Comment donner la meilleure alimentation à son chien ?

meilleure alimentation pour chien

Diabète, maladie rénale, pancréatite, problèmes dentaires, surpoids… Nos chiens ne sont pas épargnés par les maladies associées à une alimentation mal équilibrée. Choisir une alimentation adaptée pour son canidé n’a rien d’évident, parmi la vaste gamme de produits d’alimentation industriels et les approches alternatives. Pour mieux comprendre les besoins nutritionnels des chiens, reprenons l’histoire depuis le début ! 

Du loup au chien, l’histoire de la première domestication animale

Le chien domestique (Canis familiaris) est le descendant du loup gris (Canis lupus). Les liens entre cette espèce sauvage et l’homme se sont tissés progressivement. À l’époque où nous étions des chasseurs-cueilleurs, il était courant que les loups rodent autours des hommes pour récupérer des proies tuées ou blessées lors de la chasse. Cette nourriture facile à obtenir était une véritable manne pour ces animaux qui savent se montrer opportunistes.

La relation entre nos deux espèces a franchi un nouveau cap lorsque nous nous sommes sédentarisés pour devenir éleveurs et agriculteurs. Nos déchets alimentaires sont devenus une précieuse ressource pour ces canidés sauvages. Progressivement, le loup s’est habitué à la présence de l’homme et des liens plus étroits se sont tissés. Le loup, devenu chien, serait la première espèce à avoir été domestiquée par l’homme, il y a environ 14 000 ans, selon des chercheurs de l’université de Cambridge. Les premières cohabitations étroites remontent jusqu’à 30 000 ans environ.

Au gré de la sélection des représentants aux caractéristiques particulières et des croisements, est apparue la grande diversité des races actuelles, qui varient grandement d’un point de vue morphologique.

Même si la plupart des races de chiens actuelles ne ressemblent plus tellement à leur ancêtre, le chien et le loup restent interféconds et génèrent une descendance viable. Ils ne sont ainsi pas si différents, le chien est considéré comme une sous-espèce de loup. Cette proximité entre les deux espèces signifie-t-elle que nous devrions nourrir nos chiens en calquant le régime alimentaire des loups ?

Le chien est-il carnivore ou omnivore ?

Pour déterminer le meilleur régime alimentaire à proposer à nos chiens, il convient tout d’abord de déterminer si le chien est un carnivore, comme l’est le chat domestique, ou plutôt un omnivore, c’est-à-dire une espèce pouvant manger un peu de tout comme l’être humain, le rat ou le cochon. 

Le loup, ancêtre du chien, est un carnivore vrai

Dans la nature, le loup consomme :

  • essentiellement des grands mammifères herbivores, les ongulés : sangliers, cerfs, chevreuils, élans…
  • en complément, des petits mammifères : rongeurs, lièvres, castors…
  • à l’occasion, des oiseaux, reptiles, poissons ou même insectes.

Les analyses de leurs déjections révèlent la présence de végétaux divers, comme de l’herbe, des petits fruits, des noix ou même des grains de maïs. Leur contribution aux apports nutritionnels est considérée comme négligeable et ce comportement serait surtout rencontré chez les jeunes. Les loups sont considérés comme des carnivores vrais.

Cela pourrait cependant expliquer un comportement observé chez les chiens actuels, qui goûtent parfois un fruit ou autre aliment végétal, ce que l’on n’observe pas chez le chat (en dehors de la consommation d’herbe, à des fins médicinales).

Les chiens possèdent en effet une petite quantité de récepteurs du goût répondant aux aliments fruités. Ces récepteurs sont absents chez le chat qui est un carnivore strict (voir à ce sujet mon article Comment donner la meilleure alimentation à son chat).

La répartition en macronutriments de l’alimentation du loup est la suivante :

  • 54 % de protéines ;
  • 45 % de lipides ;
  • 1 % de glucides.

L’évolution a rendu le chien omnivore

Pour parvenir à survivre auprès des hommes et se satisfaire d’une alimentation basée sur la consommation des déchets rejetés par ceux-ci, l’organisme du chien a dû s’adapter progressivement. La sélection naturelle a ainsi privilégié les animaux capables de digérer les amidons présents dans les céréales cultivées par l’homme.

L’apparition de l’agriculture, et donc l’augmentation de la consommation de céréales, coïncide en effet avec le début de la domestication du chien.

La comparaison entre les profils génétiques des chiens et des loups permet de voir quels gènes ont été modifiés au cours de la domestication, et un travail de grande ampleur sur le sujet a été accompli par une équipe de chercheurs suédois. 

