Le lycopène augmente le volume du sperme et améliore la fertilité

L’infertilité touche environ 15 % des couples dans le monde et 30 à 50 % des cas seraient liés à des problèmes masculins. Une cause fréquente d’infertilité masculine est l’oligospermie : une diminution du nombre et de la mobilité des spermatozoïdes, associée à un nombre important de cellules de forme anormale.

L’infertilité masculine est favorisée par de nombreux facteurs : la génétique, des infections, des pathologies, le tabagisme, la consommation d’alcool, mais aussi des paramètres environnementaux comme des produits chimiques. En France, 15 à 20 % des couples n’arriveraient pas à procréer au bout d’un an, d’après l’Inserm (1).

Le stress oxydatif joue un rôle important dans l’infertilité masculine : on a pu montrer que des radicaux libres présents dans le liquide séminal peuvent endommager les membranes cellulaires, avec des conséquences sur la forme et la motilité des spermatozoïdes. Plus le stress oxydatif est important, moins la viabilité et la motilité des spermatozoïdes est bonne. De plus, différentes études ont montré que certains antioxydants (mais pas tous) peuvent améliorer ces caractéristiques et aider à lutter contre l’infertilité masculine. C’est apparemment le cas du lycopène.

Une concentration plus élevée de spermatozoïdes dans le sperme grâce au lycopène

Le lycopène est un puissant antioxydant de la famille des caroténoïdes. Ce pigment rouge se trouve dans des fruits et légumes comme la tomate, la pastèque, le pamplemousse rose, la papaye, l’abricot, le chou rouge ou la carotte. Dans l’organisme, la concentration en lycopène est plus élevée dans le testicule que dans d’autres organes. 

Un essai clinique iranien récent, paru dans la revue Phytotherapy Research, a testé l’effet d’un complément de lycopène sur le stress oxydatif et le sperme de 44 hommes souffrant d’oligospermie. Pendant 12 semaines, certains ont pris un complément de 25 mg de lycopène par jour et d’autres un placebo. 

À la fin de l’étude, le nombre de spermatozoïdes a augmenté dans le groupe qui a pris le lycopène. Le volume d’éjaculat était aussi plus élevé (2). Les biomarqueurs du stress oxydatif indiquaient également  un effet antioxydant du lycopène. Mais il n’y avait pas de différence dans la morphologie des spermatozoïdes avec ou sans lycopène. Ces résultats suggèrent tout de même que le lycopène améliore la fertilité masculine. 

Un antioxydant qui traite l’infertilité masculine

Comme le lycopène est lipophile, il s’associe aux membranes cellulaires, agit sur les composés membranaires et prévient l’oxydation des lipides et des protéines. De manière générale, les antioxydants réduisent le risque de dommages à l’ADN des spermatozoïdes.

En 2014, une revue sur l’usage du lycopène contre l’infertilité masculine a conclu qu’une complémentation de 4 à 8 mg de lycopène par jour pendant 3 à 12 mois pouvait aider à traiter l’infertilité masculine (3). Cette dose correspond à 150 à 300 g de tomates consommées chaque jour à long terme, c’est pourquoi une supplémentation est généralement plus pratique.

Références   [ + ]

1.Inserm. Les troubles de la fertilité- Etat des connaissances et pistes pour la recherche. 2013.
2.ouri et al. The effects of lycopene supplement on the spermatogram and seminal oxidative stress in infertile men: A randomized, double‐blind, placebo‐controlled clinical trial. Phytotherapy Research. 2019.
3.Durairajanayagam et al. Lycopene and male infertility. Asian J Androl. 2014.

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11 commentaires

  • jbapt  31 octobre 2019 at 14 h 01 min

    Ravi de l’apprendre, je consomme quotidiennement des tomates !

    Petite question cependant, savez-vous si la concentration en spermatozoïdes à un lien avec la couleur du sperme ?

