Les vaccins à ARN messagers constituent une avancée majeure de la médecine

Vaccin à ARN messager contre la Covid-19 : que faut-il en penser ?

J’ai reçu beaucoup de mails pour me demander mon avis sur le premier vaccin contre la Covid-19. En fait il est assez compliqué de répondre à cette question de façon triviale. C’est pourquoi je vous recommande de lire cet article pour mieux comprendre de quoi il s’agit et vous forger votre propre avis, sans manipulation.

Il reste à ce jour une grosse part d’inconnu autour de la technologie des vaccins à ARN messager. Cet article fera donc l’objet de mises à jour, au fur et à mesure que de nouvelles informations seront disponibles.

À ce jour, pas moins de 180 candidats vaccins pour lutter contre la pandémie de COVID-19 sont recensés par l’OMS. Parmi eux, quelques-uns se démarquent car ils utilisent une technologie à ce jour inédite dans la lutte contre les infections chez l’homme : les vaccins à ARN messager.

Les différentes formes de vaccins

Les vaccins traditionnels sont basés sur l’administration de virus inactivés (contre la poliomyélite par exemple) ou dont la virulence est atténuée (contre la rougeole-oreillons-rubéole ou la gastro-entérite). Certains ne contiennent que des fragments de virus appelés « antigènes », comme le vaccin destiné à enrayer la grippe saisonnière.

Les vaccins à ARNm reposent sur une autre approche, qui utilise nos propres cellules en tant qu’unités de production de protéines virales inoffensives. Nos défenses immunitaires apprennent alors à les combattre et à nous protéger de la maladie.

Les vaccins à ARN messager s'appuient sur une approche différentes de celle des vaccins traditionnels
Les vaccins à ARN messager s’appuient sur une approche différentes de celle des vaccins traditionnels

La vaccination à base d’ARNm, une nouvelle approche dans la lutte contre les virus

Pour comprendre de quelle manière les vaccins à ARNm agissent, une plongée au cœur de nos cellules s’impose.

L’ARNm, le chaînon permettant de passer de l’ADN aux protéines

Une cellule est un espace clos, délimité par une enveloppe qui contient un milieu liquide, le cytoplasme, dans lequel baignent différents compartiments ou organites. Le noyau est l’un de ceux-ci ; il contient la majeure partie de notre patrimoine génétique, porté par la molécule d’ADN qui compose nos chromosomes.

L’ADN contient une multitude de gènes qui portent chacun les données nécessaires à la fabrication des protéines composant notre organisme. Mais pour y parvenir, un intermédiaire est nécessaire : l’ARN messager, ou ARNm. Celui-ci est une copie de l’information contenue sur un gène. Une fois fabriqué dans le noyau de la cellule, il peut s’en échapper grâce à sa petite taille, alors que la longue molécule d’ADN y est séquestrée.

L'information génétique portée par un gène est copiée sous forme d'ARNm, qui quitte le noyau de la cellule pour atteindre le cytoplasme
L’information génétique est copiée sous forme d’ARNm, qui quitte le noyau de la cellule pour atteindre le cytoplasme

L’ARNm atteint alors le cytoplasme de la cellule, où il va être pris en charge au niveau de petites structures, les ribosomes, pour être décodé et permettre la fabrication d’une protéine donnée.

L’ensemble des êtres vivants, de la plus simple bactérie au plus complexe des animaux, en passant par les plantes, sont ainsi dotés de matériel génétique qui leur permet de fabriquer des protéines. Les virus, malgré leurs singularités, n’échappent pas à cette règle. Ce sont ces similitudes qui ont rendu possible la vaccination à base d’ARNm.

Les vaccins à ARNm ne reposent pas sur l’injection d’agents infectieux

Pour élaborer un vaccin à ARNm, il est tout d’abord nécessaire de sélectionner une protéine du virus à combattre, le SARS-CoV-2 en l’occurrence. La plupart des équipes de recherche qui travaillent à la mise au point d’un vaccin ont retenu la protéine Spike. Elle est présente à la surface du virus, au niveau de son enveloppe, et lui permet de s’attacher aux cellules pour les infecter.

