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Maladie de Lyme : tous les traitements naturels

promeneurs dans la forêt qui évitent les tiques

Malgré les traitements conventionnels, des patients victimes d’une morsure de tique développent une maladie de Lyme chronique. Dans cet article, nous ferons un bilan sur les traitements naturels qui pourraient aider à retrouver la santé.

Comment se développe la maladie de Lyme chronique ?

La borréliose de Lyme, causée par la bactérie spirochète Borrelia burgdorferi, est la maladie vectorielle la plus fréquente en Europe. Tout commence avec une morsure de tique. Si un érythème migrant ou d’autres symptômes se développent, le médecin prescrit un traitement antibiotique.  

La plupart des patients se rétablissent avec ces médicaments. Mais certains continuent à présenter des symptômes à long terme, comme de la fatigue, des douleurs articulaires, des problèmes neurologiques, cardiaques… 

C’est une maladie de Lyme chronique : malgré les antibiotiques, la bactérie persiste dans l’organisme. Elle peut être intracellulaire ou adopter des formes qui résistent aux antibiotiques, comme des biofilms ou des kystes. 

Les patients touchés par la maladie de Lyme sont souvent confrontés à l’incompréhension du monde médical. Le traitement et l’existence même de la forme chronique de la maladie font l’objet de vifs débats dans la communauté scientifique, depuis des décennies. 

Si les traitements conventionnels sont inefficaces, existe-t-il des méthodes naturelles pour soulager les symptômes de la maladie ?

Des huiles essentielles contre la maladie de Lyme

Une première piste consiste à utiliser des huiles essentielles car certaines contiennent des composés antibactériens. Les huiles essentielles s’utilisent en aromathérapie. L’idée est de trouver des substances qui agissent contre les bactéries Borrelia qui persistent dans l’organisme.

Les antibiotiques s’attaquent plutôt aux bactéries quand elles sont en phase de croissance, c’est-à-dire quand elles se divisent activement. Mais dans la maladie de Lyme, Borrelia burgdorferi persiste sous des formes « dormantes » qui ne sont pas tuées par les antibiotiques.

À l’université Johns Hopkins (Baltimore), une équipe de chercheurs a publié plusieurs articles sur les huiles les plus efficaces contre la bactérie quand elle se trouve en phase stationnaire. Lors de cette phase, les bactéries développent des formes persistantes (biofilms…) qui ne sont pas sensibles aux antibiotiques utilisés contre la maladie de Lyme. 

Dans une première analyse sur 34 huiles essentielles, les chercheurs ont identifié trois huiles essentielles intéressantes : l’origan, la cannelle et le clou de girofle.

Un an plus tard, les mêmes auteurs ont publié une nouvelle recherche sur 35 autres huiles essentielles.  Parmi les plus actives contre les formes persistantes de Borrelia burgdorferi se trouvaient les huiles de l’ail (Allium sativum), du piment (Pimenta officinalis), de la myrrhe (Commiphora myrrha), d’hydacheim (Hedychium spicatum) et de la verveine exotique (Litsea cubeba).

De plus, le cinnamaldéhyde, un composant de la cannelle, avait aussi une forte activité contre les bactéries en phase stationnaire. À une faible concentration (0,05 %), seule l’huile essentielle d’ail et le cinnamaldéhyde pouvaient stériliser une culture de Borrelia burgdorferi en phase stationnaire.

Ces huiles n’ont pas été testées chez l’homme lors d’essais cliniques. Cependant, beaucoup de patients utilisent des huiles essentielles de manière empirique, comme le témoigne Judith Albertat dans son ouvrage « Lyme, les solutions naturelles » (Editions Thierry Souccar).

Judith Albertat a fondé l’association Lyme sans frontières. Dans son livre, elle conseille des huiles essentielles sous forme 3D (Dynamisée, Dispersée, Diluée), dont l’origan, le clou de girofle, l’eucalyptus, le thym, mais toujours sous la supervision d’un médecin.

