Je vous assure que mon chat n’est pas un meuble !

Qu’est-ce qu’un article sur mon chat peut bien avoir à faire avec la nutrition et la santé ? Laissez-moi vous l’expliquer…

Torturer et abandonner son animal en toute impunité

C’est possible ! C’est d’ailleurs ce qui se passe chaque jour en France. Des milliers d’animaux, en particulier de chiens et de chats, sont abandonnés par leurs propriétaires, soit pour cause de départ en vacances, pour cause de déménagement ou tout simplement parce qu’ « on n’a plus envie de s’en occuper ».

Ces animaux viennent grossir les rangs des refuges et de la SPA qui leur cherchent une famille d’acceuil. Lorsque les associations n’en trouvent pas ces animaux sont généralement piqués, faute de moyens financiers pour pouvoir les garder. Vous imaginez un peu faire ça avec un enfant ?

Et que dire des animaux dont les maîtres n’ont que faire, qui les ont pris sur un coup de tête, qui les laisse souffrir ou qui ne les soigne pas parce qu’ils ont pris un animal sans avoir les moyens financiers de s’en occuper ?

Evidemment il y a aussi ceux qui torturent les animaux « pour le plaisir » ou qui les frappent pour se défouler. Ils peuvent y aller, ils ne risquent pas grand chose. En effet, la loi est très clémente.

Un animal n’est pas un être vivant

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le code civil français. Ce dernier stipule en effet dans son article 528 que les animaux sont « des biens meubles » pouvant se mouvoir par eux-même. Et cela bien que la science a prouvé l’aptitude des animaux à ressentir de la peine, du plaisir ou de la douleur. Voici une photo de mon meuble :

Akuma-01

Du coup, un bien étant un objet, il est assez facile de lui enlever un pied, changer un tiroir ou le lustrer sans rendre de compte à personne.

Conscient de l’aberration la loi mentionne tout de même dans le code pénal à l’article 521 que toute personne commettant un acte de cruauté ou de maltraitance sur un animal peut être condamné d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 30 000 euros. Mais avec l’état des prisons françaises et les moyens de la justice actuelle on se doute que ces peines ne sont jamais appliquées : prévoyez quelques centaines d’euros pour arracher les yeux de tous les matous du quartier en les laissant mourir dans une mare de sang.

 Philosophes, écrivains, historiens, scientifiques contre l’absurdité

Fortes de ces absurdités, les associations pour la protection animale essayent depuis longtemps de faire réviser la loi pour que les animaux ne soient plus considérés comme des « choses ».

24 personnalités, parmi lesquelles les philosophes Elisabeth de Fontenay, Michel Onfray, Edgar Morin et Florence Burgat, l’éthologue et neuropsychiatre Boris Cyrulnik, l’astrophysicien et président de Humanité et Biodiversité, Hubert Reeves, Luc Ferry, l’écrivain Erik Orsenna de l’Académie française et Matthieu Ricard, moine bouddhiste et docteur en génétique cellulaire ont donc signé la pétition de la fondation 30 millions d’amis qui revendique « une évolution du régime juridique de l’animal dans le code civil reconnaissant sa nature d’être sensible ». Les signataires demandent « que les animaux bénéficient d’un régime juridique conforme à leur nature d’êtres vivants et sensibles […] et qu’une catégorie propre leur soit aménagée dans le code civil entre les personnes et les biens ».

Les 24 signataires rappellent que si « les animaux ne sont pas des êtres humains, ce n’est pourtant pas la proclamation d’une dignité métaphysique, mais certains attributs – capacité à ressentir le plaisir et la douleur notamment – que les humains partagent avec au moins tous les vertébrés, qui enracinent les droits les plus fondamentaux ».

Ré-apprenons à respecter la nature, les animaux et notre planète

Je me souviens que déjà au lycée, nous avions un cours de vivisection en biologie. Intimidés par le scalpel on nous apprenait déjà de cette manière que les êtres vivants autres que les humains n’ont aucun droit et que nous pouvons en faire ce que bon nous semble. Est-ce vraiment normal de disséquer des animaux lorsque c’est passablement inutile? Aurais-je été un moins bon étudiant sans cours de vivisection ?