Le SARS-CoV-2 possède une protéine, dite Spike, qui lui permet de s'accrocher aux cellules
Le SARS-CoV-2 possède une protéine, dite Spike, qui lui permet de s’accrocher aux cellules

Une fois la séquence d’ARNm correspondant à cette protéine obtenue, les équipes ont pu élaborer une forme synthétique et optimisée en laboratoire. Empaquetée dans de minuscules particules lipidiques pour éviter qu’elle ne soit dégradée une fois injectée dans le corps humain, elle peut être prélevée par les cellules.

L’ARNm est alors décodé par notre machinerie cellulaire et transformé en protéine Spike. Une fois rejetées à l’extérieur des cellules, les protéines virales n’échappent pas à la vigilance de nos cellules immunitaires qui patrouillent sans relâche. L’organisme élabore une réponse immunitaire, notamment en produisant des anticorps, face à ces intruses.

En cas d’infection par le virus, ses protéines de surface sont rapidement reconnues, initiant une réaction immédiate des cellules de défenses, tout du moins tant que la mémoire immunitaire persiste.

La pandémie de Covid-19 relance l’intérêt pour l’ARNm

Dès 1990, le journal à comité de lecture Science présentait des résultats d'expérience concluants autour de l'ARNm
Dès 1990, le journal à comité de lecture Science présentait des résultats d’expérience concluants autour de l’ARNm

L’idée d’administrer de l’ARNm dans un organisme pour lui faire produire une protéine remonte à une trentaine d’années. Le premier succès qui a acté la validité de cette approche a été obtenu chez la souris en 1990.

Une poignée d’études ont alors suivi, avec des résultats prometteurs ; pourtant, l’engouement est resté modéré à cette époque. Dans ce champ de la recherche médicale, les efforts se sont plutôt concentrés sur l’usage thérapeutique de l’ADN ou des protéines pour la mise au point de vaccins. Un choix notamment lié au manque de stabilité de la molécule d’ARNm et à la difficulté de la délivrer dans l’organisme. Les techniques se sont cependant affinées au cours des dix dernières années.

Un nouveau paradigme pour l’ARNm

Dans le contexte de l’épidémie de SARS-CoV-2, les vaccins à ARNm sont les premiers à avoir été homologués par les autorités de santé. En effet, ces derniers se trouvent être plus rapides à concevoir que leurs équivalents traditionnels, à grande échelle et pour un coût accessible. C’est pour cette raison que plusieurs laboratoires ont décidé de miser sur l’ARNm, en dépit du manque d’expérience autour de cette technologie.

Plusieurs candidats vaccins à base d’ARNm dans la course

Six des candidats vaccins les plus aboutis contre la COVID-19 reposent sur l’utilisation d’ARNm. Ils présentent certaines spécificités, notamment des contraintes particulières de stockage en raison de leur fragilité. L’un d’eux doit être conservé à – 70°C, ce qui représente un véritable défi logistique. Ils nécessitent également deux injections à quelques semaines d’intervalle pour être efficaces.

En raison de leur fragilité, les vaccins à ARNm doivent être conservés à basse température
En raison de leur fragilité, les vaccins à ARNm doivent être conservés à très basse température

Les évaluations des laboratoires avancent un taux d’efficacité élevé

Les premières données publiées par les laboratoires Pfizer/BioNTech et Moderna font mention de taux d’efficacité très élevés, qui peuvent revêtir l’allure d’une certaine surenchère.

Il faut garder à l’esprit que ces chiffres proviennent des laboratoires, et n’ont pas la même valeur que des études indépendantes. Le vaccin Pfizer/BioNTech est le premier à avoir été autorisé par l’Union Européenne, et certains points de l’essai clinique de phase 3 méritent d’être observés de plus près.

