteints d’autisme, des chercheurs chinois ont mis en évidence des niveaux réduits en cette vitamine chez les premiers par rapports aux seconds. En comparaison avec les bébés ayant les taux les plus hauts, ceux ayant les taux les plus bas avaient un risque multiplié par 2,6 d’être autistes.

La complémentation en vitamine D pour prévenir l’autisme chez l’enfant 

La supplémentation en vitamine D, à la dose de 300 UI par kg et par jour sans dépasser les 5000 UI pendant 3 mois, donne de bons résultats chez ces enfants. On peut se demander si une complémentation en cours de grossesse pourrait être efficace pour prévenir l’apparition des troubles du spectre autistique. C’est ce qu’une petite étude menée à Portland aux États-Unis laisse présager.

Des femmes ayant donné naissance à un enfant autiste ont reçu lors d’une nouvelle grossesse une supplémentation de 5 000 UI par jour de vitamine D. Au sein d’une fratrie, le risque d’autisme est plus élevé lorsqu’un des enfants est concerné par ce trouble. À leur naissance, ces bébés à haut risque autistique recevaient 1 000 UI par jour de vitamine jusqu’à leur troisième anniversaire. 5 % ont développé une forme d’autisme, alors que la littérature scientifique rapporte un taux de 20 % d’autisme chez les enfants ayant un frère ou une sœur autiste.

Comment se supplémenter en vitamine D lors de la grossesse ? 

En France, la supplémentation en vitamine D est recommandée aux femmes enceintes de façon systématique. La plupart des médecins prescrivent à leurs patientes une dose massive de 80 000 à 100 000 UI, sous forme d’ampoule d’Uvedose, au début du septième mois de grossesse.

Quelle dose quotidienne de vitamine D faut-il prendre pendant la grossesse ?

Il apparaît cependant préférable de privilégier une supplémentation sous forme de doses quotidiennes de vitamine D3, une option beaucoup plus proche de ce que l’on peut obtenir naturellement lors de l’exposition au soleil.

L’administration d’une forte dose unique n’est en effet pas plus efficace que la prise de doses modérées quotidiennes, comme l’a montré un essai clinique menée au Pakistan. Les femmes enceintes recevaient 2000 ou 5000 UI de vitamine D au quotidien, ou une dose unique de 200 000 UI. L’élévation la plus importante du taux sanguin de vitamine D a été obtenu avec la dose de 5 000 UI par jour. De plus, un cas de toxicité a été relevé avec la dose de 200 000 UI.

Lors d’un essai clinique américain, l’efficacité de trois posologies – 400 UI, 2000 UI et 4 000 UI –  a été testée. L’étude a conclu que la plus forte dose était la plus efficace pour atteindre un statut optimal en vitamine D, à la fois pour la mère et le nouveau-né.

Lors d’une analyse de ce même essai publiée deux ans plus tard, il est apparu que les complications de la grossesse (pré-éclampsie, diabète gestationnel, naissance prématurée, césarienne et infections) étaient plus rares chez les femmes ayant bénéficié de 4 000 UI de vitamine D par jour.

Une dose de 4 000 à 5 000 UI semble donc idéale au cours de la grossesse. Le seuil à ne pas dépasser est de 10 000 UI par jour.

Quand débuter la supplémentation ? 

La supplémentation doit débuter le plus tôt possible au cours de la grossesse, voire dès le désir d’avoir un enfant : la vitamine D apparaît en effet en mesure d’améliorer la fertilité, aussi bien féminine que masculine.  Les femmes ayant un bon statut en vitamine D ont en effet plus de chances de tomber enceinte par rapport à celles qui présentent une déficience.

Chez l’homme, un déficit en vitamine D est associé à une mauvaise qualité du sperme, qui présente un nombre réduit de spermatozoïdes, avec des capacités de mobilité altérées et des anomalies morphologiques.

La complémentation en vitamine D chez les nouveaux nés

Si le fœtus a besoin de vitamine D au cours de sa croissance in utero, les nourrissons en ont tout autant besoin pour se développer dans les meilleures conditions.  

Seuls les compléments alimentaires de vitamine D sous forme de gouttes doivent être utilisés pour la supplémentation des bébés

Le lait maternel apporte-t-il au bébé la vitamine D dont il a besoin ?

Les laits infantiles sont systématiquement enrichis en vitamine D pour couvrir en partie les besoins des nouveaux nés. Les bébés allaités au sein sont plus exposés au risque de carence, comme l’indique une  étude qui a été menée aux Émirats Arabes Unis auprès de 38 enfants souffrant de rachitisme provoqué par une carence en vitamine D, et 50 enfants non rachitiques. Elle a montré que, par rapport aux enfants en bonne santé osseuse, les cas de rachitisme :

  • étaient corrélés avec l’allaitement au sein (92 % contre 58 %)
  • étaient plus rarement supplémentés en vitamine D (8 % contre 38 %)

Les déficiences en vitamine D étaient plus courantes chez les mamans des enfants atteints de rachitisme.

Un allaitement maternel exclusif peut donc conduire à une carence en vitamine D et aux problèmes qui l’accompagnent, si la maman est elle-même carencée et ne dispose donc pas d’un lait suffisamment riche en cette vitamine.

Ainsi, en France, la supplémentation en vitamine D est recommandée chez les bébés. Le Comité de Nutrition de la Société Française de Pédiatrie précise les doses en fonction des situations :

  • 1 000 à 1 200 UI de vitamine D par jour chez les nourrissons allaités au sein
  • 600 à 800 UI de vitamine D pour les bébés de moins de 18 mois nourris avec un lait enrichi en vitamine D
  • 1 000 à 1200 pour les bébés de moins de 18 mois nourris avec un lait non enrichi en vitamine D

Quel supplément de vitamine D doit-on donner à son bébé ?

Pour apporter à son enfant les bénéfices de la vitamine D sans danger, il est nécessaire d’être particulièrement vigilant sur le choix du produit. Il doit contenir de la vitamine D3 et non pas de la vitamine D2, moins efficace, voir dangereuse. Le mode d’administration a son importance aussi puisque les pipettes peuvent provoquer un malaise vagal chez le nourrisson. Pour cette raison, les compléments sous forme de gouttes sont de loin préférables.

Des médicaments à base de vitamine D3, élaborés à partir de lanoline issue de laine de mouton, sont disponibles en pharmacie sans ordonnance. Adrigyl contient de nombreux additifs controversés, et si ZymaD à une composition plus adaptée, il contient néanmoins de l’huile raffinée qui n’est pas idéale chez les nouveaux-nés.

Il existe des produits alternatifs de qualité et d’origine végétale, comme la vitamine D3 du laboratoire UNAE.  

La supplémentation en vitamine D chez une femme allaitante est-elle suffisante pour couvrir les besoins de son bébé ?

Plutôt que de supplémenter le bébé, une autre approche semble possible : supplémenter la maman pour enrichir son lait en vitamine D. La supplémentation au cours de la grossesse est un moyen d’en élever la teneur de vitamine D pendant les premières semaines d’allaitement.

Pour éviter tout risque de carence, une supplémentation de 6 000 UI chez une femme allaitante est nécessaire pour satisfaire les besoins de son bébé.


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