Maillots de bain : nouvelles découvertes grâce aux requins

Une nouvelle découverte basée sur la peau du requin pourrait encore révolutionner les maillots de bain.

Tout le monde se souvient des nouveaux maillots développés par Speedo il y a quelques années et grâce auxquels un grand nombre de records étaient tombés en natation. Ces maillots à haute performance sont censés réduire les frottements et s’appuient sur le comportement de la peau de requin pour leur conception. Un professeur en Ichtyologie, George Lauder, vient de démontrer que la méthode utilisée n’était pas la bonne, la correction pourrait amener à mettre au point des maillots de bains encore plus performants.

Les combinaisons les plus récentes comme le Fastskin 2 de Speedo, diminuent efficacement les frottements mais pas la traînée pendant la nage, contrairement au requin. Pour Lauder, spécialiste des requins, ces combinaisons n’ont finalement rien à voir avec les requins ! Il déclare : « Nous avons démontré que les propriétés de ces matériaux eux-mêmes, que le fabricant qualifiaient de biomimétiques, ne font absolument rien pour la propulsion elle-même. » et ajoute qu’il est persuadé que ces combinaisons fonctionnent mais que cela n’a rien à voir avec la surface utilisée.

Il explique ensuite que la peau du requin présente en surface des millions de denticules, sortes de mini dents collées sur la peau, comme sur le schéma ci-dessous.

denticles

Ces dents permettent au requin de diminuer drastiquement la traînée au cours de la nage mais également d’augmenter l’efficacité de la poussée, deux composantes absentes des combinaisons de natation actuelles. Au cours de la nage se créent des séparations de flux qui génèrent des baisses de pression locale dont l’effet est de propulser vers l’avant. Toutefois cet effet ne se présente pas dans toutes les situations : il faut que la membrane bouge. Autrement dit, elle doit être placée sur un être vivant ou un corps aux mouvements similaires. Hors, actuellement toutes les recherches sont menées sur des peaux de poissons inertes, et non en mouvement sur un corps.

Lauder et son équipe ont comparé l’impact d’une peau de requin avec celui de la meilleure combinaison Speedo et d’un matériau utilisé en aéronautique utilisé pour réduire les frottements grâce à de mini sillons. Ils ont testé les matériaux sur une membrane mobile ou sur un objet immobile (ancienne technique). Ils ont pu observer le mouvement des particules d’eau en combinant la vélocimétrie laser par images de particules (qui met en évidence les fluides par un laser) avec une caméra très haute vitesse qui filme à 1000 images par secondes. Pour les chercheurs l’amélioration de la performance par rapport à une combinaison actuelle pourrait atteindre plus de 12%. La prochaine étape consiste à mettre au point une véritable peau de requin artificielle.

Pour aller plus loin sur la nutrition du sportif :

paleo2

Référence : Oeffner, J. Lauder, G. V. The hydrodynamic function of shark skin and two biomimetic applications. J. Exp. Biol. 2012. 215, 785–795.

You may also like

No Comment

You can post first response comment.

Leave A Comment

Please enter your name. Please enter an valid email address. Please enter a message.