Les chiffres communiqués par le laboratoire Pfizer font mention d’un taux d’efficacité très élevé
Les chiffres communiqués par le laboratoire Pfizer font mention d’un taux d’efficacité très élevé

Le rapport de l’essai clinique de Pfizer/BioNTech indique une efficacité de 95% à partir de 28 jours après l’injection de la première dose. 170 cas de Covid-19 ont été constatés, dont 162 dans le groupe placebo et 8 dans le groupe ayant reçu le vaccin. Cela signifie que, même si la probabilité est faible, une personne vaccinée peut tout de même contracter la maladie. Une forme grave reste également possible, de manière exceptionnelle.

Un protocole d’essai imparfait

Dès novembre 2020, Peter Doshi écrivait un article d’opinion sur BMJ pour remettre en cause certains éléments de l’essai clinique de phase 3, et pour inciter à la prudence par rapport à l’efficacité du vaccin annoncée par Pfizer.

L’une des grosses failles du protocole est liée au fait que les symptômes de la Covid-19 sont pour partie communs avec certains des effets secondaires courants du vaccin. Selon Peter Doshi, on peut légitimement suspecter que cette possible confusion ait conduit à sous-estimer dans de grandes proportions le comptage des contaminations au sein du groupe vacciné.

La durée de la protection reste inconnue

Les essais cliniques ont été réalisés dans des conditions optimales et dans un délai relativement court. De ce fait, la durée de la protection vaccinale est à ce jour inconnue.

Il n’existe pas encore de consensus à ce sujet, mais deux études mettent en évidence une faible baisse d’activité des lymphocytes B et T, 6 à 8 mois après avoir contracté la Covid-19. Ces données suggèrent la possibilité d’une immunité relativement longue. Des études supplémentaires seront nécessaires pour confirmer ou infirmer cette supposition.

La protection conférée par la vaccination n’est pas meilleure que celle de la primo-infection

La finalité du vaccin peut se résumer à la production par l’organisme d’anticorps aptes à lutter contre la maladie, si elle survient. Ces anticorps ne sont pas plus performants que ceux qui sont naturellement créés par le système immunitaire lors d’une infection à la Covid-19, et il ne faut donc pas attendre une protection supérieure de la part de la vaccination.

En d’autres termes, la vaccination est peu pertinente chez les personnes ayant déjà contracté la maladie.

Les essais sont peu significatifs pour les personnes âgées

En France, la stratégie vaccinale consiste à administrer le vaccin en priorité aux personnes âgées, dont la condition représente un facteur de comorbidité élevé. Il apparait pourtant que les essais n’ont pas été dimensionnés pour évaluer la vaccination auprès de cette population, puisque les chiffres communiqués par Pfizer/BioNTech montrent un degré d’incertitude élevé chez les personnes âgées.

Le journal indépendant Prescrire détaille avec précision la crédibilité de chacun des chiffres avancés par Pfizer/BioNTech concernant l’efficacité du vaccin. Ses conclusions se montrent nettement plus prudentes que le discours des autorités de santé.

Les chiffres des essais sont peu significatifs pour les personnes âgées
Les chiffres des essais sont peu significatifs pour les personnes âgées

Les vaccins sont globalement moins efficaces chez les personnes âgées

Par ailleurs, la vaccination présente une moindre efficacité chez les personnes âgées, de manière générale. Ce phénomène est notamment dû à l’immunosénéscence, qui correspond à une dégradation avec l’âge de la réactivité et de l’ampleur de la réponse immunitaire face à une infection.

Avec le vieillissement, l’activité des neutrophiles et des macrophages impliqués dans l’immunité innée diminue. La reconnaissance des antigènes est elle aussi altérée, ce qui se traduit par une moindre adaptabilité du système immunitaire lorsqu’un pathogène se présente.