Et puis, pourquoi serions-nous autorisé à disséquer un rat mais pas un chat ? Pourquoi un certain nombre d’entre nous sommes indignés lorsqu’on mange du cheval mais pas lorsqu’on mange une vache ?

Avons-nous oublié que l’homme est le responsable du plus grand taux de disparitions d’espèces vivantes jamais enregistré sur notre planète ? Entre 17 000 et 100 000 espèces disparaissent chaque année d’après le CNRS et l’homme serait à l’origine d’une sixième crise biologique majeure. Se pourrait-il que notre manque de respect et de considération pour les animaux, et les êtres vivants d’une manière plus générale, y soit pour quelque chose ?

Serions-nous capable de mener une agriculture intensive comme celle que nous avons actuellement si nous respections les animaux ? Serions-nous capables de passer les poussins mâles dans des broyeuses (inutiles car ne pouvant pas pondre des œufs) comme c’est le cas dans certains élevages ? D’entasser des poules dans des cages et dans des hangars sans jamais voir la lumière du jour ?

Je pense que cette modification du code civil pourrait être un premier pas vers la reconnaissance générale des animaux et vers l’apprentissage du respect de notre environnement. Faites moi part de vos avis dans les commentaires et n’hésitez pas à partager cet article avec vos amis.

Cliquez ici pour signer la pétition.

Julien & son chat, Akuma

KA8A0039

 

 

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12 Response Comments

  • Guillaume  23 décembre 2014 at 0 h 38 min

    Cher Julien,

    Si je suis d’accord avec la nécessité d’une évolution de la législation en ce qui concerne les animaux, je me dois de souligner une erreur dans votre article.
    En effet, le code civil ne dit pas qu’un animal est un meuble dont le sens où vous vous l’entendez. Ce terme a en Droit un sens différent du sens courant, on parle en Droit de « meuble meublant » (voir article 534 du Code civil) pour désigner les meubles au sens courant du terme.
    Un bien meuble par nature, au sens juridique, par opposition aux biens immeubles, est un bien qui n’est pas rattaché au sol, qui peut être déplacé ou qui peut se mouvoir. Votre ordinateur, vos vêtements, votre stylo, vos aliments, votre voiture, ou je ne sais quel autre exemple sont des meubles au sens juridique du terme. Le Code civil ne considère pas votre chat comme une armoire.
    D’ailleurs, un animal est parfois considéré comme un immeuble par destination comme dans l’article 524 du Code civil concernant l’exploitation d’un fonds. Non, le Code civil ne considère pas les lapins de garennes comme des tours HLM ;).

    Par contre, ça n’enlève rien au fond de l’article, les animaux sont effectivement considérés comme des biens, même si on leur applique un régime spécial.
    Un régime qui leur serait propre pourrait constituer une évolution importante à condition qu’il soit bien rédigé (c’est pas gagné, le législateur a déjà du mal à rédiger des lois correctement, alors ne parlons pas d’importantes modifications du Code civil, qui mériterait pourtant bien une ré-écriture générale – il date de 1804 quand même) et…

    (2)
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  • Guillaume  23 décembre 2014 at 0 h 39 min

    — Mon commentaire a été coupé – la suite : —
    qu’il apporte de réelles avancées par rapport au droit applicable antérieurement (oui parce que, si c’est pour juste changer des termes mais faire une législation à droit constant, cela ne sert strictement à rien).

