La choline diminue le risque de démence sénile

Nutriment essentiel, la choline participe à de nombreux processus biologiques au sein de l’organisme. Au niveau cérébral, elle est indispensable à la production d’acétylcholine, un messager chimique notamment impliqué dans les fonctions de mémorisation.

Des chercheurs ont mené une étude pour déterminer si de bons apports alimentaires en choline, présente dans les aliments en partie sous la forme de phosphatidylcholine, pouvait être un atout pour préserver les fonctions intellectuelles au cours du vieillissement (1).

Entre 1984 et 1989, ils ont étudié les habitudes alimentaires, le mode de vie et l’état de santé d’environ 2 5000 finlandais, âgés à l’époque de 42 à 60 ans. Quatre ans après le début de l’étude, 482 participants ont été soumis à des tests évaluant leur mémoire et leur capacités de réflexion. Les participants ont été suivis pendant 22 ans – les prescriptions médicamenteuses, les hospitalisations et la cause d’un éventuel décès consignés – et 337 ont développé un état de démence.  

En recoupant l’ensemble de ces données, les chercheurs ont découvert que les hommes ayant les plus forts apports en phosphatidylcholine (plus de 222 mg par jour) avaient un risque de démence réduit de 28 % par rapport à ceux qui avaient les apports les plus faibles (moins de 144 mg/jour). Ils présentaient également de meilleures performances de mémoire et de capacités linguistiques.

Sources alimentaires de choline

Dans le cadre de cette étude, les apports moyens en choline des participants étaient de 431 mg par jour, dont 188 mg sous forme de phosphatidylcholine. La principale source de choline provenait des produits laitiers (27%), de la viande (24 %) et des œufs (18%) ; la phosphatidylcholine étaient principalement apportée par les œufs (39 %) et la viande (37%).

Les meilleures sources alimentaires de choline sous toutes ses formes (choline libre, phosphatidylcholine, phosphocholine, glycérophosphocholine, sphingomyéline) sont en effet les produits animaux comme le foie de bœuf (431 mg/100 g), les œufs (225,7 mg/100 g), le steak de bœuf (104,2 mg/100 g), le saumon (90,4 mg/100 g), les côtes de porc (78,2 mg/100 g) ou le blanc de poulet (61,8 mg/100 g ). Côté végétal, les noix et amandes (52,5 mg/100 g), le brocoli (40,1 mg/100 g) et les haricots (31,1 mg/100 g) en présentent de bonnes teneurs (2).

La choline améliore certaines fonctions intellectuelles, particulièrement en cas de difficultés d’apprentissage

D’autres études d’observation ont établi un lien entre la choline et les fonctions intellectuelles. L’une d’elles, menée auprès de 1 391 personnes de 36 à 83 ans, a montré que de bons apports alimentaires en choline sont associés à une meilleure mémoire verbale et visuelle (3). Une autre, conduite auprès d’un échantillon de population plus âgée (2 195 personnes de 70 à 74 ans), a mis en évidence des capacités cognitives améliorées chez les personnes présentant un niveau de choline sanguin supérieur à 8,36 micromol/L (4). Certaines équipes ont également étudié l’impact d’une supplémentation en choline, sous différentes formes, sur les capacités intellectuelles. Un apport de 2 g de bitartrate de choline a permis de stimuler les performances visuo-motrices (c’est-à-dire la capacité à coordonner les mouvements du corps aux informations visuelles perçues) de jeunes gens en bonne santé par rapport à un placebo (5). La prise de 250 à 1000 mg de citicoline (également appelée CDP-choline) a stimulé les fonctions intellectuelles d’hommes en bonne santé, mais uniquement chez ceux présentant de faibles performances de base (6). Une telle différence d’action selon le profil des participants avait également été mise en évidence lors d’une étude plus ancienne, où une supplémentation à base de 25 g de phosphatidylcholine (apportant 3,75 g de choline) avait apporté de meilleurs bénéfices aux participants aux capacités d’apprentissage plus lentes (7). L’efficacité de la supplémentation sur les performances cognitives chez les personnes en bonne santé pourrait ainsi dépendre du statut cholinergique de chacun, et serait pertinente en cas de déficit seulement.