De nombreux facteurs de comorbidité, souvent présents dans la population âgée, conduisent elles aussi à l’affaiblissement de l’immunité. On rencontre notamment fréquemment des maladies chroniques comme par exemple l’hypertension ou la polyarthrite rhumatoïde, qui provoquent un état inflammatoire permanent.

Les carences vitaminiques, souvent liées à un état de dénutrition, s’ajoutent elles aussi aux facteurs qui impactent négativement la réponse immunitaire.

Or le principe de la vaccination repose justement sur cette capacité à provoquer une réponse immunitaire : on parle d’immunogénicité. Cette dernière a notamment été beaucoup étudiée pour les différentes versions des vaccins contre la grippe, et on sait que l’immunogénicité de la vaccination chez les personnes âgées n’est que de 30 à 40% par rapport à celle d’une population jeune.

Les personnes âgées répondent plus faiblement à la vaccination (ici dans le cas du vaccin contre la grippe)
Les personnes âgées répondent plus faiblement à la vaccination (ici dans le cas du vaccin contre la grippe)

Le vaccin est-il efficace contre les variants de la Covid-19 ?

Comme tout virus, le SARS-CoV-2 évolue. Les mutations sont favorisées par la très grande dispersion du coronavirus dans la population mondiale, et deux variants particulièrement contagieux ont été identifiés récemment : le variant anglais N501Y et le variant sud-africain E484K.

Dans la mesure où les mutations sont inévitables, on peut se demander si la protection offerte par le vaccin s’applique également sur les variants du virus. Il s’agit là d’une question épineuse, puisque les mutations ne sont pas prévisibles. Rien ne garantit donc que ce vaccin sera nécessairement efficace sur les variants à venir, en particuliers dans le cas de mutations qui concerneraient la protéine Spike.

Les données actuelles sont toutefois plutôt rassurantes, puisqu’une étude a montré l’efficacité du vaccin Pfizer contre 16 variants, dont N501Y et E484K. Par ailleurs, la technologie de l’ARN messager permet une adaptation rapide des vaccins au besoin, et on estime à environ 6 semaines le temps nécessaire au développement d’une nouvelle version adaptée à des hypothétiques futurs variants.

Néanmoins cela pose aussi d’autres questions : que se passe-t-il si on se retrouve avec des milliers de variants différents sur la planète ? Faudra-t-il que nous nous injections des centaines de vaccins différents pour un seul virus ? Cela ne semble pas réaliste.

La forte dispersion du virus dans la population favorise l'apparition de nouveaux variants
La forte dispersion du virus dans la population favorise l’apparition de nouveaux variants

Les risques potentiels des vaccins à ARN messager

L’usage de vaccins à base d’ARNm à grande échelle est sans précédent, et cette absence de recul suscite des inquiétudes légitimes chez une grande partie de la population. Comme dans le cas de tout nouveau médicament, il faut s’attendre à faire face à un certain nombre de risques.

Des réactions immédiates indésirables fréquentes

L’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) a publié une liste des effets secondaires constatés après l’administration du vaccin. Ils sont classés par fréquence :

Effets indésirables très fréquents : ≥ 10%

  • Douleur, gonflement au site d’injection
  • Fatigue
  • Maux de tête
  • Douleurs musculaires (myalgies)
  • Frissons
  • Douleurs articulaires (arthralgies)

Effets indésirables fréquents : ≥ 1% à <10%

  • Rougeurs au site d’injection
  • Nausées

Effets indésirables peu fréquents : ≥ 0,1% à <1%

  • Douleurs aux extrémités
  • Gonflement des ganglions lymphatiques (lymphadénopathie)
  • Insomnies
  • Malaise
  • Prurit au site d’injection

Effets indésirables rares : ≥ 0,01% à <0,1%

  • Paralysie faciale (paralysie de Bell) ; la relation de cause à effet avec le vaccin n’est toutefois pas formellement établie à ce stade.

