Pourquoi le curcuma ne marche pas

gélules de curcumine et curcuma en poudre sur une table en bois

Dernières mises à jour :

  • ajout des données sur le Cavacurmin.
  • ajout des données des chercheurs en pharmacologie de l’Illinois et du Minnesota (États-Unis) pour expliquer les résultats inattendus des effets de la curcumine.
  • ajout d’explications d’un chercheur indien spécialisé dans l’étude du curcuma et travaillant maintenant pour un fabricant de curcuma (CurQfen).

Certains lecteurs m’ont demandé pourquoi la plupart des articles sur internet font état d’effets miraculeux du curcuma alors que cet aticle est beaucoup moins enthousiaste. La raison est simple : la quasi-totalité des articles sur le curcuma disponibles sur internet sont des articles publicitaires, même si ça n’est pas toujours indiqué explicitement. En réalité, ces sites ont des accords commerciaux (partenariats publicitaires) avec plusieurs sociétés qui vendent du curcuma. Il n’est donc pas possible pour ces sites de dire la vérité sur cet ingrédient puisque cela compromettrait leurs bénéfices financiers. Pour rappel, en ce qui me concerne je ne vends pas de curcuma et ne touche aucune somme d’argent et n’ai jamais touché d’argent lié à la vente d’un produit en contenant. Toutes mes sources sont citées en bas d’article et vérifiables librement.

Les compléments alimentaires de curcuma ont le vent en poupe. Depuis quelques années, les analystes du marché des compléments alimentaires l’ont identifié comme un des ingrédients les plus porteurs (financièrement parlant). C’est donc un ingrédient vendu par la plupart des laboratoires de compléments alimentaires. En tant que consommateur, il est très difficile de choisir lequel acheter puisque si on en croit les sites internet des vendeurs, chaque produit est encore meilleur que celui vendu par le voisin !

En tant que formulateur scientifique dans le domaine des compléments alimentaires, j’ai travaillé avec de nombreuses marques avant de créer mon propre laboratoire de compléments alimentaires UNAE. La plupart des marques avec lesquelles j’ai collaboré m’ont sollicité pour savoir quel curcuma proposer à leurs clients. J’ai ainsi pu entrer en contact avec tous les fournisseurs et les différents fabricants de curcuma à travers le monde. Par ailleurs rédacteur en chef du mensuel Alternatif Bien-Être pendant plusieurs années, j’ai reçu des centaines de témoignages d’utilisateurs de curcuma en complément alimentaire. Je suis donc en mesure de faire un état des lieux des différents curcuma en vous indiquant ce que disent réellement les études scientifiques sur les différents curcumas disponibles mais également en faisant sur les effets réellement observés par les utilisateurs. Dans cet article je vais donc expliquer ce que contiennent réellement les gélules, lequel est le mieux absorbé, lequel est le plus efficace, lesquels présentent des dangers, etc. Enfin, je ferais aussi une petite synthèse de tous les retours de mes lecteurs sur ce sujet depuis plusieurs années.

Que contient le curcuma ?

Le curcuma (Curcuma Longa) est une épice de couleur jaune. Cette couleur lui vient de sa concentration en curcumine, un pigment de la famille des polyphénols. On retrouve aussi un peu de curcumine dans le gingembre et c’est d’ailleurs ce qui lui confère ce léger aspect orangé. La curcumine est utilisée comme colorant et comme teinture comme le sont d’autres phénols naturels (par exemple la phycocyanine de la spiruline qui est bleue).

Le gingembre contient de la curcumine, comme le curcuma, mais en plus faible quantité.

La curcumine est le principal représentant d’une famille de polyphénols qu’on appelle les curcuminoïdes. Dans la famille des curcuminoïdes on trouve donc la curcumine (le curcuminoïde principal du curcuma (environ 80% de tous les curcuminoïdes présents dans l’épice) mais aussi la demethoxycurcumine, le bisdemethoxycurcumine et le cyclocurcumine. La curcumine est aussi utilisée par l’industrie agro-alimentaire comme colorant sous le nom de code E100. Très souvent, on parle indifféremment de « curcuma » et de « curcumine » mais il s’agit donc de deux choses différentes.

Il est très important de comprendre que quand on parle de curcumine on ne parle pas de curcuma. Une étude d’analyse a montré que la teneur en curcumine du curcuma est située entre 20 et 40 mg par gramme de curcuma. Ainsi quand on parle de “500 mg de curcumine”, cela signifie qu’on parle de 25 à 50 g de curcuma.

Après ingestion, les curcuminoïdes sont rapidement métabolisés et transformés en d’autres molécules plus solubles : la tétrahydrocurcumine, l’hexahydrocurcumine, la curcumine sulfate et la curcumine glucuronide. Actuellement plusieurs équipes de chercheurs pensent que la majorité des bénéfices du curcuma proviennent en fait de la tétrahydrocurcumine, produite dans notre organisme après ingestion de curcumine. Selon des chercheurs Taïwanais, la tetrahydrocurcuminepossèderait “un plus grand nombre de fonctions biologiques bénéfiques à la santé humaine que la curcumine“. Cette dernière serait notamment plus efficace que la curcumine contre certains stress oxydatifs, les problèmes de reins, l’accident vasculaire cérébral, l’inflammation cutanée, contre le cancer ou les symptômes de l’asthme et peut-être plus efficace pour la longévité.

