Peut-on se faire plaisir en mangeant et être mince ?

La question peut paraître choquante. Pourquoi mange-t-on ? Par plaisir, pour certains. Pour la performance, pour d’autres. Par contrainte, pour une minorité.
Mais si on souhaite garder la ligne, quelle conduite faut-il adopter ? Doit-on se mettre à manger des brocolis vapeur et du poisson bouilli quotidiennement sans jamais pouvoir s’autoriser une pizza ou cette délicieuse glace vanille accompagnée de fruits rouges que vos enfants aiment tant ? Des chercheurs Italiens viennent de publier les résultats d’une étude novatrice pour répondre à cette question.

A l’origine, nous mangeons pour restaurer nos réserves d’énergie mais de nos jours, l’abondance de l’alimentation et des produits industriels « appétissants », amplifie notre consommation « pour le plaisir ». On parle de faim hédonique.
Les mécanismes physiologiques responsables de ce comportement sont mal connus mais des médiateurs du plaisir au niveau du cerveau comme la ghréline et le système endocannabinoïde seraient impliqués. Les chercheurs Italiens ont donc recruté 8 adultes en bonne santé âgés de 21 à 33 ans auxquels ils ont donné un repas composé de leurs aliments préférés dans un premier temps puis, à une deuxième occasion, un repas comportant le même nombre de calories sous forme d’aliments moins appétissants. Le niveau de ghréline et de 2-arachidonoylglycérol, un endoccanabinoïde, ont été mesurés au cours des deux expériences.

La concentration sanguine de ces deux composés a augmenté lors de l’ingestion des aliments favoris mais pas avec les autres aliments. Cette augmentation suggère une activation du système de plaisir et de récompense interne qui peut éteindre le signal de l’appétit, initialement motivé par le besoin énergétique réel.

Les chercheurs déclarent: « La faim hédonique pourrait stimuler fortement la surconsommation alimentaire dans un environnement où les produits hautement appétissants sont omniprésents et contribuer ainsi à l’augmentation de l’obésité. » Le groupe d’étude pense poursuivre ses recherches dans la compréhension de ces mécanismes.

Autrement dit : manger pour le plaisir a tendance à faire grossir. Ces résultats rejoignent les éléments exposés dans un précédent article sur le conditionnement évaluatif, à lire ici. Il est maintenant clairement établi que nous vivons dans un environnement éloigné de notre nature. Pour se préserver nous devons réapprendre à manger en écoutant notre faim et en mangeant des aliments simples, naturels et peu transformés. Le plaisir fait partie intégrante de l’alimentation et doit être présent occasionnellement mais il est important de savoir apprécier des aliments simples et naturels. Le plaisir alimentaire ne doit pas se résumer au goût sucré, aux pizzas ou aux glaces.

Pour aller plus loin sur l’alimentation et la minceur :

paleo2

Référence : Monteleone P, Piscitelli F, Scognamiglio P, Monteleone AM, Canestrelli B, Di Marzo V, Maj M. Hedonic Eating Is Associated with Increased Peripheral Levels of Ghrelin and the Endocannabinoid 2-Arachidonoyl-Glycerol in Healthy Humans: A Pilot Study. J Clin Endocrinol Metab. 2012 Mar 22.

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No Comment

  • mykee  2 juin 2012 at 16 h 24 min

    « Il est maintenant clairement établi que nous vivons dans un environnement éloigné de notre nature. »
    Que pensez-vous alors du régime paléo?
    j’aimerai le tenter pour ma sèche mais la logistique d’un tel changement d’habitude m’effraie un peu.

    (0)
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