Des réactions allergiques peuvent également survenir, probablement en raison de la présence de polyéthylène glycol dans les nanoparticules lipidiques que contient le vaccin. Ce composé n’est cependant pas nouveau ni spécifique à ce vaccin, puisqu’il est couramment utilisé en médecine pour lutter contre la constipation.

Le polyéthylène glycol est intégré au vaccin sous la forme d’ALC-0159 (2-[(polyéthylène glycol)-2000]-N,N-ditétradécylacétamide)
Le polyéthylène glycol est intégré au vaccin sous la forme d’ALC-0159
(2-[(polyéthylène glycol)-2000]-N,N-ditétradécylacétamide)

Beaucoup moins d’effets secondaires observés en réalité !

Avec l’arrivée d’un nouveau vaccin utilisant une technologie nouvelle dans un délai aussi court, et dans un contexte où l’enjeu économique est énorme, on est en droit de se demander si les effets secondaires constatés dans les études n’ont pas été minimisés afin de pousser à la vente du vaccin.

Ceci d’autant plus que Pfizer est un laboratoire pharmaceutique qui possède un passif très critiquable : ainsi en 1996, Pfizer aurait mené des essais cliniques illégaux en Afrique, consistant à tester illégalement de la trovafloxacine (antibiotique) qui laisseront de nombreux enfants gravement malades.

Sur le plan fiscal également, le comportement de Pfizer n’est pas exemplaire avec la volonté de mettre en place des systèmes complexes afin de faire de l’évasion fiscale massive. La dernière tentative aura été empêchée par le gouvernement américain sous Obama.

Malgré ces éléments, les données actuelles relevées sur le terrain sont en réalité très rassurantes puisqu’on observe encore moins d’effets secondaires à court terme que dans l’essai clinique mené par le laboratoire !

Le CDC (Centers for Disease Control and Prevention) réalise une surveillance des effets secondaires constatés à partir du début de la campagne de vaccination avec le vaccin Pfizer/BioNTech.

Au bout de 5 jours de vaccination, 112807 premières injections ont été réalisées. 6 cas de choc anaphylactique ont été recensés, ce qui représente un risque extrêmement rare (0,005%). Une surveillance de 15 minutes est effectuée après l’injection du vaccin, pour permettre au personnel soignant de prendre en charge ces cas.

Sur la même période, 3150 personnes ont présenté des effets secondaires suffisamment marqués pour impacter la vie quotidienne, comme typiquement une incapacité de travail. Ces effets secondaires fréquents correspondent à ce qu’on pourrait globalement qualifier d’état grippal. La fréquence constatée (2,79%) est à mettre en regard de la fréquence des effets secondaires fréquents annoncés par l’ANSM et la notice du vaccin (>10%). Ces chiffres montrent que les effets secondaires fréquents sont majoritairement sans gravité.

Les effets secondaires les plus fréquents du vaccin à ARN messager pour la covid 19 peuvent être qualifiés d'état grippal
Les effets secondaires les plus fréquents peuvent être qualifiés d’état grippal

Le 14 janvier, l’agence norvégienne du médicament recensait 23 cas de décès imputés à la vaccination. 13 de ces cas ont été analysés et il apparait que les décès concernent des personnes âgées et très affaiblies, qui étaient en fin de vie et qui n’ont pas supporté les effets secondaires du vaccin Pfizer :

« Pour les personnes les plus fragiles, même des effets secondaires relativement légers peuvent avoir de graves conséquences » […] « Pour ceux qui ont une durée de vie restante très courte de toute façon, le bénéfice du vaccin peut être marginal ou non pertinent. »

Institut norvégien de la santé publique

Des effets sur le long terme méconnus

Les éventuels effets à plus long terme restent à ce jour méconnus. Certains vaccins sont suspectés d’augmenter le risque de maladies auto-immunes comme le syndrome de Guillain-Barré. On ne dispose à ce jour pas de données permettant de l’affirmer ou de l’écarter pour les vaccins à ARNm.