Le Tic Tox, créé par le pharmacien Bernard Christophe pour lutter contre la maladie de Lyme, contenait des huiles essentielles, mais sa composition exacte n’est pas connue. Depuis 2012, ce produit est interdit en France suite à une décision de justice.

Des extraits de plantes efficaces contre la bactérie Borrelia

De la même façon que des huiles essentielles combattent Borrelia, on peut se demander si des extraits de plantes en sont capables. C’est ce qu’ont voulu savoir les chercheurs de Johns Hopkins dans une étude préclinique parue en février 2020 dans la revue Frontiers in Medicine.

Les plantes à l’action antibiotique

In vitro, ils ont testé les extraits de 14 plantes contre la bactérie Borrelia burgdorferi et les ont comparés aux effets des antibiotiques doxycycline et céfuroxime. Les chercheurs ont mis en présence les extraits de plantes et les bactéries, soit libres, soit en microcolonies – une forme persistante de la bactérie.

Par rapport aux antibiotiques, certaines plantes présentaient une bonne activité contre la bactérie : le noyer noir Juglans nigra, l’armoise annuelle Artemisia annua, la liane du Pérou Uncaria tomentosa, le ciste Cistus incanus et la scutellaire de Baïkal Scutellaria baicalensis.

Les deux plantes les plus efficaces étaient la renouée du Japon (Polygonum cuspidatum) et la quinine du Ghana (Cryptolepis sanguinolenta). Même à de faibles concentrations, les extraits de ces deux plantes détruisaient les microcolonies de Borrelia et inhibaient la division cellulaire de la forme libre de la bactérie. En 7 jours, une solution de quinine du Ghana à 1 % détruisait toutes les bactéries.

Ces plantes pourraient donc aider à lutter contre les formes persistantes de Borrelia, mais il n’existe pas d’essais cliniques à ce sujet. 

Les infusions de ciste de Crète

Parfois, les patients n’attendent pas que des études soient publiées pour tester des traitements naturels. C’est pourquoi, en Allemagne, des chercheurs de l’université de Leipzig se sont intéressés aux infusions réalisées avec du ciste de Crète (Cistus creticus), que des patients utilisent contre les symptômes de Lyme.

Le ciste de Crète est une plante servant à fabriquer le labdanum, utilisé en parfumerie, mais aussi comme remède naturel contre les infections. En Europe, le labdanum est souvent préparé à partir d’une plante proche, Cistus ladanifer.

Avec leurs expériences, les chercheurs allemands ont montré que l’huile volatile de Cistus creticus possède une activité contre la bactérie Borrelia burgdorferi in vitro. Par hydro-distillation des feuilles, ils ont isolé la fraction la plus efficace contre le spirochète. 

Celle-ci contient du carvacrol et des manoyloxides. Le carvacrol se retrouve aussi dans l’huile essentielle de thym et d’origan. Pour les chercheurs, ces molécules sont de bons candidats pour le développement de médicaments.

Il existe beaucoup d’autres traitements naturels proposés aux patients souffrant de la maladie de Lyme. Mais ont-ils été validés scientifiquement ?

De nombreux traitements alternatifs non-validés

Beaucoup de patients, ne trouvant pas de soulagement avec la médecine conventionnelle, cherchent des solutions alternatives. Malheureusement, beaucoup de thérapies proposées pour combattre la maladie de Lyme ne sont pas validées par des études scientifiques.

En 2015, des chercheurs de différentes universités américaines ont fait le point sur ces thérapies alternatives.  Ils ont trouvé différents types de traitements :

  • des thérapies nutritionnelles avec de la vitamine C, B12, du magnésium, des plantes, des huiles de poisson,
  • des thérapies concernant les métaux : chélation des métaux lourds, retrait des amalgames dentaires ou avec des métaux (argent colloïdal),
  • des thérapies utilisant des radiations,
  • des thérapies utilisant de l’oxygène, comme l’oxygénothérapie hyperbare qui a fait l’objet de quelques publications, contrairement aux thérapies citées ci-dessus. 

À l’exception de l’oxygénothérapie hyperbare, il n’existe pas d’études publiées qui permettent de valider ces méthodes pour la maladie de Lyme.