    Merci et bonne journée à vous

    Répondre
  • Ectoplasme  1 novembre 2019 at 13 h 52 min

    Merci pour l’info Julien. Une marque en particulier à conseiller ?

    Répondre
    • Julien Venesson  1 novembre 2019 at 14 h 44 min

      En complément alimentaire ? Moi je l’ai dans mon multivitamines Elite (laboratoire UNAE) mais ça se trouve aussi seul ailleurs.

      Répondre
  • Julien.c  1 novembre 2019 at 15 h 54 min

    Bonjour Julien

    Il est dit dans ton article qu’il faudrait 150g à 300g de tomate par jour, mais cela est il pour des tomates bio ou conventionnelles ?
    Connaît-on la différence de concentration de lycopene entre une tomate bio et une tomate conventionnelle ?

    Merci pour l’article et pour ta réponse.

    Répondre
    • Julien Venesson  1 novembre 2019 at 17 h 31 min

      Je n’ai pas cherché de donner précise mais si c’est comme la plupart des polyphénols il doit y en avoir un peu plus dans le bio.

      Répondre
    • ben  7 novembre 2019 at 19 h 31 min

      La teneur en lycopène varie de 0.11 à 17.5 mg pour 100 g, principalement suivant les variétés. Donc privilégier les tomates avec peau épaisse et chair dense. Pour le lycopène, le bio influence moins que la variété, j’ai pas regardé avec précision (voir étude de l’INRA sur les sources de variabilité
      des qualités nutritionnelles des fruits et légumes)

      Répondre
      • Ben  7 novembre 2019 at 19 h 49 min

        Dans l’étude INRA sur les sources de variabilité
        des qualités nutritionnelles des fruits et légumes, page 197, les tomates étudiées contiennent 3.2 à 4.2 mg/100 g de lycopène. La fourchette d’écart entre bio et conventionnel est de 0.4 à 0.7 mg pour 100 g (ref Caris-Veyrat et al 2004)

        Répondre
  • Raffael  6 novembre 2019 at 12 h 36 min

    On obtient d’avantage de lycopène si la tomate est cuite et on en assimile plus et mieux si la cuisson est réalisée dans de l’huile.

    Le lycopène est il totalement sécuritaire? Il a t’il des contres indications particulières ou des interractions a considerer?

    Répondre
  • Ben  7 novembre 2019 at 19 h 20 min

    Je suis resté sur ma faim avec cet article, je suis donc allé chercher quelques compléments scientifiques https://www.theses.fr/2010AVIG0241.pdf. inra.dam.front.pad.brainsonic.com › ressources › afile

    A retenir : la teneur en lycopène est très variable suivant les variétés (facteur de 0 à 10 sur 50 variétés analysées), plus que les conditions de culture (bio, plein champs, serre, solution nutritive, …). Les caroténoïdes dont fait partie le lycopène s’accumulent surtout avec la maturation de la tomate et la T° ( stoppe à 12° et au-delà de 32°). Le lycopène continue à augmenter après la récolte si la tomate n’est pas encore mure (pas de frigo).
    La majorité du lycopène est dans la peau, 3 fois plus concentrée que la pulpe, elle-même plus concentrée que le jus. Il y a donc plus de lycopène dans les variétés (rouges) avec une peau et une chair épaisse. A ce titre les tomates cerises sont les plus intéressantes.

    Le lycopène est un composé assez stable mais qui se dégrade rapidement à la cuisson si la T° > 100°C. La congélation en fait perdre 30-40%. Il existe des formes différentes de lycopène dont la biodisponibilité varie.
    La teneur des concentrés de tomate est la plus intéressante (facteur de l’ordre de 2) de 32.7 à 68.2 mg de lycopène/100 g.
    Si je veux 8 mg minimum de lycopène dans mon alimentation quotidienne, il me faudra donc prendre de l’ordre de 12 à 24 g de concentré (suivant la richesse de ce dernier). A titre de comparaison, le complément « Elite » de Julien en contient pour sa dose journalière, le double (16 mg)

    Répondre

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