Ils ont mis en évidence des différences notamment au niveau de trois gènes impliqués dans la digestion de l’amidon :

  • le gène AMY2B, qui permet de fabriquer une enzyme capable de dégrader l’amidon (une amylase). Le loup en possède 35 copies, le chien 136. Mais la différence ne s’arrête pas là : dans le pancréas du chien, l’enzyme est 38 fois plus exprimée que dans celui du loup. Et son activité est près de 5 fois plus élevée chez le chien que chez le loup.
  • le gène MGAM, qui produit la malatase glucoamylase. Cette enzyme est impliquée dans la seconde étape de la digestion de l’amidon, elle transforme le maltose en glucose. Son expression est 12 fois plus élevée dans le pancréas du chien que du loup.
  • Le gène SGLT1. Après transformation de l’amidon en glucose, la dernière étape de l’assimilation se produit au niveau de la paroi de l’intestin grêle. Le glucose est absorbé grâce à un co-transporteur, SGLT1. L’évolution a modifié sa structure, le rendant plus efficace chez le chien.

Par rapport au loup, le chien a réduit la part des protéines de son alimentation et augmenté celle des glucides. Son profil alimentaire se décline en 30 % de protéines, 63 % de lipides et 7 % de glucides. La plupart des spécialistes considèrent ainsi que le chien est omnivore. 

Une alimentation moins exigeante que le chat

Le chien a hérité de son ancêtre le loup une capacité d’adaptation à des périodes où la nourriture vient à manquer. Contrairement aux chats sauvages qui capturent de façon très régulière tout au long de l’année des proies de petite taille, l’accès à la nourriture n’est pas constant pour le loup. Deux types de période alternent :

  • des périodes fastes, où il s’alimente en quantité extrêmement importante quand la meute est parvenue à tuer un grand herbivore. Un animal peut alors absorber jusqu’à 22 % de son poids en tissus animaux !
  • des périodes de disette où il ne mange quasiment rien. 

Certaines adaptations du métabolisme permettent au loup, et à son descendant le chien, de bien supporter les périodes de famines. La dégradation des protéines est par exemple lente, afin de conserver suffisamment d’azote même en l’absence de nourriture. Ils sont en outre capables de produire certains composés essentiels comme la niacine, la taurine, l’arginine et l’acide arachidonique. Ceci distingue le chien du chat domestique, qui est entièrement dépendant de son alimentation pour satisfaire ces besoins. 

Volga, une de mes chiennes (un beauceron)

Comment choisir la nourriture pour son chien ?

Le profil omnivore du chien offre plus de souplesse pour son alimentation que pour le chat carnivore. Il est envisageable de lui proposer les restes de repas, puisque depuis la nuit des temps, cela correspond à sa manière de s’alimenter. Mais encore faut-il que son propriétaire ait une alimentation saine !

L’intolérance aux céréales à gluten chez le chien

Par ailleurs, il est très important de comprendre que le chien souffre des mêmes problèmes que l’Homme vis à vis des céréales. En effet, comme je le démontre dans mon livre-enquête sur le gluten, le blé a subit de nombreuses transformations génétiques ces dernières années qui l’ont rendu beaucoup moins digeste pour l’être humain. Si cela est vrai pour nous, c’est à fortiori vrai pour le chien.

C’est pourquoi il n’est pas rare que de nombreux chiens aient des intolérances alimentaires aux céréales et notamment aux céréales à gluten. Dans la plupart des cas il s’agit de sensibilités et non d’intolérance au gluten sévère (maladie coeliaque) qui est une maladie auto-immune. Deux races de chiens peuvent toutefois présenter cette maladie auto-immune selon les spécialistes :

  • Le setter Irlandais
  • Le border terrier

Quand une intolérance est présente il y a généralement des symptômes très francs digestifs : diarrhées, douleurs abdominales, amaigrissement. Mais s’il s’agit d’une sensibilité (c’est le plus courant), on rencontre généralement :

  • Rougeurs et démangeaisons
  • Eczéma
  • Fragilité ligamentaire
  • Otites et problèmes aux oreilles

Un chien peut aussi être intolérant au soja, aux produits laitiers ou au maïs; mais si cela est plus rare. C’est néanmoins fréquent avec des croquettes industrielles car ces dernières ne satisfont généralement aux normes sur les allergènes. Ainsi, même un produit sans blé peut contenir du gluten (contamination dans l’usine de fabrication).

