Vitamine D et sclérose en plaques : les conseils de l’académie de médecine brésilienne
Modifié le 30 juillet 2024
Temps de lecture : 3 minutes
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En France, La Haute Autorité de Santé (HAS) affirme que “doser le taux de vitamine D dans le sang des patients est inutile” en cas de sclérose en plaques. Cet avis ne semble pourtant pas faire l’unanimité. Les scientifiques de l’académie brésilienne de neurologie ont publié un rapport à destination des neurologues du pays, dont le contenu remet en question ce conseil.
La vitamine D peut empêcher l’apparition de la sclérose en plaques
Dans la plupart des cas de sclérose en plaques, la maladie ne se déclenche pas brusquement : il existe des signes avant-coureur. L’un des principaux est la survenue d’une névrite optique, une inflammation des nerfs optiques qui provoque généralement une perte de vision totale ou partielle. Elle dure de quelques heures à quelques jours, avant que la situation ne redevienne normale. Les chiffres sont éloquents : 30 % des personnes ayant eu une névrite optique développeront une sclérose en plaques dans les cinq ans, et 50 % d’entre elles en seront atteintes après quinze ans.
La névrite optique, signe annonciateur du processus auto-immun

De nombreux travaux ont montré que ce symptôme témoigne de la mise en place du mécanisme auto-immunitaire caractéristique de cette pathologie. En effet, le système immunitaire des malades s’attaque aux propres structures de l’organisme, notamment la gaine de myéline qui entoure les fibres nerveuses.
La vitamine D jouant un rôle important dans le contrôle de l’auto-immunité, plusieurs études ont testé l’impact d’une supplémentation en vitamine D chez des personnes victimes d’une névrite optique. Lorsqu’elle est administrée à dose suffisante, le développement de la sclérose en plaques est bloqué. Il s’agit d’un résultat incroyable, compte tenu de la gravité de cette maladie pour laquelle il n’existe aucun moyen de guérir et qui laisse en fauteuil roulant de nombreux malades.
Les chercheurs brésiliens ont donc émis une première recommandation très claire : l’ensemble des personnes qui ont connu une névrite optique devraient prendre de la vitamine D quotidiennement pour prévenir la sclérose en plaques.
La vitamine D freine l’évolution de la sclérose en plaques
Une fois le processus auto-immun amorcé, il est irréversible : la maladie est définitivement installée. En effet, en raison de la mémoire immunitaire, dès que notre organisme identifie un élément qu’il considère comme étranger, il ne cesse de l’attaquer. Cependant, il est possible de calmer ces attaques et de les rendre si faibles qu’elles n’affectent pas le système nerveux central, évitant ainsi la formation de nouvelles plaques et de nouvelles lésions.
C’est l’objectif poursuivi en cas de traitement par les médicaments comme l’interféron. D’autres moyens peuvent aider, comme la suppression du gluten (voir le livre “Gluten, comment le blé moderne nous intoxique“) ou la prise de vitamine D, car celle-ci temporise l’hyperactivité immunitaire. Plusieurs études ont en effet montré qu’un bon statut en vitamine D permet de limiter la fréquence des rechutes en cas de sclérose en plaques.
Les chercheurs brésiliens formulent ainsi une seconde recommandations : l’ensemble des personnes touchées par une sclérose en plaques devrait prendre de la vitamine D quotidiennement.
Le taux de vitamine D à viser
La supplémentation en vitamine D apparaît ainsi incontournable dans ce contexte, mais à quelle dose ? En France, nous avons les recommandations suivantes :
- l’ANSES recommande 200 UI par jour de vitamine D3 (elle recommandait pourtant 480 UI par jour jusqu’en 1992) ;
- l’académie de médecine recommande 1000 UI de vitamine D3 par jour, soit 5 fois plus que l’ANSES ;
- la Haute Autorité de Santé ne recommande rien du tout (sic).

Les chercheurs brésiliens n’indiquent pas une dose précise mais expliquent qu’il faut maintenir un taux de vitamine D dans le sang situé entre 40 et 100 ng/mL.
Cette concentration est facile à obtenir en s’exposant quotidiennement à un soleil d’été. Toutefois, une étude de l’Institut national de veille sanitaire a montré que plus de 80% des français sont en dessous de 30 ng/mL dans le sang !
Toutes les études menées sur la question montrent que pour atteindre 40 ng/mL, il faut au moins 4000 UI par jour pour un adulte. C’est donc une bonne dose de départ, à ajuster au bout de quelques mois après avoir effectué une prise de sang de contrôle.
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