Actions du curcuma sur la santé

On peut lire souvent sur internet que le curcuma est l’épice magique qui protège les indiens du cancer. Or les études scientifiques montrent qu’il s’agit d’un mythe : une grande étude menée par différents hôpitaux indiens et publiée en 2014 dans la célèbre revue médicale The Lancet a montré que le nombre de cancers ne cessait d’augmenter dans ce pays et que lorsque les taux paraissaient plus bas, cela ne s’expliquait que par une détection plus tardive de ces cancers, en raison d’un système de santé moins performant. Le curcuma n’aurait donc rien à faire là-dedans; il n’a jamais été identifié comme facteur particulièrement protecteur en Inde. De plus, toutes les études sur le curcuma montrent qu’à l’état naturel, la curcumine de l’épice est très mal absorbée : il faut ingérer au moins 10 000 mg de curcumine extraite du curcuma pour qu’une petite quantité passe dans le sang (c’est l’équivalent de 10 à 20 gélules en une seule fois). De plus, même à cette dose, peu ou pas d’effets sont observés. Si on compare ça à la quantité d’épice (celle qu’on utilise en cuisine), cela veut dire que de petits effets sont observés à partir d’au moins 500 g de curcuma !

Par conséquent, lorsqu’on vous parle des effets miraculeux du curcuma sur la santé pour terrasser le cancer, guérir les maladies cardiaques, Alzheimer ou Parkinson, il s’agit d’informations mensongères ou trompeuses car on oublie de vous préciser qu’il s’agit de travaux faits sur des souris auxquelles on a injecté des doses de curcuma inatteignables via une alimentation normale. Il s’agit aussi parfois d’études sur des cultures cellulaires : on plonge des cultures cellulaires dans un bain de curcuma plus ou moins concentré et on observe ce qui se passe : il va de soi que cela n’a rien à voir avec une situation réelle et les résultats ne peuvent pas être extrapolés.

Pire, en avril 2018, on a appris qu’un des chercheurs ayant publié le plus d’études sur les soi-disant effets anti-cancer du curcuma, le Pr Bharat Aggarwal de l’université du Texas (États-Unis), avait en fait truqué la majeure partie de ses travaux en manipulant les données pour fausser les conclusions. Il aurait agi ainsi car il est également fondateur d’une société qui vend du curcuma à haute biodisponibilité. A ce jour (septembre 2018), près d’une trentaine de ses travaux ont finalement été retirés des revues médicales qui les avaient publiés et la suppression des études se poursuit.

Dans la première version de cet article sur le curcuma publié en 2014, je faisais état de diverses études ayant montré des effets incroyables du curcuma sur le cancer (régression de tumeurs notamment). Ces études faisaient partie des études truquées qui ont été retirées des journaux médicaux et ce n’était pas possible de le savoir. Je présente donc mes excuses aux lecteurs concernant ces fausses informations (qui sont malheureusement encore visibles un peu partout sur internet).

L’absence d’effets bénéfiques du curcuma et de la curcumine aurait une explication selon des travaux conjoints menés par des chercheurs en chimie et pharmacologie des universités de Minnesota et de l’Illinois : la curcumine ferait partie d’une classe de composés chimiques appelés PAINS et IMPS. Les composés de cette famille sont des molécules qui interfèrent avec les méthodes d’analyse elles-mêmes et qui font ainsi apparaître de multiples bénéfices à priori extraordinaires dans les études préliminaires en laboratoire mais qui ne se traduisent jamais par des bénéfices réels quand on utilise le composé “dans la vie réelle”. De plus, la curcumine est instable dans les conditions ambiantes du corps humain : à pH à 7,4 et 37 degrés Celsius, il ne faut que 10 minutes à notre corps pour en éliminer 50% de la dose ingérée.

Les informations présentées sur internet qui décrivent des actions multiples du curcuma au niveau des gênes, sur des facteurs de croissance ou de multiples cibles moléculaires (mTOR, FOXO3a, TNF-alpha, PGE2, VEGF, etc.) ne sont pas “fausses” stricto sensu mais ne représentent que des données théoriques sans conséquence pratique. Ces chercheurs spécialistes rappellent d’ailleurs qu’aucune étude sérieuse humaine (contre placebo) n’a jamais démontré de bénéfice de la supplémentation en curcumine en complément alimentaire. Le curcuma que vous utilisez en cuisine (qui contient très peu de curcumine, rappelons-le) n’a donc pas d’effet notable sur votre santé. Il reste bien entendu excellent pour le goût et la couleur !

Ces informations sont très récentes (ces travaux de chercheurs en pharmacologie datent de 2017) c’est pourquoi les informations actuellement disponibles sur internet font surtout état des effets bénéfiques supposés du curcuma. De plus, les nombreuses campagnes marketing d’entreprises dans le domaine du complément alimentaire pour promouvoir cet ingrédient ont abouti à créer une très importante demande de la part du public : tout le monde croit que le curcuma est actif sur un très grand nombre de maladies donc tout le monde veut en acheter. Afin de développer ce marché commercial, de nombreuses entreprises ont donc cherché à modifier chimiquement le curcuma et la curcumine en laboratoire pour essayer d’en améliorer ses propriétés (puisque celui-ci est peu efficace à l’état naturel).

Les différentes formes de curcuma en compléments alimentaires

Première chose très importante à savoir : pour être efficace, le curcuma vendu en compléments alimentaires n’est pas naturel car il s’agit soit d’un extrait ultra concentré de curcumine (comme on l’a vu le curcuma ne contient pas énormément de curcumine donc il s’agit de doses inatteignables par l’alimentation) soit il s’agit de formes modifiées chimiquement. On est donc plus proche du médicament que du produit naturel comparable à ce qu’on obtient via l’alimentation. Les fabricants de ces nouvelles formes de curcuma doivent d’ailleurs se soumettre à des études toxicologiques pour prouver l’absence de toxicité grave de leur produit afin de pouvoir les mettre sur le marché. Cette situation est très différente de celle retrouvée avec d’autres plantes disponibles en compléments alimentaires même lorsqu’elles sont dites “titrées” ou standardisées” car les doses utilisées restent naturellement atteignables via l’alimentation. Il n’y a donc pas d’études de toxicologie supplémentaires pour les plantes et épices “classiques”.