Dans certains cas, la présence d’anticorps générés par une vaccination ou une infection antérieure peut exacerber les signes d’une maladie. Ce phénomène appelé aggravation dépendante des anticorps (ADE) a été mis en évidence pour différents virus, dont le SARS-CoV-1, proche du coronavirus actuel.

Les vaccins à ARN peuvent-ils modifier notre patrimoine génétique ?

Certaines préoccupations sont par ailleurs liées à la nature même de ce vaccin, qui repose sur l’administration de matériel génétique. Ne pourrait-il pas modifier notre ADN ? Les conditions pour y parvenir sont nombreuses. L’ARNm injecté devrait tout d’abord atteindre le noyau de la cellule, puis être transformé en ADN par une enzyme spécifique, la transcriptase inverse. Certains virus (les virus à ARN comme le VIH) disposent de ce type d’enzyme pour insérer leur matériel génétique dans celui de leur hôte.

Cependant, nos cellules pourraient également être dotées de cette capacité, comme le mentionne une étude très récente :

« Même si le risque d’intégration génomique est largement considéré comme nul et ne constitue pas un problème de sécurité biologique, les cellules eucaryotes se sont avérées capables de fournir, dans une certaine mesure, une activité de transcription inverse. Des recherches supplémentaires sur cette activité de transcription inverse eucaryote, dans le contexte de la vaccination par ARN, pourraient être intéressantes pour la communauté scientifique. »

François Meurens

Faut-il craindre des effets à long terme avec les vaccins à ARNm ?

Dit autrement, on ne sait pas vraiment s’il existe un risque pour la santé à long terme avec ces vaccins, tout simplement car c’est la première fois qu’on les utilise.

Même si l'impact sur l'ADN est très improbable, on ne connait pas vraiment les effets à long terme du vaccin à ARNm
Même si l’impact sur l’ADN est très improbable, on ne connait pas vraiment les effets à long terme du vaccin à ARNm

Est-il préférable d’attendre un vaccin conventionnel contre la Covid-19 ?

Au vu des nombreuses inconnues qui règnent autour des vaccins à ARNm, les personnes qui souhaitent se faire vacciner peuvent s’interroger sur la pertinence d’attendre la mise sur le marché d’un vaccin concurrent basé sur une technologie classique, plus éprouvée.

Le laboratoire français Sanofi travaille sur deux vaccins en parallèle

En France, le laboratoire Sanofi travaille sur deux vaccins basés sur des technologies différentes. Alors que l’un d’eux repose sur l’approche de l’ARNm, le second utilise la technologie des protéines recombinantes. Ce type de vaccin est déjà éprouvé, puisqu’il est déjà utilisé notamment pour les vaccins contre l’hépatite B et le papillomavirus, ainsi que pour un vaccin contre la grippe.

Le programme de vaccin à protéine recombinante prend du retard

Sanofi a annoncé un retard dans le programme de ce vaccin, en raison d’une réponse immunitaire considérée comme insuffisante chez les plus de 50 ans lors des essais intermédiaires. Cette observation est particulièrement bloquante dans la mesure où l’âge constitue un facteur de comorbidité important face à la Covid-19.

Toutefois, les méthodes d’ajustement du dosage d’antigènes sont déjà connues pour ce type de vaccin, et Sanofi entrevoit une probable mise sur le marché à la fin de l’année 2021.

Un vaccin à protéine recombinante est-il plus sûr qu’un vaccin à ARN messager ?

Les vaccins à protéine recombinante contiennent des adjuvants

Au contraire des vaccins à ARN messager, le vaccin à protéine recombinante nécessite l’ajout d’un adjuvant. Celui-ci exerce un rôle agressif qui stimule le système immunitaire et augmente sa réponse face à l’antigène, ce qui est nécessaire pour assurer la protection vaccinale attendue.

Par le passé les adjuvants utilisés ont pu être des dérivés de l’aluminium ou du mercure (thiomersal), ayant suscité de nombreuses inquiétudes et déclenchés des maladies ou intoxications selon certains.