    Cela reste un casse-tête au niveau juridique : si on considère vote chat comme n’étant pas un bien, mais étant entre une personne et bien, peut-il encore vous appartenir ? S’il décide de s’enfuir, avez-vous le droit de le récupérer ? Si ce n’est pas un bien, il ne devrait pas y avoir de droit de propriété dessus.
    De qui engager la responsabilité si un animal provoque un accident ? Si ce n’est pas un bien, il n’y a pas de responsabilité du propriétaire du fait des choses et si ce n’est pas une personne, on ne peut engager sa responsabilité.
    Si un animal n’est pas un bien, peut-on encore l’exploiter dans un élevage, peut-on l’abattre pour le manger ?
    Peut-on vendre un animal ? N’étant pas un bien, il n’appartient à personne, donc pas de transfert de propriété donc pas de vente. Comment feraient les éleveurs pour vivre ?
    Peut-on prendre le chat du voisin sans lui demander son avis (au voisin, pas au chat 😉 ) : ce n’est pas un bien qui appartient à quelqu’un, on ne peut pas le voler.
    Etc…
    La question sur le plan juridique est plus complexe qu’il n’y paraît et nécessite de la réflexion, un régime spécifique aux animaux n’est pas simple à rédiger et s’il est mal rédigé, cela posera énormément de problèmes.

    (2)
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  • Sebastien  26 octobre 2013 at 13 h 38 min

    Signé et partagé. Il serait grand temps que l’homme pense un peu à autre chose qu’à lui même.

    (0)
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  • Sébastien LIOUX  26 octobre 2013 at 15 h 49 min

    Cette modification du code civil est indispensable !!! La loi actuelle étant une des pires hontes qui soit pour l’humanité

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  • Elie  26 octobre 2013 at 16 h 59 min

    Signé , le statut des animaux aurait dû évoluer depuis bien longtemps !

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  • Eric Darmon  26 octobre 2013 at 18 h 23 min

    Cher Julien,

    Bravo pour votre livre sur la nutrition de la force. Juste une petite rectification, nous parlons de « biens meubles » et non « meublés ». votre chat est un bien meuble mais non meublé, sinon il faudrait le présenter au concours du livre des records! 🙂 Bien à vous!

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    • Julien V.  26 octobre 2013 at 18 h 31 min

      Merci, j’ai corrigé ce détail.

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  • Martine  26 octobre 2013 at 20 h 06 min

    J’ai signé la pétition il ya qqs jours déjà, je signerai aussi souvent qu’il le faudra, je suis prête à manifester dans la rue pour faire prévaloir les droits des animaux !

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  • Jean-Christophe Cadéac  27 octobre 2013 at 16 h 41 min

    Tout à fait d’accord avec le quatrième paragraphe de l’article (« Ré-apprenons à respecter la nature, les animaux et notre planète »). Je pousserai même à l’extrême en considérant tous les êtres vivants (règne animal et végétal). Le temps est venu de vivre AVEC la nature dans un ensemble commun, et non dans un monde parallèle où il y a l’Homme et le reste.

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  • daerlnaxe  30 octobre 2013 at 18 h 02 min

    Je suis très content que tu partages aussi cet avis et cette pétition. Une belle initiative, normalement j’ai déjà signé mais je vais vérifier que ca n’est pas une nouvelle.

    Un ami des chats :).

    (0)
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  • Audrey  5 janvier 2014 at 1 h 00 min

    Bonjour Julien,

    merci pour ton article sur la vitamine B6, le fer et les crises d’angoisses.

    5 mois que je me bats contre mon médecin qui souhaite me mettre sous antidépresseur, car déprimée, très angoissée, et fatiguée à la fin de l’été. Il n’a même pas pensé à me faire un bilan sanguin complet. C’était les antidépresseur direct, cash. Au bout de 5 mois, excédée, j’ai exigé un bilan sanguin complet. Résultat : une importante anémie en fer. Qui expliquerait la chute vertigineuse de mon moral, ma sérénité, ma forme, et ma santé ces derniers mois.
    Plus de nouvelles de mon médecin. Qui doit se dire qu’une anémie en fer, ce n’est pas grave.
    Et moi je vais changer de médecin traitant. Je suis écoeurée.

    Bravo pour cet article sur les animaux abandonnés. Bénévole dans un refuge pour chats, on n’en voit que trop, tout le temps.
    Ton scottish fold est très beau… ^^

    Bonne continuation

    (0)
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    • Julien V.  5 janvier 2014 at 2 h 17 min

      Merci Audrey. En effet la baisse de moral est un des symptômes du déficit en fer. Bon rétablissement.

      (0)
      Répondre

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