La vitamine D améliore la maladie de Crohn de 50 %

Dans la maladie de Crohn les stratégies thérapeutiques sont limitées. Pourtant de nombreuses recherches récentes montrent l’efficacité de certaines solutions naturelles pour diminuer les symptômes. Voici l’une d’entre elles.

Maladie de Crohn et déficit en vitamine D

La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire de l’intestin. Par conséquent elle s’accompagne de perturbations de la digestion. On retrouve fréquemment des déficits en fer ou en vitamines chez les malades car l’intestin est parfois trop enflammé pour digérer correctement les nutriments. De fait, la plupart des malades de Crohn ont un déficit en vitamine D. Mais en vérité il est très difficile de savoir si ce déficit est provoqué par la maladie elle-même ou s’il s’agit d’un déficit « normal » car en France la majeure partie de la population manque de vitamine D (plus de 80% selon une étude de l’institut national de veille sanitaire).

Supplémentation en vitamine D dans la maladie de Crohn

En France lorsqu’on prescrit de la vitamine D aux malades on leur donne de l’UVEDOSE, des ampoules de vitamine D fortement dosées à 100 000UI. D’après les chercheurs, ces ampoules de fortes doses doivent être évitées, notamment car elles entrainent des fluctuations trop importantes du taux de vitamine D dans le sang (voir mon article : Supplémentation en vitamine D : évitez l’UVEDOSE !). Des chercheurs de l’université de Pennsylvanie (États-Unis) ont récemment testé l’effet d’une supplémentation quotidienne en vitamine D sur l’état de santé de malades de Crohn, et les résultats sont surprenants.

5000 UI par jour de vitamine D dans la maladie de Crohn

18 personnes touchées par la maladie de Crohn (intensité des symptômes faible à modérée) ont reçu 1000 Ui de vitamine D3 par jour pendant deux semaines puis la dose a été augmentée progressivement par paliers de 1000 UI jusqu’à ce que la majorité des personnes aient un taux de vitamine D dans le sang atteignant 40 ng/mL, un taux qui correspond à celui qu’on peut obtenir via une exposition régulière et modérée au soleil d’été).

Pour atteindre 40 ng/mL, 14 personnes ont eu besoin de 5000 UI de vitamine D3 par jour, contre 4000 UI pour les autres. Des doses tout à fait identiques à celles recommandées par les chercheurs pour les adultes en bonne santé (1).

Une fois ce taux atteint, les malades ont poursuivi la supplémentation quotidienne pendant 24 semaines (6 mois) et les chercheurs ont noté l’évolution de leur état de santé à l’aide d’index de mesure des symptômes comme le CDAI, les marqueurs inflammatoires sanguins, le taux de calcium et d’autres prises de sang de routine (numération formule sanguine, etc.)

Qu’est-ce que le CDAI ?

CDAI signifie littéralement « Index de mesure d’activité de la maladie de Crohn ». Il permet de déterminer l’intensité des symptômes. Pour se faire il utilise un système de calculs par points en tenant compte de différents éléments : le nombre de selles liquides par jour pendant les 7 derniers jours, les douleurs abdominales, le sentiment de bien-être subjectif, les complications cliniques de la maladie, l’utilisation d’anti-diarrhéiques, la présence d’une masse abdominale anormale, la baisse de l’hématocrite et les variations de poids corporel.

Résultat : la supplémentation en vitamine D a diminué le score d’activité CDAI de 50%! Parallèlement les chercheurs notent aussi une amélioration très significative du mieux-être et de la qualité de vie des malades. Ils concluent leurs résultats avec une phrase très forte : « même avec un petit nombre de participants et l’absence de groupe de contrôle (placebo), notre étude révèle un effet puissant de la vitamine D3 sur les symptômes de la maladie de Crohn. »

Les traitements naturels de la maladie de Crohn

Il existe de nombreuses solutions pour les malades de Crohn qui sont découvertes par les chercheurs mais dont on parle peu aux malades parce que les autorités sanitaires attendent d’avoir de nombreuses preuves avec des études menées sur des centaines ou des milliers de patients. Mais ces études sont couteuses et les pouvoirs publics ne peuvent les financer, tant et si bien que le système se mord la queue. En attendant ce sont bien les malades qui n’ont pas accès aux solutions autres que les médicaments…

Comment agit la vitamine D dans la maladie de Crohn?

La maladie de Crohn est une maladie mal connue dans laquelle un facteur bactérien semble intervenir. La perméabilité est augmentée ce qui permet à un certain nombre de molécules alimentaires de franchir l’intestin et de passer dans le sang où elles pourront déclencher une réaction anormale du système immunitaire. C’est ainsi que les malades de Crohn ont un risque très élevé de développer la spondylarthrite ankylosante, une maladie auto-immune handicapante (2, 3).

D’après les chercheurs la vitamine D semble agir en diminuant la perméabilité intestinale. Il est donc fort probable qu’elle diminue le risque de développer certaines complications graves (comme la spondylarthrite ankylosante). Il existe en fait de nombreuses études qui ont étudié l’impact de l’alimentation et de certains nutriments dans le traitement de la maladie de Crohn et des maladies inflammatoires de l’intestin en général (rectocolite hémorragique). Certaines de ces études ont été publiées dans des revues médicales internationales très prestigieuses comme The Lancet. J’ai fait une synthèse de ces travaux et des conseils qui peuvent aider les malades de Crohn dans mon livre

Cliquez sur l’image pour vous procurer le livre :

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Référence : Yang L, Weaver V, Smith JP, Bingaman S, Hartman TJ, Cantorna MT. Therapeutic effect of vitamin d supplementation in a pilot study of Crohn’s patients. Clin Transl Gastroenterol. 2013 Apr 18;4:e33.

