Les personnes les plus âgées présente un risque accru face au COVID-19

Les facteurs de risque face à la COVID-19

La COVID-19 est une maladie aux multiples visages. Chez certains, elle passe totalement inaperçue ; chez d’autres, elle est à l’origine de symptômes légers. Dans une minorité des cas, elle provoque une pneumonie à l’origine d’une détresse respiratoire parfois fatale.

Certaines situations favorisent la survenue des formes graves de cette infection et à mesure que les mois passent, les facteurs de risque face au SARS-CoV2 sont de mieux en mieux cernés.

Les personnes âgées sont plus fragiles face au coronavirus

L’âge est le premier facteur de vulnérabilité face à la maladie : 80% des décès attribués à la maladie surviennent chez les plus de 70 ans.

Des chercheurs du Collège Impérial de Londres ont utilisé les données de 175 études pour estimer le taux de létalité du virus, c’est-à-dire le pourcentage de personnes infectées qui décèdent de la maladie. S’il est en moyenne de 1,15% dans les pays à hauts revenus comme la France, ce chiffre global cache de grandes disparités selon l’âge des personnes contaminées.

La létalité du coronavirus est très différente selon les tranches d’âge

Chez les 35-39 ans par exemple, il n’est que de 0,1% tandis qu’il atteint 5,44% pour les 80-84 ans et 17,37% après 90 ans. Le risque de mourir du coronavirus double tous les 8 ans.

Le fait que les personnes âgées soient les plus exposées au risque de décès explique pourquoi le taux de létalité est bien plus bas (0,23%) dans les pays à faibles revenus où les populations sont plus jeunes.

Pourquoi les personnes âgées sont-elles plus susceptibles de développer des formes graves de la maladie ? Le vieillissement altère nos défenses immunitaires, un phénomène appelé immunosénescence, qui rend plus fragile face aux infections.

Mais ce n’est pas la seule raison. Les personnes âgées sont souvent atteintes par des maladies chroniques ou concernées par des situations qui facilitent la survenue des complications.

Les personnes âgées présentent beaucoup plus de risques face à la COVID-19
La létalité de la COVID-19 est beaucoup plus élevée chez les personnes les plus âgées

Les hommes sont plus vulnérables que les femmes face à la COVID-19

Il n’existe pas d’égalité des sexes face au risque de développer des formes graves de la maladie puisque environ 60% des personnes qui décèdent de la COVID-19 sont des hommes. 

L’estimation de cette augmentation du risque varie selon les études ; des chercheurs chinois considèrent que le risque de décès est multiplié par 2,4 chez l’homme par rapport à la femme, des chercheurs britanniques plutôt par 1,6.

Plusieurs différences physiologiques entre les femmes et les hommes

Si l’on a pu attribuer cette spécificité selon le genre aux comportements masculins plus désinvoltes par rapport aux gestes barrières, elle semble en fait bien avoir une base physiologique.

Une étude publiée dans la revue Nature a mis en évidence des variations de la réponse immunitaire face au SARS-CoV2 entre les hommes et les femmes. 

Les hommes présentent des niveaux plus importants de certaines cytokines, les IL-8 et IL-18, impliquées dans l’emballement de la réponse immunitaire observée dans les formes graves de la COVID-19.

Autre différence notable, la quantité de lymphocytes T activés, des acteurs du système immunitaire impliqués dans les défenses antivirales, est plus importante chez les femmes, ce qui leur confère un atout pour maîtriser l’infection.

Et pour parfaire l’inégalité, il semble que la protection immunitaire conférée en cas d’exposition au virus dure plus longtemps chez les femmes, selon des données recueillies par des chercheurs de l’Institut Pasteur et du CHU de Strasbourg ayant fait l’objet d’une prépublication. Le taux d’anticorps protecteurs contre la maladie baisse plus rapidement chez les hommes, augmentant les risques de la contracter à nouveau.

Les maladies chroniques qui favorisent la survenue des formes graves de la COVID-19

Certains d’entre nous, indépendamment de l’âge ou du sexe, présentent un risque plus élevé de développer une forme sévère de la COVID-19. Il s’agit notamment des personnes atteintes de maladies chroniques qui conduisent à une altération de l’immunité et/ou à une augmentation des phénomènes inflammatoires.

1. Les maladies cardiovasculaires

L’affection qui cohabite le plus souvent avec une forme grave de la COVID-19 est l’hypertension artérielle. Une analyse américaine, ayant compilé les données de 22 études menées dans 8 pays auprès de 11000 patients, a révélé que 42% des patients hospitalisés en raison d’une infection au SARS-CoV2 en étaient atteints. Les personnes souffrant d’hypertension présentaient un taux de mortalité doublé par rapport aux non-hypertendus.

Les patients atteints d’une maladie cardiaque (insuffisance cardiaque, maladie des artères coronaires, cardiomyopathies) sont également plus susceptibles de développer une forme sévère de COVID-19.

2. Le diabète de type 2, et potentiellement le diabète de type 1

Les personnes atteintes de diabète sont également surreprésentées parmi les malades sévèrement touchés par le virus.

La compilation des données recueillies lors de 83 études d’observation ayant regroupé 78874 patients hospitalisés a montré que les patients diabétiques ont un risque deux fois plus élevé d’être sévèrement atteints par la maladie. Ils présentent même un risque trois fois plus élevé d’en décéder à l’hôpital par rapport aux malades non diabétiques.

Si la plupart des informations collectées concernent le diabète de type 2, il semble aussi que le diabète de type 1, une forme de la maladie d’origine auto-immune survenant fréquemment au cours de l’enfance, soit associé à un risque de complications plus élevé.