Quand un nouveau curcuma est mis au point pour un industriel de la chimie, il dépose un brevet sur sa méthode de fabrication et donne un nom à son nouveau curcuma. Ce nouveau curcuma est ensuite acheté par des laboratoires de compléments alimentaires qui le revendent dans leurs propres emballages. Du fait du potentiel commercial du curcuma et de la guerre existante autour des dépôts de brevets, les vendeurs de curcuma n’hésitent pas à augmenter leurs prix pour donner l’illusion que leur curcuma est meilleur que celui du voisin. En réalité comme vous allez le comprendre, ce n’est pas parce qu’un produit est plus cher qu’il est meilleur.

Ces curcumas modifiés chimiquement et brevetés sont par exemple : “Meriva”, ”Cavacurmin”, “NovaSol”, “Curcumin C3 Reduct“, “Theracurmin“, “CurQfen”, “Longvida”, “Biocurcumax”, “BCM-95”, “HydroCurc“, etc (à ce jour, fin septembre 2018). Quand vous achetez du curcuma en complément alimentaire, ce curcuma n’a donc pas été fabriqué par la marque qui vous le vend : cette dernière revend simplement un ingrédient breveté.

Avant de passer en revue ces curcumas, leurs effets, dangers et différences, je tiens à partager avec vous les résultats d’une étude récente menée par des chercheurs américains indépendants. Ces derniers se sont rendus en magasin aux Etats-Unis et ont acheté 87 boîtes de curcuma et curcumines différentes puis les ont analysées en laboratoire. Leurs résultats, publiés en mai 2018 montrent que :

  • 20% des produits analysés ne contiennent pas les teneurs en curcumine mentionnées sur les emballages
  • 59% des produits analysés contiendraient des analogues synthétiques de la curcumine qui est normalement interdite dans l’alimentation en raison d’une méconnaissance sur sa toxicité
  • 71% des produits analysés contiennent des résidus de solvants chimiques industriels toxiques

Ces analyses portent sur des produits vendus aux États-Unis mais les ingrédients utilisés sont les mêmes que dans les compléments français ou européens; les résultats sont donc transposables chez nous. Par ailleurs, et bien que cette étude ne le mentionne pas, il faut préciser que 100% des compléments alimentaires de curcuma à biodisponibilité élevée utilisent du curcuma issu de l’agriculture conventionnelle, c’est-à-dire utilisant des pesticides, parfois avec abus. On retrouve donc forcément dans ces produits plus de résidus de pesticides que dans du curcuma bio utilisé en cuisine.

Bien entendu, cela ne signifie pas que ces compléments alimentaires sont inefficaces mais c’est pour toutes ces raisons (études scientifiques truquées ou manipulées, pesticides, additifs chimiques, etc.) que je n’ai pas souhaité proposer à la vente de compléments alimentaires de curcuma via mon laboratoire UNAE. Ces produits me semblent trop éloignés de ma vision de la santé et de l’éco-responsabilité.

Enfin, dernière information importante : toutes ces formes de curcuma disponibles en compléments sont modifiées pour être mieux absorbées mais une fois dans notre sang la curcumine reste toujours aussi instable. Ces produits sont donc un peu plus efficaces mais ne sont pas miraculeux non plus. De nombreux internautes m’ont demandé ce que je recommandais à la place et les solutions sont multiples et dépendent de l’objectif recherché. Par exemple contre les douleurs, les substances naturelles suivantes ont fait la preuve de leur efficacité : le gingembre, l’harpagophytum, la boswellia serrata, la chondroïtine, etc.

Si vous souhaitez tout de même vous supplémenter en curcuma, je vais donc maintenant comparer tous les produits existants. Pour mieux vous aider à faire la différence entre les produits, je vais leur attribuer une note sur 10. Cette dernière sera basée à la fois sur la réalité des effets du produit mesurés dans les études et sur les nombreux retours des internautes que j’ai eu depuis plusieurs années. Pour chaque produit, je vais aussi vous indiquer sur quels problèmes de santé un effet a été démontré.

Comparatif des compléments alimentaires de curcuma et curcumine

Avant de passer en revue tous les produits, il est important de comprendre que sur ce sujet du curcuma, chaque vendeur veut faire passer son produit comme étant supérieur à celui du voisin. Pour se faire, plusieurs stratégies sont utilisées :