L’oxygénothérapie hyperbare contre la maladie de Lyme

L’oxygénothérapie hyperbare consiste à administrer de l’oxygène pur ou un mélange de gaz riche en oxygène, dans un caisson ou une chambre pressurisée. L’oxygénothérapie hyperbare a été testée in vitro et sur des souris infectées par Borrelia burgdorferi. 

Il existe une publication de 2014 décrivant le cas d’un patient traité avec succès avec cette méthode à Taïwan. L’homme a commencé à développer la maladie à l’âge de 31 ans. Malgré les traitements antibiotiques, ses symptômes persistaient. 

Il a commencé un traitement d’oxygénothérapie hyperbare à 39 ans, avec 30 séances de 1,5 h. Progressivement, des symptômes ont disparu : ses troubles du sommeil, l’engourdissement des extrémités et des douleurs articulaires.

Le mécanisme d’action de cette thérapie n’est pas bien connu. Mais la bactérie est sensible aux niveaux ambiants de dioxygène. En-dehors de ce cas, il n’existe pas d’essais cliniques ayant testé cette thérapie sur un plus grand nombre de patients.

Bien que les thérapies nutritionnelles et utilisant la chélation n’aient pas été validées, voyons en quoi elles consistent.

Les thérapies proposées par le Dr Horowitz

Richard Horowitz est un médecin américain spécialiste de la maladie de Lyme et de ses co-infections. Il est l’auteur de « Soigner Lyme et les maladies chroniques inexpliquées » (Editions Thierry Souccar), qui est la traduction de « Why can’t I get better? ». 

Richard Horowitz constate que plusieurs maladies présentent des symptômes proches : le syndrome de fatigue chronique, la maladie de Lyme, la polyarthrite rhumatoïde ou la fibromyalgie.  Il propose de nommer un nouveau syndrome pour regrouper des maladies chroniques proches : il l’appelle « le syndrome infectieux multisystémique de Lyme » ou SIMS-ML. Il a mis au point un questionnaire pour évaluer si une personne présente des risques d’être concernée par ce syndrome.  

Les patients souffrant de la maladie de Lyme peuvent être co-infectés par d’autres agents. Une morsure de tique peut transmettre d’autres bactéries que Borrelia burgdorferi, ainsi que des parasites (Babesia) ou des virus. 

Cela a été démontré en 2016 par des chercheurs français qui ont analysé 267 tiques récoltées dans les Ardennes. Ils ont montré que parmi les tiques infectées 45 % avaient des co-infections et qu’elles transportaient jusqu’à cinq pathogènes différents.

Il est probable que les tiques concentrent tous ces microbes car elles sont capables de piquer une grande variété d’animaux différents. Ainsi, la babésiose et la maladie de Lyme sont toutes deux dues à des microbes transmis par les tiques. Il est fréquent que des patients soient co-infectés par les deux. 

D’après Richard Horowitz, les patients ayant des co-infections sont plus malades et résistent souvent aux traitements conventionnels. Cela signifie que les traitements naturels antimicrobiens – comme des extraits de plantes – pourraient aider à lutter contre les coinfections de la maladie de Lyme.

La détoxification de l’organisme

D’après Richard Horowitz, certains patients ont une intoxication aux métaux lourds qui imite les symptômes de la maladie de Lyme, ce qui fait que ces patients résistent aux traitements : « Certains patients sont plus sensibles que d’autres à ces métaux qui participent à la fatigue, au dysfonctionnement immunitaire, aux douleurs musculaires, articulaires et nerveuses, aux problèmes de mémoires et aux troubles psychiatriques. » C’est pourquoi il conseille un protocole de chélation associé au glutathion. Le glutathion est un antioxydant. Il est indispensable pour aider le foie à libérer les toxines. 

Certains compléments sont connus pour chélater les métaux lourds, comme la spiruline. Il existe des travaux de recherche sur la chélation des métaux lourds.