3. Les maladies respiratoires

Certaines maladies chroniques qui fragilisent l’appareil respiratoire représentent un facteur de risque face au virus.

Il s’agit notamment de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), une affection pulmonaire la plupart du temps provoquée par le tabagisme. Les personnes qui en souffrent ont un risque cinq fois plus important de développer une forme grave de la maladie.

L’influence de l’asthme est moins certaine ; sa présence pourrait toutefois allonger le temps d’intubation selon les résultats d’une étude américaine.

4. La maladie rénale chronique

Les personnes atteintes de maladie rénale chronique sont particulièrement vulnérables face aux infections en général, et la COVID-19 ne fait pas exception. Le risque de souffrir d’une forme sévère est en effet trois fois plus important chez ces patients.

Au stade de l’hémodialyse, cette méthode qui permet de filtrer le sang à l’aide d’une machine quand les reins n’y parviennent plus, la mortalité associée à la COVID-19 est très élevée, atteignant un taux de 15% à 25%.

5. Le cancer

La mortalité des personnes atteintes d’un cancer ayant contracté la COVID-19 est également très élevée, puisqu’on l’estime à 25,6% à partir des informations issues de 52 études et 18650 patients. Les personnes qui ont reçu un traitement de chimiothérapie peu de temps avant de contracter le virus sont particulièrement vulnérables.

6. La drépanocytose

Parmi les facteurs de risques récemment identifiés, figure la drépanocytose, un trouble d’origine héréditaire qui affecte les globules rouges.

Lors d’une étude menée aux États-Unis, 178 personnes atteintes de cette affection ayant contracté la COVID-19 ont été suivies entre le 20 mars et le 21 mai.

Malgré le jeune âge de ces personnes, 28 ans en moyenne, 69% d’entre elles ont dû être hospitalisées en raison de la sévérité de leurs symptômes. La situation est devenue critique pour 11% du groupe, avec une admission en soins intensifs. Au final, 7% sont décédées, un chiffre bien plus important que celui attendu au sein de cette tranche d’âge.

Les situations favorisant la survenue des formes graves de la Covid-19

En dehors des maladies au long court qui exposent à un risque élevé de complications, certaines situations comportent elles aussi des risques spécifiques.

1. L’obésité

Un article paru dans Nature ayant analysé 17 millions de cas de la maladie, dont près de 11000 ont été fatals, a mis en évidence que le risque de décès s’élève avec l’indice de masse corporel des malades.

Il est ainsi augmenté de 5% pour un IMC de 30 à 35, de 40% pour un IMC entre 35 et 40 et de 92% pour un IMC au-delà de 40 (obésité morbide).

Comment expliquer ce lien ? Le récepteur qui permet l’entrée du SARS-CoV2 dans les cellules n’est pas uniquement présent au niveau des poumons. Différents tissus de notre organisme comportent de même récepteur, dont le tissu graisseux. Amassé en excès chez les personnes présentant une obésité, il favoriserait la progression de l’infection.

De plus, les phénomènes inflammatoires qui siègent au niveau des tissus graisseux en cas d’obésité ont un impact défavorable sur le système immunitaire, affaiblissant son efficacité.

2. L’immunodépression des patients greffés

Les personnes ayant bénéficié d’une greffe d’organe sont plus sujettes aux infections en raison du traitement antirejet qu’elles suivent, qui atténue leur réponse immunitaire.

Une étude a été menée auprès de 482 personnes ayant bénéficié d’une greffe d’organe (du rein, du rein et du pancréas, du foie, du cœur et du poumon) et infectées par le virus. Au sein de ce groupe, 78% ont nécessité une prise en charge à l’hôpital, 39% ont été admises en unité de soins intensifs et 21% sont décédées dans le mois suivant le diagnostic.

Cette mortalité élevée chez les personnes greffées reflète cependant plus la présence de comorbidités fréquemment associées (âge avancé, excès de poids, maladies chroniques), que l’immunodépression à elle seule.

3. Le tabagisme

Nos comportements individuels ont également une incidence sur la maladie. Une analyse de la littérature a montré que les fumeurs ont un risque de développer une forme grave de COVID-19 multiplié par 1,45 par rapport aux anciens fumeurs ou à ceux qui n’ont jamais fumé.

Si la maladie évolue de façon plus sévère chez les fumeurs, la nicotine isolée pourrait limiter le risque de contracter le virus. L’usage de patch de nicotine est ainsi à l’étude chez les personnels soignants.

Les fumeurs présentent un risque accru de développer une forme grave de Covid-19
Les fumeurs présentent un risque accru de développer une forme grave de Covid-19

4. La pollution atmosphérique

La pollution de l’air a un impact défavorable sur le fonctionnement des poumons et accroît les risques liés aux infections respiratoires, dont la COVID-19.

Une étude menée aux États-Unis a montré que l’exposition aux polluants, notamment au NO2 émis par le trafic automobile, pourrait augmenter les risques de décéder de la COVID-19.

Des chercheurs allemands ont quant à eux estimé que la pollution atmosphérique a contribué à 15% des décès provoqués par la pandémie à travers le monde.

5. La grossesse, une période sensible par rapport à la COVID-19

L’infection par le SARS-CoV2 semble se manifester différemment chez les femmes enceintes par rapport au reste de la population.

Si elles sont moins susceptibles de présenter certains signes typiques de la maladie comme la fièvre ou les douleurs musculaires, elles nécessitent plus fréquemment une prise en charge en unité de soins intensifs en raison de complications respiratoires.

Les naissances prématurées sont plus fréquentes chez les femmes qui ont contracté la maladie. Un bébé sur quatre né d’une maman malade de la COVID-19 est admis en unité de soins néonatale.


Références

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