L’alimentation BARF

L’alimentation BARF (« Biologically Appropriate Raw Food » qui signifie « Nourriture Crue et Physiologiquement Appropriée ») vise à offrir à l’animal une alimentation naturelle la mieux adaptée à ces besoins, reposant sur des aliments bruts non transformés.

Elle doit contenir :

  • de la viande crue, en veillant à sa qualité afin d’éviter toute contamination bactérienne ;
  • des os charnus. Les os sont sources de calcium, de phosphore et de magnésium. Le chien possède des molaires post-carnassières qui lui permettent de les broyer afin d’en extraire la moelle osseuse riche en lipides.
  • des abats. Les organes internes (cœur, poumons, foie, rate et reins) sont un met de choix particulièrement riches en nutriments.
  • de l’huile. Il convient de privilégier les huiles riches en oméga 3 comme l’huile de colza. Les huiles de poissons, riches en EPA et DHA, sont idéales. 
  • des fruits et légumes réduits en purée.

L’alimentation BARF est une solution saine pour un chien mais comme nous venons de le voir plus haut, il n’est pas obligatoire de donner une alimentation aussi spécifique. En particulier, la viande crue n’est pas obligatoire en grande quantité. Si on veut suivre la notion évolutionniste de l’alimentation du chien, la viande crue représentera plutôt un complément, que l’on donnera aux chiens pendant la préparation de nos propres repas (s’ils contiennent de la viande). La viande cuite qui reste dans l’assiette constituera une deuxième soruc ede protéines animales.

Le coût d’une alimentation BARF peut aussi être relativement élevé, et sa mise en œuvre nécessite un peu de temps. Elle n’est ainsi pas adaptée à chacun.

Quelles croquettes choisir ?

Les croquettes représentent une option très pratique pour nourrir son chien. Il est en revanche crucial de bien les choisir, car la qualité est très variable d’un produit à l’autre. 

  • Contenu en protéines. Il doit se rapprocher des 30%. La viande ou le poisson doit arriver en premier dans la liste des ingrédients. Certaines marques utilisent des poissons sauvages issus de la pêche durable (label MSC). Lorsque la liste d’ingrédients indique « viande et sous-produits d’animaux » associés, ce n’est pas un gage de qualité : rien ne précise la part de l’un et de l’autre.
  • Les matières grasses. Les huiles végétales de soja, tournesol et maïs sont plus riches en acides gras oméga-6 qu’en oméga-3, ce qui n’est pas idéal pour la santé de l’animal. Les graisses animales sont plus riches en EPA et DHA, dont les taux varient selon le mode d’élevage (les poulets élevés en batterie sont moins intéressants que ceux qui ont gambadé à l’extérieur). L’huile de poisson a un profil oméga 6/oméga 3 très favorable. En revanche, il faut savoir que le processus de cuisson des croquettes est toujours nocif pour la qualité des graisses qui s’oxydent.
  • Les glucides. Certaines croquettes s’affichent « sans céréales ». Cette appellation peut laisser penser qu’elles sont plus riches en produits animaux. Ce n’est pas forcément le cas : les amidons de céréales sont simplement remplacés par des amidons d’autres plantes (pommes de terre, patates douces notamment). Ce n’est ainsi pas un gage de qualité, des croquettes sans céréales contenant peu de protéines restent des croquettes à éviter.

Comme pour notre alimentation, privilégier des croquettes certifiées biologiques est un moyen de s’assurer que les végétaux qu’elles contiennent n’ont pas été traités avec des pesticides de synthèse, source de pollution environnementale et que la viande est issue d’animaux élevés dans des conditions plus respectueuses de leur bien-être et de l’environnement.

Il existe de nombreuses sortes de croquettes en vente sur internet. Personnellement celles que j’utilise pour mes chiens sont les croquettes Yarrah bio sans céréales. Les végétaux sont bios et les poissons sont issus de la pêche durable.


Références :

  • Clutton-Brock J.1995. Origins of the dog: domestication and early historyIn: Serpell J (eds).The Domestic Dog, its Evolution, Behavior and Interactions With People Cambridge University Press: Cambridge; 7–20. 
  • Bosch G et al. Dietary nutrient profiles of wild wolves: insights for optimal dog nutrition?. Br J Nutr. 2015;113 Suppl:S40‐S54. 
  • Axelsson E et al. The genomic signature of dog domestication reveals adaptation to a starch-rich diet. Nature. 2013;495(7441):360‐364. 
  • Hewson-Hughes AK et al. Geometric analysis of macronutrient selection in breeds of the domestic dog, Canis lupus familiaris. Behav Ecol. 2013;24(1):293‐304. 

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