La supplémentation en choline en cas de maladie d’Alzheimer

Les bénéfices de la choline semblent attestés en cas de déficit de mémoire ou de maladie dégénérative comme Alzheimer. Des personnes souffrant de problèmes de mémoire ont tiré bénéfice d’une supplémentation à base de 2000 mg par jour de citicholine pendant 2 mois, leur mémoire logique immédiate et différée s’améliorant (8). Plusieurs essais cliniques chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer (9), (10), (11) recourant eux aussi à la choline sous forme de citicoline (CDP-choline) ont été concluants, à partir de trois mois de supplémentation.

Références   [ + ]

1.Maija P T Ylilauri et al. Associations of dietary choline intake with risk of incident dementia and with cognitive performance: the Kuopio Ischaemic Heart Disease Risk Factor Study. The American Journal of Clinical Nutrition, 2019.
2.Patterson Y.K. Et al. USD Database for The Choline Content of Common Foods, Release 2. Agricultural Research Service; Washington, DC, USA: 2008.
3.Poly C et al. The relation of dietary choline to cognitive performance and white-matter hyperintensity in the Framingham Offspring Cohort. Am J Clin Nutr. 2011;94(6):1584-1591
4.Nurk E et al. Plasma free choline, betaine and cognitive performance: the Hordaland Health Study. Br J Nutr. 2013;109(3):511-519.
5.Naber M et al. Improved human visuomotor performance and pupil constriction after choline supplementation in a placebo-controlled double-blind study. Sci Rep. 2015 Aug 14;5:13188.
6.Knott V et al. Neurocognitive effects of acute choline supplementation in low, medium and high performer healthy volunteers. Pharmacol Biochem Behav. 2015 Apr;131:119-29.
7.Ladd SL et al. Effect of phosphatidylcholine on explicit memory. Clin Neuropharmacol. 1993 Dec;16(6):540-9.
8.Spiers PA et al. Citicoline improves verbal memory in aging. Arch Neurol. 1996 May;53(5):441-8.
9.Alvarez XA et al. Double-blind placebo-controlled study with citicoline in APOE genotyped Alzheimer’s disease patients. Effects on cognitive performance, brain bioelectrical activity and cerebral perfusion. Methods Find Exp Clin Pharmacol. 1999 Nov;21(9):633-44.
10.Caamaño J et al. Effects of CDP-choline on cognition and cerebral hemodynamics in patients with Alzheimer’s disease. Methods Find Exp Clin Pharmacol. 1994 Apr;16(3):211-8.
11.Cacabelos R et al. Therapeutic effects of CDP-choline in Alzheimer’s disease. Cognition, brain mapping, cerebrovascular hemodynamics, and immune factors.  Ann N Y Acad Sci. 1996 Jan 17;777:399-403.

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4 commentaires

    • Avatar for Julien Venesson
      Julien Venesson  5 octobre 2019 at 15 h 15 min

      Non mais ce n’est pas une étude de la metformine sur la SEP, c’est une étude in vitro sur des cellules et qui se concentre principalement sur le vieillissement.

      Répondre
  • Avatar for mouna
    mouna  15 octobre 2019 at 16 h 18 min

    bonjour je vous remercie M.Julien pour votre générosité .je veux savoir est ce qu’il faut prendre une supplémentation en choline ?MERCI

    Répondre
    • Avatar for Julien Venesson
      Julien Venesson  15 octobre 2019 at 16 h 20 min

      Il existe deux solutions : la choline bitartrate ou la CDP-choline. ce sont des ingrédients qu’on trouve déjà intégrés dans de bons multivitamines.

      Répondre

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