  • Par exemple, quand un laboratoire indique que son curcuma est « 200 fois meilleur que les autres », il peut faire référence à plusieurs choses : cela peut être une différence de la valeur de concentration maximale atteinte par tous les curcuminoïdes dans le sang après ingestion mais cela peut aussi être un calcul fait à partir du volume de l’air sous la courbe (AUC). Une méthode n’est pas nécessairement meilleure que l’autre mais certains fabricants peuvent faire référence à l’une ou l’autre des méthodes pour empêcher une comparaison trop rapide de la part du consommateur (et éviter qu’il ne se rende compte ainsi qu’il n’y a en fait pas de différence réelle).
  • Autre technique utilisée pour empêcher une analyse facile des résultats : comparer successivement des nanomoles à des nanogrammes ; ce qui n’a strictement rien à voir. Le passage d’une mesure à l’autre pour comparer objectivement les produits devient ainsi impossible car pour faire la conversion il faut connaître le poids moléculaire exact du produit, qui n’est pas communiqué. Bien entendu, pour les scientifiques le poids moléculaire de la curcumine est évidemment connue (368,38 g.mol-1) mais on voit mal les consommateurs faire des calculs mathématiques pour choisir leurs produits…
  • A noter aussi que certains produits sont difficilement comparables car ils n’agissent pas exactement pareil : certains peuvent augmenter l’absorption de la curcumine alors que d’autres peuvent augmenter l’absorption d’autres curcuminoïdes (ce qui peut aussi être intéressant).
  • Une autre variable importante est caractérisée par la manière dont les volontaires sont testés : par exemple dans certains cas la biodisponibilité du produit est testée à jeun alors que dans d’autres il est testé en ayant été pris juste après mangé. De plus, la composition du repas influence l’absorption et donc les résultats. La mise en place de méthodes si différentes selon les marques permet de brouiller les pistes, pour empêcher une véritable comparaison d’égal à égal des produits.
  • Il ne faut pas oublier que les chiffres d’absorption ou de biodisponibilité sont tirés des études dirigées et financées par les fabricants eux-mêmes. Il y a donc toutes les raisons de penser que nombreuses de ces études soient un peu “arrangées” pour obtenir des chiffres plus favorables. Cette pratique n’est pas nouvelle dans l’industrie (du médicament comme du complément alimentaire). De plus, les études ne sont quasiment jamais refaites de manière indépendante, il n’y a donc qu’une seule mesure de prise, ce qui n’est pas très sérieux. Parfois les échantillons sont si faibles que les résultats ne sont pas fiables du tout.
  • Enfin, les chiffres de biodisponibilité annoncés par les fabricants ne sont pas comparables “tels quels”, car dans les études ce ne sont pas des doses équivalentes de curcuma qui sont comparées ! Par exemple, si vous comparez un produit qui s’absorbe deux fois mieux qu’un autre et que vous doublez la dose, vous pouvez prendre certains “raccourcis” en disant que votre produit s’absorbe “quatre fois mieux”. Un exemple de cette confusion se retrouve par exemple avec le curcuma NovaSol : affiché avec une disponibilité augmentée d’un facteur 185, il faut se rendre compte qu’une gélule ne contient que 30 mg de curcuma ! Le reste étant constitué d’excipients. Au final, cette biodisponibilité “supérieure” est donc toute relative; et encore plus si vous comparez le coût de revient par gélule.

Si vous devez acheter du curcuma, je recommande en premier lieu de choisir un produit le moins toxique possible (pas d’excipient ou d’additif problématique) et qui n’est pas vendu à un tarif trop élevé.

Micelles de curcumine : NOVASOL®

La Curcumine NOVASOL est aussi appelé « micelles de curcuma » ou « nanoparticules de curcuma ». Le processus de fabrication est simple, c’est une nanoémulsion entre de la curcumine et un additif chimique le polysorbate 80 (E433). Cet additif serait cancérigène selon certains auteurs et soupçonné d’être toxique pour les intestins. Il serait donc théoriquement déconseillé en cas de problème de santé qui touche les intestins : maladie auto-immune, maladie cœliaque, rectocolite ulcéro-hémorragique, maladie de Crohn, etc.). Deux gélules du produit (1000 mg au total) apportent plus de 900 mg de polysorbate 80 et seulement 60 mg de curcuminoïdes environ.

Malgré ce faible apport de curcuminoïdes, la curcumine NOVASOL aurait de bons effets car l’ajout de polysorbate augmente effectivement l’absorption des curcuminoïdes. Officiellement, cette absorption serait 185 fois supérieure, selon une étude financée par le fabricant, mais ce chiffre ne peut pas être comparé aux autres pour en déduire l’efficacité pour deux raisons : d’une part l’étude a utilisé des nanomoles au lieu des nanogrammes et d’autre part ils ont donné à manger aux volontaires un petit déjeuner très riche en graisses avant de leur donner leur gélules, ce qui n’est pas le cas des études faites sur les autres curcumine et qui modifie fortement la manière dont la curcumine est absorbée. De plus, la lecture attentive de cette étude montre que ce niveau ne semble être atteint que pour les femmes. Pour les hommes, l’absorption est très inférieure (environ 30% de moins) et la curcumine est éliminée beaucoup plus rapidement de l’organisme. En pratique, les études ne montrent pas que ce produit est spécialement plus efficace que les autres. Dans tous les cas, il semble plus intéressant pour les femmes que pour les hommes. En raison de la présence de polysorbate 80, à titre personnel je déconseille une utilisation régulière ou prolongée.

Note globale : 4/10

On trouve ce produit chez le laboratoire Cell’Innov dans la Formule Curcumine (39,90 euros une boîte), chez Nu3 dans la formule Nu3 Curcuma Forte Premium (24,99 euros une boîte) ou chez les laboratoires Fenioux dans le produit Curcuma Evolution (24,00 euros une boîte).

Attention toutefois, certains acheteurs auraient rapporté de nombreux problèmes avec Cell’Innov et Nu3 sur le site Trustpilot : voir ici pour Cell’Innov et voir ici pour Nu3.