Par exemple, en 2015, des chercheurs chinois ont listé les stratégies alimentaires permettant de lutter contre la toxicité de deux métaux lourds : le plomb et le cadmium. Ils notent qu’un déficit en certains métaux essentiels, comme le zinc, favorise une plus grande absorption et toxicité de ces métaux lourds. En effet, le zinc présente des propriétés physiques et chimiques similaires au cadmium et au plomb. Il entre en compétition avec ces molécules au niveau de sites protéiques.

Chez la souris, une complémentation en sélénium protège contre la toxicité du cadmium et du plomb. Une complémentation avec ces métaux essentiels peut lutter contre la toxicité des métaux lourds.

Les métaux lourds causent aussi du stress oxydant. Une complémentation avec des antioxydants (vitamines C, E…) pourrait donc limiter leur impact négatif. Ces vitamines et métaux essentiels peuvent aussi se trouver dans l’alimentation. 

De manière générale, les fruits et légumes contiennent souvent des vitamines, minéraux essentiels, antioxydants, permettant de lutter contre le stress oxydatif généré par les métaux lourds. Certains aliments plus que d’autres peuvent attirer notre attention. Ainsi, chez l’animal, l’ail prévient la toxicité du plomb. De même, le thé vert protégerait contre la toxicité du plomb et du cadmium, grâce à ses catéchines, en particulier s’il est combiné à la quercétine

Un des moyens les plus simples de favoriser la détoxification reste de soutenir sa production interne de glutathion avec la cystéine et la glycine.

L’alimentation contre la maladie de Lyme

Il n’existe pas d’études sur l’alimentation ou les compléments efficaces contre Lyme. L’objectif des changements alimentaires et des compléments sera d’aider l’organisme à lutter contre les infections, tout en limitant l’inflammation.

C’est pourquoi Judith Albertat conseille de ne pas manquer des vitamines importantes pour l’immunité (A, D, E…). La vitamine D est probablement la plus importante, mais il est important de ne pas prendre d’ampoules !

Pour l’alimentation, il est conseillé d’éviter les aliments pro-inflammatoires, comme les aliments riches en céréales raffinées et en sucres. Des aliments riches en antioxydants, pauvres en faceturs pro-inflammatoires sont conseillés. C’est par exemple le cas des aliments du régime méditerranéen ou paléo. Cetains patients s’orientent aussi vers des régimes sans gluten et sans lait, mais il n’existe pas d’étude scientifique à ce sujet.

Enfin, Judith Albertat liste d’autres pistes : agir sur la flore intestinale, sur la perméabilité de l’intestin ou contre les candidoses. Souvent, le champignon Candida albicans prolifère chez les patients en réaction aux traitements antibiotiques. L’utilisation de probiotiques est dans ce cas indispensable.


Référence :

  1. Feng et al. Selective Essential Oils from Spice or Culinary Herbs Have High Activity against Stationary Phase and Biofilm Borrelia burgdorferi. Frontiers in medicine. 2017.
  2. Feng et al. Identification of Essential Oils with Strong Activity against Stationary Phase Borrelia burgdorferi. Antibiotics. 2018.
  3. Feng et al. Evaluation of Natural and Botanical Medicines for Activity Against Growing and Non-growing Forms of B. burgdorferi. Front. Med. 2020.
  4. Rauwald et al. Labdanum and Labdanes of Cistus Creticus and C. Ladanifer: Anti-Borrelia Activity and Its Phytochemical Profiling. Phytomedicine. 2019.
  5. Lantos et al. Unorthodox Alternative Therapies Marketed to Treat Lyme Disease. Clin Infect Dis. 2015.
  6. Huang et al. Hyperbaric oxygen therapy as an effective adjunctive treatment for chronic Lyme disease. Journal of the Chinese Medical Association. 2014.
  7. Moutailler et al. Co-infection of Ticks: The Rule Rather Than the Exception. PLoS Negl Trop Dis. 2016.
  8. Finamore et al. Antioxidant, Immunomodulating, and Microbial-Modulating Activities of the Sustainable and Ecofriendly Spirulina. Oxid Med Cell Longev. 2017.
  9. Zhai et al. Dietary Strategies for the Treatment of Cadmium and Lead Toxicity. Nutrients. 2015.

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