(1) Cannell JJ, Hollis BW. Use of vitamin D in clinical practice. Altern Med Rev. 2008 Mar;13(1):6-20.

(2) Tiwana H, Natt RS, Benitez-Brito R, Shah S, Wilson C, Bridger S, Harbord M, Sarner M, Ebringer A. Correlation between the immune responses to collagens type I, III, IV and V and Klebsiella pneumoniae in patients with Crohn’s disease and ankylosing spondylitis. Rheumatology (Oxford). 2001 Jan; 40(1): 15-23.

(3) Rashid T, Ebringer A. Gut-mediated and HLA-B27-associated arthritis: an emphasis on ankylosing spondylitis and Crohn’s disease with a proposal for the use of new treatment. Discov Med. 2011 Sep; 12(64): 187-94.

 

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9 Response Comments

  • achille  20 novembre 2014 at 11 h 17 min

    Atteint de la maladie de chron avancée et de psoriasis aigü, la seule chose qui fonctionne maintenant et depuis quelques années avec rémission quasi complète de ces deux maladies, c’est de l’ HUMIRA sous forme de stylo que je m’injecte tout les quinze jours…
    cependant, pratiquant de musculation et une petite dose quotidienne de vitamine D ( je n’ai pas le dosage, j’ai jeté l’emballage ) ainsi qu’une diète propre, me rend la vie beaucoup plus facile et agréable et en meilleur forme…
    merci Julien pour tout ce que tu fais…
    sportivement..

    (1)
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    • mercier  21 juin 2016 at 15 h 53 min

      bonjour, moi j’ai le crohn depuis 8 ans . je vais en cure thermale à Châtel-Guyon dans le Puy de Dôme, et retrouver une qualité de vie et plus de médicaments .
      Christelle

      (0)
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  • Novo  4 juin 2013 at 19 h 23 min

    Pouvez-vous être plus explicite sur « de nombreuses solutions pour les malades de Crohn qui sont découvertes » ?
    Je penses à Seignalet.
    D’autres pistes ?
    Merci pour cet article, qui correspond avec ma supplémentation personnelle.
    Bonne sante

    (0)
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    • Julien V.  4 juin 2013 at 20 h 20 min

      Pour un certain nombre d’aspects Seignalet ne disposait que de très peu de preuves scientifiques (il a mis au point son régime il y a plus de 30 ans maintenant) ce qui a probablement limité certains aspects du régime, je pense par exemple aux effets de la cuisson, à l’acide phytique ou aux lectines. Il y a aussi eu beaucoup de découvertes sur la perméabilité intestinale et son fonctionnement depuis. Pour finir Seignalet disait lui-même qu’il était expert en immunologie mais pas en nutrition et encore moins en micronutrition. Dans tout cet ensemble de choses il y a des éléments à tirer (différents selon les maladies) et j’ai essayé de les regrouper dans mon livre. Jetez-y un œil quand il sortira car je ne peux pas résumer 220 pages ici. Vous pouvez le lire dans une Fnac si vous ne voulez pas l’acheter.

      (0)
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  • Novo  5 juin 2013 at 6 h 34 min

    Merci pour cette réponse,
    Je suis convaincu par le titre de votre livre, surtout dans mon cas !
    Donc, je ne pensais pas m’y intéressé mais dès qu’il apparaitra dans une librairie de la Réunion, j’y jetterais un œil attentif, voire 2.
    Merci pour la large diffusion de votre expertise.
    Bonne santé.

    (0)
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    • Julien V.  5 juin 2013 at 14 h 26 min

      Vous devriez jeter un œil au sommaire que j’ai mis en ligne (voir « livres »).

      (0)
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  • Zouzou  12 août 2014 at 17 h 41 min

    Un grand merci pour votre article. Je vais voir pour le procurer votre livre de ce pas

    (0)
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  • Joris  30 octobre 2014 at 9 h 42 min

    Bonjour Julien,

    Qu’en est-il pour la rectocolite hémorragique? Est-ce que cette supplémentation a un effet quelconque sur la RCH ? Merci

    (0)
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  • Titi  2 janvier 2015 at 10 h 38 min

    Salut tout le monde monde et bonne année! 🙂
    Alors j’ai une personne de ma famille atteinte de cette maladie et présentant des symptômes vraiment handicapants tant physiquement que psychologiquement, je vais lui toucher un mot de ce livre, ayant moi même été convaincu par « nutrition de la force » qui m’a fait explosé (en bien) ;).
    Mais j’ai une question que je me pose fréquemment: quel est le temps d’acceptation par un médecin (généraliste ou spécialiste) du sérieux d’une étude? J’ai remarqué que dès que l’on parle à un médecin des dernières recherches, certains se retranchent derrière LEUR traitement et lance un peu la guerre des égos face à des petits curieux comme moi (et d’autres) qui consultent ton site par exemple! J’ai pu le vérifié surtout chez les kinés,enfin c’est un autre domaine…
    Ou alors je me trompe et que la plupart malgré tout, prescrivent des traitements réputés bons? C’est pour avoir le maximum d’arguments face à cette personne malade qui est très protocolaires. Moi malade donc sauveur=MEDECIN et si MEDECIN échoué, personne ne pourra faire mieux que lui! Enfin tu dois peut-être faire face à ce genre de raisonnement dans ton quotidien…
    Merci à toi!

    (0)
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