La curcumine en particules lipidiques solides : LongVida®

La curcumine LongVida est aussi appelée « curcumine en particules lipidiques solides (SLP) ». Le processus de fabrication fait appel à de nombreux additifs et me semble problématique car le fabricant ne le dévoile pas complètement. Dans son étude de référence pour mettre en avant la biodisponibilité du produit, le fabricant indique en effet que le LongVida contient : de la lécithine de soja contenant des phospholipides purifiés, de l’acide stéarique végétal (autre nom du stéarate de magnésium), des esters d’ascorbyl (vitamine C), de la maltodextrine et du dioxyde de silicium. A noter que le dioxyde de silicium, aussi parfois appelé « silice » pour faire plus naturel, est un additif controversé qui contient souvent des nanoparticules selon les sites spécialisés. Toutefois, le fabricant du Longvida certifie que le dioxyde de silicium qu’il utilise est garanti sans nanoparticules.

Concernant la biodisponibilité de ce produit, l’étude faite par le fabricant est la plus petite jamais faite dans le domaine (seulement 6 participants en bonne santé), ce qui rend les résultats peu fiables. De plus, l’étude a comparé 650 mg de LongVida à seulement 650 mg de curcuminoïdes purs. Sachant qu’il faut plusieurs grammes de curcuma pour voir apparaître de la curcumine dans le sang, ils ont ainsi noté dans l’étude que le niveau d’absorption des 650 mg de curcuminoïdes naturels était inférieur à 1 ng/mL. Il devient donc facile de parler d’une biodisponibilité multipliée par 100 ! En réalité, la concentration de curcumine après l’administration de 650 mg de LongVida n’a atteint que 22,43 ng/mL ; ce qui est très faible.

Pour comprendre la supercherie, voici ce qu’explique le Dr Krishnakumar, chercheur indien spécialiste du curcuma : “Par définition, comparer la biodisponibilité implique d’administrer des quantités comparables pour obtenir des conclusions valides. Dans le cas de formules de curcumine qui contiennent peu de curcuminoïdes, c’est-à-dire autour de 20% ou moins (ndlr : c’est le cas du LongVida, le reste étant constitué d’additifs), il faut que l’étude de biodisponibilité compare 1000 mg de la formule avec 200 mg de curcumine pure non formulée. Évidemment, la concentration maximale de curcuminoïdes retrouvée dans le sang (Cmax) peut être très basse, de l’ordre de 0.5 à2 ng/mL seulement. Dans de tels cas, même si la valeur Cmax de la formule n’est que de 20 à 40 ng/mL, l’air sous la courbe (AUC) montrera un ‘grand’ nombre, indiquant un très grand facteur d’absorption même si la valeur de Cmax montre une faible absorption ! Bien que théoriquement correct, ces chiffres de biodisponibilité ne reflèteront pas la biodisponibilité réelle mais plutôt la faible biodisponibilité du groupe de contrôle (celui ayant reçue la curcumine simple, ndlr). Il faut donc toujours regarder les niveaux atteints dans le groupe de contrôle et notamment la valeur Cmax afin de pouvoir comparer correctement deux formules de curcumine.

Ces observations sont compatibles avec les résultats des autres études faites sur le LongVida qui ont utilisé des dosages beaucoup plus forts : 2000 mg pour améliorer la dilatation des vaisseaux sanguins (équivalent de 5 gélules). A 400 mg, une étude de 2015 a montré une petite amélioration de la mémoire et une baisse de la fatigue mais une étude plus récente avec 2000 mg a montré une absence d’effet sur les paramètres cognitifs. Selon certains vendeurs, prêts à tout pour promouvoir leurs produits vont jusqu’à écrire que cette absence d’effet serait dûe à un “effet plafond” lié à l’âge des particpants (45 à 74 ans). Si un tel effet était réel, cela n’en resterait pas moins une preuve de l’absence d’intérêt réel de ce produit; en particulier quand on le compare à d’autres substances bénéfiques pour le cerveau comme la CDP-choline ou le ginkgo biloba, efficaces même chez des personnes dans cette tranche d’âge. A 400 mg le LongVida serait en tout cas efficace pour prévenir les courbatures lors de la pratique de la musculation. En pratique, ce produit me semble personnellement peu efficace et contenir des excipients problématiques, je le déconseille.

Nota globale : 3/10

En France, on peut trouver ce produit chez le laboratoire Dynveo dans le produit Curcumine optimisée LongVida (36 euros la boîte) ou sur Amazon chez le laboratoire Igennus dans le produit Longvida curcumine optimisée (environ 22 euros la boîte).

Nanoparticules de curcumine : Theracurmin™

La curcumine Theracurmin est aussi appelée « nanoparticules de curcumine ». Le processus de fabrication consiste à mélanger la curcumine avec de la glycérine/glycérol (46%), de la gomme ghatti, une fibre extraite de Anogeissus latifolia, un arbre indien (4%) et de l’eau (38%). Une fois broyée, la mixture donne lieu à de minuscules particules de curcuma, 100 fois plus petites : les nanoparticules.

L’avantage de cette formule est qu’elle ne contient aucun additif toxique. Les nanoparticules de curcumine Theracurmin ont démontré leur capacité à diminuer les douleurs de l’arthrose, améliorer la mémoire (en dehors de maladies telle que la démence ou Alzheimer), protéger l’oreille du stress oxydatif (à essayer donc en cas d’acouphènes).

La biodisponibilité de ce curcuma serait 40 fois supérieure à du curcuma classique (en considérant l’aire sous la courbe) chez des rats et 27 fois chez des humains. Ce chiffre semble probable car l’étude faite par le fabricant est bien menée, en distinguant bien l’aire sous la courbe et la valeur maximale Cmax. Les concentrations sont aussi toujours indiquées en ng/mL. Enfin, élément très important qui distingue ce curcuma des autres, c’est le fait que la méthode utilisée pour améliorer l’absorption ne sature pas rapidement l’intestin. Autrement dit, prendre deux gélules d’un seul coup est effectivement deux fois plus efficace que prendre une seule gélule. Pour les autres formes de curcuma actuellement disponible, prendre deux gélules d’un coup ne fait presque pas de différence avec une seule gélule. La saturation n’apparaîtrait pas avant 210 mg de curcumine de type Theracurmin (soit 4 gélules d’un coup) pris en une fois.