Les effets secondaires communément attribués aux adjuvants participent fortement à la méfiance que suscite la vaccination. Le vaccin contre l’hépatite B, qui utilise lui aussi la technologie de protéine recombinante, a en particulier été suspecté de provoquer des maladies liées à la démyélinisation du système nerveux, telles que la sclérose en plaque et la névrite optique. Cette controverse a donné lieu à de nombreuses études, qui concluent à l’absence de causalité entre le vaccin contre l’hépatite B et les effets secondaires supposés.

Néanmoins, comme on sait que ni l’aluminium ni le mercure ne sont bons pour la santé, il semble évident qu’un risque potentiel peut exister dans certaines circonstances. Cela n’est pas le cas avec un vaccin à ARN comme celui de Pfizer qui ne contient pas ces adjuvants.

A ce jour, nous manquons de recul sur les éventuels effets secondaires à moyen et à long terme de chacun des vaccins contre la Covid-19, et il est donc impossible de se prononcer sur la supériorité d’une technologie par rapport aux autres.

À titre personnel je pense néanmoins que le fait de ne pas avoir besoin d’utiliser d’adjuvants agressifs est une très bonne chose.

Les vaccins classiques contiennent des adjuvants agressifs pour le système immunitaire
Les vaccins classiques contiennent des adjuvants agressifs pour le système immunitaire

Que penser du vaccin à ARN messager contre la Covid-19 ?

Les données actuellement disponibles laissent penser que le vaccin semble efficace, au moins auprès des jeunes. Malheureusement, l’âge est un facteur de risque très important, et c’est donc à la population âgée que le vaccin serait le plus profitable. La durée de l’immunité reste inconnue et cette incertitude fait également partie des limites potentielles de cette vaccination.

Toujours d’après les données fournies par les laboratoires, les effets secondaires à court terme semblent majoritairement bénins. Toutefois les éventuels effets secondaires à moyen et à long terme restent inconnus.

Ces éléments ne permettent que difficilement d’évaluer la balance bénéfice/risque de la vaccination contre la Covid-19, en fonction des facteurs de risque individuels. C’est encore plus vrai si l’on tient compte de l’absence d’essai clinique indépendant pour attester de la neutralité et de l’objectivité de données.

Il est en outre important de garder à l’esprit que la vaccination n’empêche pas la propagation du virus. Il serait donc illusoire d’attendre de ce vaccin qu’il stoppe l’épidémie. L’existence d’un vaccin et l’éradication d’un virus sont deux choses bien différentes.

Pour récapituler, si on considère que :

  • le vaccin n’empêche pas la propagation du virus ;
  • l’efficacité du vaccin est encore incertaine chez les personnes âgées (qui sont les plus à risque de complications et de décès), mais il est peu probable que l’immunité procurée par le vaccin auprès de cette population soit aussi élevée que chez les jeunes ;
  • la durée de la protection vaccinale est elle aussi encore inconnue.

Alors on peut douter de l’avantage réel de ce vaccin. Les seuls cas où un intérêt semble évident serait celui des personnes jeunes qui présentent un risque de complication de la Covid-19 (par exemple un jeune adulte diabétique).

Enfin, l’existence du vaccin ne doit pas occulter d’autres éléments très importants :

  • le manque de lits dans les hôpitaux et de soignants pour prendre en charge les malades (n’oublions pas qu’il ne s’agit que d’un coronavirus, comment gèrerons-nous une peste ou une autre maladie plus grave et plus contagieuse comme en a connu notre histoire ?) ;
  • l’amélioration de la prise en charge et des traitements en cas d’infection déclarée afin de limiter les risques de séjour en soins intensifs ;
  • les actions pour diminuer les facteurs de risque de complication dans la population (promouvoir la supplémentation en vitamine D, lutter contre les aliments industriels et la malbouffe, inciter à la pratique de l’exercice physique régulier pour renforcer l’immunité, etc).

Références

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