La vitamine D pourrait-elle être efficace dans la prévention du cancer ?
Modifié le 14 janvier 2025
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Il est un fait acquis que la vitamine D joue un rôle majeur dans le fonctionnement du système immunitaire. Il est donc légitime de chercher à évaluer l’impact de cette vitamine sur l’incidence d’une des premières causes de mortalité : le cancer.
Incidence du cancer dans la société moderne
Le cancer se caractérise par la prolifération de cellules anormales, qui échappent aux mécanismes de contrôle de l’organisme.
En France, les tumeurs malignes, d’origine cancéreuse, constituent la première cause de mortalité chez les hommes. Elles arrivent en seconde position chez les femmes, juste après les maladies de l’appareil circulatoire. Si le taux de mortalité tend à baisser depuis une trentaine d’années, le taux d’incidence des cancers est au contraire en augmentation. On observe également un accroissement des cas de cancer au niveau mondial.
Les causes estimées regroupent l’augmentation et le vieillissement global de la population, mais aussi une dégradation des modes de vie. La qualité de l’alimentation est notamment en cause.
Ces données mettent en lumière l’importance cruciale d’une démarche préventive face à ce type de maladies.
Vitamine D et cancer
Souvent citée au sujet de la minéralisation osseuse ou de la régulation du calcium et du phosphore, la vitamine D est une prohormone qui intervient sur un spectre particulièrement vaste. Ainsi la vitamine D3 est activée sous forme de calcitriol, qui opère l’activation de nombreux gènes directement liés à l’immunité.
C’est au travers de cette capacité à activer le système immunitaire que la vitamine D favorise la résistance aux infections virales et bactériennes.
Mais son action ne s’arrête pas là, puisque la vitamine D3 est également impliquée dans les processus biologiques inhérents à la prolifération et à la différenciation des cellules dans les tissus sains, ainsi que dans le mécanisme de mort cellulaire (apoptose) des cellules tumorales. Le lien entre la vitamine D et le cancer apparait dès lors comme évident.
Efficacité de la vitamine D dans la prévention du cancer
Dès 1980, les frères Cedric F. et Frank C. Garland observaient que la mortalité par cancer du côlon était plus élevée dans les régions américaines les moins exposées au soleil. Ce constat est corroboré par plusieurs autres études plus récentes, qui évaluent la corrélation entre l’exposition aux rayonnements UVB solaire et l‘incidence de différents cancers.
En toute logique, le lien entre la concentration sanguine en vitamine D et le risque de cancer n’a pas tardé à être observé de manière plus directe. Ce lien est particulièrement marqué dans le cas du cancer du foie, même s’il existe également pour d’autres formes de cancer comme le cancer colorectal, le cancer du pancréas, du poumon, de la prostate ou encore du sein.

Réduction du risque de différents types de cancer selon la concentration sanguine de vitamine D.
Le polymorphisme du gène VDR : nous ne sommes pas tous égaux face au risque de cancer
Face au risque de cancer, une autre facette des mécanismes de la vitamine D revêt une importance notable. En effet la vitamine D n’agit pas seule, mais conjointement avec un récepteur spécifique qui en détermine l’action.
Ainsi le polymorphisme du gène VDR (Vitamin D Receptor), c’est-à-dire sa variation au sein de la population, module la réponse de l’organisme au calcitriol. Il s’agit là d’un facteur génétique qui détermine de manière individuelle l’ampleur de l’effet anti-cancer de la vitamine D.
Par exemple, des chercheurs ont identifié une variation spécifique du gène VDR, appelée polymorphisme BsmI, qui pourrait réduire le risque de cancer colorectal. Cette variation génétique est définie par trois génotypes possibles : BB, Bb ou bb, selon les deux copies du gène héritées des parents. Les personnes portant le génotype BB présentent un risque significativement plus faible de développer ce cancer, comparées à celles ayant le génotype bb.
Les études suggèrent également une influence différente du gène VDR selon le type de cancer. Les associations les plus solides entre les polymorphismes du gène VDR et les cancers ont été observées pour le cancer du sein, de la prostate, du côlon, de la peau, de l’ovaire, de la vessie et le carcinome rénal.
Compléments alimentaires ou vitamine D naturelle
Plusieurs études aboutissent à la conclusion que le recours aux compléments alimentaires de vitamine D3 n’apporte pas de gain statistiquement significatif quant au risque d’apparition d’un cancer. Ce résultat est étonnant et contre-intuitif, puisqu’il s’oppose aux conclusions des études sur la production naturelle de vitamine D3 par exposition aux UVB solaires.
Il faut bien réaliser une chose : qu’elle provienne de réactions biochimiques endogènes ou d’un complément alimentaire, il s’agit très exactement de la même molécule !
Au-delà de l’effet de surprise, ce type de divergence entre les études se trouve être en réalité très intéressant. Il amène en effet à s’interroger sur la cause d’un tel écart ; on analyse alors avec soin les protocoles des études pour essayer de déceler une différence probante.
Supplémentation en vitamine D3 : la question du dosage
Cette fameuse différence ne tarde pas à se montrer : les doses de vitamine D3 s’avèrent être très différentes d’une étude à l’autre !
Une méta-analyse sur la supplémentation en vitamine D3 en prévention du cancer du sein a par exemple compilé les données de huit études, et a relevé un dosage allant de 400 à 3704 UI par jour, avec une dose médiane de 967 UI. C’est 15 fois moins que ce que l’organisme peut produire en un quart d’heure d’exposition au soleil, dans des conditions optimales. En pratique, les doses idéales de vitamine D dépendent du poids de l’individu et sont globalement nettement plus élevées.
A l’heure où les spécialistes mondiaux s’accordent à dire que les organisme de santé officiels sous-évaluent fortement les besoins réels en vitamine D, il n’est pas très étonnant que les dosages de supplémentation retenus lors des études puissent avoir été eux aussi très fortement sous-évalués.
Il est dès lors logique d’avancer que cette différence de dose peut directement expliquer la divergence des résultats constatés d’une étude à une autre.
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