Boîte d’un complément alimentaire contenant du Theracurmin

Note globale : 8/10

Peu disponible en Europe ce produit se trouve surtout Outre-Atlantique. On en trouve sur Amazon (environ 20 euros la boîte).

La curcumine Biocurcumax™ ou BCM-95®

Biocurcumax et BCM-95 désignent le même produit. Il s’agit d’une formulation qui combine de la poudre de curcuma avec des huiles essentielles de curcuma (turmerone, 46%). Ce mélange améliore l’absorption de la curcumine d’un facteur 7. L’étude faite par le fabricant est bien faite et ne présente pas de données farfelues ou exagérées. A savoir tout de même : le mot « Biocurcumax » ne signifie pas que le produit est bio. Il s’agit de curcuma issu de l’agriculture conventionnelle donc avec pesticides, contrairement à ce qu’on peut parfois lire sur internet, mais le fabricant garanti l’absence de solvants résiduels dans le produit final. Il annonce aussi de « faibles niveaux de plomb ».

Au niveau des effets, ce curcuma semble comparable au mélange curcumine et poivre noir (voir ci-dessous) mais avec l’avantage de ne pas contenir d’excipient nocif. En revanche, il y a tout de même des additifs/excipients dans le produit final en plus de l’huile essentielle de curcuma. Ces excipients sont utilisés pour pouvoir manipuler le produit qui est huileux : triglycérides à chaînes moyennes, phospholipides de colza, eau purifiée, gélatine animale, cire d’abeille. Or il faut savoir que la gélatine animale (poisson, porc ou bœuf) provient toujours des déchets des élevages intensifs industriels (ce qui explique le très faible coût de la gélatine). Par conséquent le fabricant a offert depuis quelques temps une solution pour ses clients en proposant une formule avec excipients végétaux : phospholipides + lécithine uniquement. C’est cette dernière version que je conseille évidemment pour ce produit.

Note globale : 5/10

Le Biocurcumax BCM-95 avec excipients végétaux se trouve chez Nutrixeal dans le produit CurcumActif2 Vegan : curcumine suractivée BCM-95 (28,80 euros la boîte). On trouve aussi du curcuma BCM-95 chez le laboratoire Trenker dans le produit Mobilityl revendu sur Viata (environ 32 euros la boîte) ainsi que dans le produit Curcumer du laboratoire Nutrilys (29,90 euros la boîte).

Le mélange curcumine et BioPerine ou curcumine et poivre noir

BioPerine est une marque déposée qui désigne un extrait de poivre noir riche en pipérine. De la pipérine classique (non brevetée) est exactement la même chose. On peut trouver ce mélange curcumine et poivre noir sous différentes appellations : « Curcumine et BioPerine », « Curcumine et poivre noir », « Curcumin C3 Complex® + BioPerine ». A la fin des années 90, il avait été découvert que le mélange curcumine (2000 mg) et pipérine (20 mg) améliorait d’un facteur 20 l’absorption du curcuma. Ce rapport de 1% de pipérine semble être le rapport idéal pour augmenter la biodisponibilité. Le problème étant que les fabricants mettent rarement plus de 5 mg de pipérine pour 1 000 mg de curcuma, soit deux fois moins que la dose efficace dans les études scientifiques. Par ailleurs, les chercheurs ont montré que la pipérine modifie la perméabilité intestinale et altère les lipides des membranes cellulaires.. Or on sait aussi que tout ce qui augmente la perméabilité de l’intestin favorise l’apparition des maladies auto-immunes, c’est donc une solution plutôt problématique. Concernant les excipients utilisés, ils varient beaucoup selon les revendeurs : le pire côtoie donc le meilleur.

En ce qui concerne les effets, les études montrent un léger effet sur la baisse des triglycérides et du cholestérol. Une étude ayant testé le mélange curcumine et bioperine sur le psoriasis n’a trouvé aucun effet supérieur au placebo. Aucun effet n’a été noté sur la maladie d’Alzheimer dans une étude pilote mais des effets secondaires intestinaux à cause de l’extrait de poivre noir ont été constatés puisque les chercheurs concluent : “trois sujets ont dû arrêter la supplémentation à cause de troubles gastro-intestinaux“.

Note globale : 1/10

On trouve ces produits un peu partout sur internet. par exemple dans le NaturaGold Original de Natura4Ever revendu sur spiruline-naturelle (environ 49 euros le flacon), chez Myprotein france dans le produit Capsules de Curcuma & BioPérine (9,99 euros la boîte) ou encore sur Amazon avec un produit du laboratoire Fairvital (environ 22 euros la boîte).

Les galactomannanes de curcuma CurQfen™

Les galactomannanes de curcuma CurQfen représentent une nouvelle technique pour augmenter la biodisponibilité du curcuma. Il s’agit ici d’un mélange de poudre de curcuma et de fibres de Fenugrec. Les fibres de Fenugrec sont composées d’unités de galactose et de mannose, c’est pourquoi on parle de galactomannanes. Cette fibre forme un gel hydrocollloïde qui subirait une fermentation dans le côlon via l’action de la β-mannosidase et protégerait la curcumine de la dégradation dans le tube digestif tout en offrant une libération prolongée. Les galactomannanes de curcuma CurQfen sont composés à 40% de curcumine environ et 60% de fibres ; il n’y a normalement pas d’excipient problématique ce qui est positif.

boîte de curQfen distribuée par la marque Olliscience
Photo d’une boîte de complément alimentaire contenant du CurQfen

Au niveau de l’absorption, les informations disponibles sur internet concernant la biodisponibilité de ce curcuma sont le plus souvent farfelues. Certains revendeurs affichent des biodisponibilités jusqu’à 270 fois supérieures. En réalité, le fabricant du CurQfen annonce une amélioration de l’absorption d’un facteur 45,5 pour l’ensemble des curcuminoïdes. En ce qui concerne la curcumine elle-même, l’étude du fabricant montre une meilleure biodisponibilité d’un facteur 15,8 pour la curcumine. Les informations sont donc un peu trompeuses si on ne lit pas les études en détail.

Dans les études scientifiques, les effets du CurQfen sont modestes. Ont été démontrés : des effets positifs sur la dilatation des vaisseaux sanguins, une amélioration des défenses antioxydantes et une légère diminution du stress et de la fatigue.

Note globale : 5/10

Les galactomannanes de curcuma CurQfen peuvent s’acheter dans le produit Curcumin Ultra du laboratoire Sunday Natural (14,90 euros la boîte) ou dans la formule Olligold du laboratoire Olliscience (39,90 euros une boîte). A noter que certains internautes semblent avoir des problèmes avec ce laboratoire selon le site indépendant Trustpilot. Donc faites attention.

Les phospholipides de curcuma ou phytosomes de curcuma de type Meriva®

Meriva est le nom d’une forme brevetée de phospholipides de curcuma. Le terme « phytosomes de curcuma » représente essentiellement la même chose mais sous une forme non brevetée. Les phospholipides de curcuma Meriva sont fabriqués en mélangeant des curcuminoïdes (et pas uniquement de la curcumine) avec de la lécithine de soja et de la cellulose microcrystalline. Ce mélange rend le curcuma plus soluble dans l’eau et dans les graisses ce qui augmente sa biodisponibilité.

Le produit obtenu contient environ 20% de curcuminoïdes et non 20% de curcumine comme le laissent penser certains vendeurs. La teneur en curcumine s’établit plutôt au tour de 15% soit 75 mg pour une gélule. L’étude de biodisponibilité faite par le fabricant du Meriva montre que les curcuminoïdes sont mieux absorbé d’un facteur environ égal à 29. Ce chiffre est une moyenne pour tous les curcuminoïdes. Dans le détail, on constate une absorption de la curcumine supérieure d’un facteur 19, d’un facteur 68 pour la desmethoxycurcumine et d’un facteur 56 pour la bisdemethoxycurcumine. On ne sait pas pourquoi cette différence est observée. Un des points faibles des phospholipides de curcuma de type MERIVA est la saturation de l’absorption des curcuminoïdes. On observe généralement pas de différence d’effet entre un et deux comprimés pris d’un seul coup pour cette raison (cette information n’est pas disponible dans les études scientifiques et a été observée par de nombreux lecteurs m’ayant écrit).

S’agissant d’une forme de curcuma plus ancienne, on trouve plus d’études ayant testé les effets de ce curcuma qui semble efficace contre les douleurs de l’arthrose, pour diminuer l’inflammation et améliorer la mobilité, d’une manière supérieure à celle du paracétamol et comparable à celle des anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, etc.) sans effet secondaire. Les phospholipides de curcuma semblent avoir un effet additif à la glucosamine ou à la chondroïtine dans le traitement de l’arthrose. Une étude publiée en 2014 a montré sur 160 malades du cancer (cancers du côlon, du rectum, du foie, des reins, de l’estomac, des poumons, des ovaires ou du sang) que les phospholipides de curcuma de type Meriva diminuent les effets secondaires de la radiothérapie et de la chimiothérapie. En cas de cancer du pancréas, une étude a montré que la prise de phospholipides de curcuma en plus du traitement classique améliore légèrement la réponse au traitement (mais malgré le curcuma, 84,1% des malades étaient décédés au bout de 26 mois avec une survie moyenne de 10,2 mois seulement). Chez les sportifs, lorsque le curcuma phospholipidique est pris en prévention, il peut diminuer l’intensité des courbatures. En cas d’uvéite, des chercheurs en ophtalmologie ont testé l’efficacité du curcuma phospholipidique de type Meriva en conjonction avec les traitements classiques. Ils ont observé une baisse de l’inflammation et un risque de rechute de 80%. Au niveau cardiaque, les phospholipides de curcuma de type Meriva augmente la vasodilatation des vaisseaux. Enfin, le curcuma phospholipidique peut améliorer la microangiopathie, la rétinopathie et la choriorétinopathie du diabète.

Note globale : 7/10

Boîte d’un complément alimentaire contenant du curcuma Meriva

On peut trouver du curcuma phospholipidique chez le laboratoire Solage dans le produit Solumine (26,90 euros la boîte), chez Supersmart dans le produit Super Curcuma (45 euros la boîte), chez Mannavita, distribué chez Phytonut Curcuma phospholipidique (23,40 euros la boîte) ou sur Biovea : Complexe de Curcuma Meriva (23,50 euros).

Les gamma-cyclodextrines de curcuma Cavacurmin®

J’ai mis de nombreux mois afin de pouvoir intégrer des informations sur ce curcuma dans le comparatif. En effet, le fabricant semble assez avare de détails techniques sur son site internet. Il aura fallu que je mène l’enquête et que je rencontre physiquement plusieurs partenaires de la société pour pouvoir intégrer ce produit dans le comparatif.

Le Cavacurmin est fabriqué par une société multinationale industrielle d’origine Allemande, Wacker Chemie AG. Cette société énorme (5 milliards d’euros de chiffre d’affaires) est initialement spécialisée dans les produits industriels chimiques (polluants) : polymères, résines, etc. La société a par ailleurs des compétences en chimie pour les produits pharmaceutiques (médicaments) et développe des cyclodextrines. Ces molécules sont des sucres utilisés pour améliorer la solubilité et l’absorption de différentes molécules. Interrogé à ce sujet, un salarié de la société Wacker m’a indiqué que ces cyclodextrines étaient majoritairement fabriquées à partir de maïs OGM américain. Toutefois, afin de pouvoir donner une image plus positive à leur produit, ils auraient décidé d’utiliser des cyclodextrines issues de maïs non OGM dans leur produit Cavacurmin. Autre point positif : différentes études cliniques ont été menées sur les gamma-cyclodextrines et toutes concluent à une innocuité de cet additif.

En ce qui concerne l’efficacité du Cavacurmin, voici les informations que j’ai pu obtenir : “Nous ne fournissons pas une curcumine à l’efficacité prouvée mais uniquement une solution technologique : l’utilisation de gamma-cyclodextrines pour améliorer la biodisponibilité.” Ces explications expliquent pourquoi ils n’existent aucune étude sur les effets de ce complément alimentaire. Les seules études sont des études de biodisponibilité. Ce choix est évidemment incompréhensible car la société Wacker dispose de moyens financiers énormes, largement suffisants pour tester l’efficacité du produit s’ils le souhaitent. La seule explication que je vois pour expliquer ce paradoxe est l’inefficacité du produit. En effet, les gamma-cyclodextrines prennent énormément de place quand ils sont mélangés au curcuma, si bien qu’avec 1 g de cavacurmin, on obtient jamais plus de 150 mg de Curcumine ! L’autre problème d’efficacité est lié à l’utilisation de curcumine pure seule comme substance active alors qu’en réalité les autres curcuminoïdes jouent un rôle important (voir les explications au début de cet article). Enfin, la biodisponibilité chez l’homme ne serait améliorée que d’un facteur 39 (étude financée par le fabricant), ce qui n’est pas suffisant pour compenser les problèmes évoqués ici. Tous ces éléments expliquent probablement pourquoi beaucoup d’utilisateurs ne ressentent que peu ou pas de bénéfices avec ce produit.

A la suite de cet article, Un salarié de la société Wacker, qui fabrique le Cavacurmin, m’a écrit pour me menacer car mon article “ne mettrait pas assez en valeur leur produit”… J’ai fait une vidéo pour raconter précisément ce qui c’est passé. Vous pouvez la retrouver ci-dessous.

CAVACURMIN : la réalité derrière le marketing !

Note globale : 4/10On peut trouver des gamma-cyclodextrines de curcumine Cavacurmin chez Synergia dans le produit Curcuma (39,00 euros la boîte), ou chez Nutripure dans le produit Active Curcumine (29,90 euros).

Maladies pour lesquelles il faut éviter le curcuma à biodisponibilité augmentée

Comme vous l’avez compris, une des raisons pour lesquelles le curcuma utilisé en cuisine n’a pas tant d’effet, c’est parce qu’il est mal absorbé. En revanche, comme il est mal absorbé, il reste dans l’intestin où il peut être actif. Il y a donc certaines maladies pour lesquelles il vaut mieux se supplémenter avec du curcuma comme celui qu’on utilise en cuisine plutôt qu’avec un complément alimentaire

  • La rectocolite: deux études ont testé le curcuma simple dans le traitement de la rectocolite hémorragique. Dans la première étude 82 malades ayant une rectocolite en rémission sous traitement classique (sulfasalazine, mésalamine) ont reçu 2 g de curcuma simple par jour. Ils ont pu constater moins de rechutes par rapport au groupe placebo. A l’arrêt du curcuma, le risque de rechute est redevenu le même. Dans la deuxième étude, les malades avaient une rectocolite hémorragique active et étaient traités par les mêmes médicaments. Ils ont reçu 3 g de curcuma simple par jour ou un placebo. Au bout d’un mois, les chercheurs ont constaté plus de rémissions avec le curcuma.
  • La gingivite ou les problèmes parodontaux : le bain de bouche avec du curcuma semble efficace pour diminuer l’inflammation, réduire le nombre de mauvaises bactéries et les saignements.
  • La maladie de Crohn : une synthèse des travaux sur le sujet suggère que le curcuma simple améliore les effets d’un traitement classique de type Remicade. D’autres études sont nécessaires mais les résultats sont encourageants.
  • La néphropathie diabétique (reins) : une étude humaine a trouvé qu’une simple supplémentation avec 500 mg de curcuma simple matin, midi et soir était capable de diminuer la protéinurie, faire baisser l’inflammation et stopper la progression de la néphropathie diabétique.

Effets secondaires de la curcumine en supplément

Dernière information importante : du fait que les suppléments de curcuma sont beaucoup plus fortement concentrés en curcumine que le curcuma qu’on utilise en cuisine, des effets secondaires inattendus sont possibles.

Récemment, en Italie et en Belgique, des dizaines de personnes ont développé de graves problèmes de foie. Certaines personnes ont été admises en soin intensifs. Pour plus d’informations sur les effets secondaires potentiels de ces produits, vous pouvez lire mon article dédié à ce sujet.


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