Faut-il attendre de nouvelles preuves pour éviter les OGM ?

Modifié le 20 septembre 2024

Temps de lecture : 5 minutes
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Une scientifique examine une plante OGM.

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En 2012, une étude menée en France par le Pr Séralini qui a testé le maïs NK 603 de Monsanto sur des rats a fait grand bruit. Il existe de nombreuses autres preuves scientifiques accablantes, qui nous invitent à fuir les OGM.

Des OGM stimulent le système immunitaire

Les OGM produits par la société Monsanto ont deux particularités : soit ils produisent la toxine Bt, une substance issue de la bactérie Bacillus thuringiensis, utilisée comme insecticide naturel pour éliminer certains insectes, notamment les lépidoptères (chenilles et papillons), soit ils sont résistants au glyphosate, un puissant herbicide principalement utilisé dans le produit Roundup. Il existe aussi des OGM qui combinent les deux caractéristiques à la suite d’hybridations en laboratoire. Les plantes OGM actuelles ayant ces propriétés sont le maïs, le coton, le soja et la pomme de terre.

Culture de soja.

Le soja (Glycine max) est la plante OGM la plus cultivée au monde.


Bien que ces OGM soient cultivés partout à travers le monde, leurs effets réels sur la santé humaine sont largement inconnus. On sait par exemple depuis 2011, grâce à une équipe de chercheurs Québécois, que la toxine Bt du maïs OGM passe dans le sang et peut même atteindre le fœtus lors de la grossesse. Cette étude peu connue a été financée par un fond québécois de recherche en santé et non par la société Monsanto.
L’effet exact de la toxine Bt sur l’être humain reste quant à lui très mystérieux, mais il y a toutes les raisons de s’inquiéter. Une étude menée en 2008 par des chercheurs italiens sur des souris avait mis en évidence que la consommation de maïs MON 810 à la Bt toxine provoque une stimulation anormale du système immunitaire. La conséquence directe est l’entrée de l’organisme dans un état inflammatoire chronique, propice à l’apparition des maladies cardiaques ou dégénératives. De plus, en 2012, des chercheurs de l’université de Caen ont montré que la Bt toxine est toxique pour les cellules rénales humaines.

Les OGM « roundup ready » augmentent la perméabilité intestinale

Comme les OGM ne sont pas issus de l’agriculture biologique (…) ils sont donc copieusement arrosés de pesticides. Et, au même titre que les produits issus de l’agriculture conventionnelle, ils véhiculent des résidus de pesticides jusque dans nos assiettes et en particulier du Roundup, massivement utilisé. Mais avec quelles conséquences ?
Aucune étude d’intervention ne pourra jamais être menée chez l’homme pour avoir une réponse absolue à cette question, pour des questions de praticité et de financement. En effet, qui accepterait de manger toujours les mêmes aliments pendant 20 ans pour en tester les effets ? Pour obtenir des réponses, il faut donc se tourner vers les études sur les animaux pour essayer d’en tirer quelques informations. Et là, les résultats ne sont pas très rassurants.
En 2009, des chercheurs ont testé l’effet du glyphosate sur des poissons, aux doses normalement utilisées dans les élevages pour contrôler la pousse des algues, mais dans des conditions contrôlées de laboratoire. Les animaux exposés à ces faibles quantités de glyphosate ont vu leur système digestif s’endommager. La production des enzymes nécessaires à la digestion des aliments a diminué, tandis que la perméabilité intestinale a augmenté. Des résultats similaires ont été observés par plusieurs équipes de chercheurs à travers le monde chez souris nourries avec du soja ou des pommes de terre OGM. Et ces effets sont dramatiques pour la santé humaine

Comment la perméabilité intestinale donne naissance aux maladies les plus graves

Lorsque l’intestin devient perméable, il laisse passer dans le sang des molécules qui auraient normalement dues être filtrées. Conséquence ? Ces molécules sont reconnues comme antigène, c’est-à-dire corps étranger, ce qui provoque la production d’anticorps par le corps humain ayant pour rôle de neutraliser ces antigènes.

Mais que se passe-t-il si l’antigène ressemble fortement à une protéine déjà présente dans notre organisme, par exemple une protéine de structure des articulations ?
Si cela se produit, alors le système immunitaire se met à attaquer progressivement notre propre protéine qui ressemble à l’antigène. Cette réaction immunitaire basée sur une ressemblance de structure s’appelle une réaction immunitaire croisée. C’est exactement la même qui intervient dans les allergies saisonnières croisées et qui fait que les personnes allergiques au bouleau sont aussi souvent allergiques aux rosacées (pommes, pêches, cerises, abricots).

Ce mécanisme précis qui à l’œuvre dans la plupart des maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, le diabète de type 1, la sclérose en plaques et bien d’autres. Autrement dit, avoir une bonne perméabilité intestinale est un moyen de se protéger des maladies les plus graves, incurables, et c’est pourquoi les OGM doivent être regardés d’un œil très critique. Il faut d’ailleurs savoir que la fabrication d’un OGM est une science expérimentale : on lance une boule en direction d’un jeu de quilles en priant qu’elle passe sans faire tout tomber.

Point de vue sur des experts toxicologues les OGM

Dans mon livre Gluten – Comment le blé moderne nous intoxique, fruit d’une enquête que j’ai menée pour essayer de savoir si le gluten était vraiment dangereux pour la santé humaine et pourquoi, j’ai rencontré le professeur Jean-François Narbonne, expert toxicologue à l’ANSES. Voici ce qu’il m’expliquait à propos des OGM :

« La transgénèse c’est-à-dire les OGM consiste à l’insertion d’un nouveau gène. Cela peut avoir un impact sur l’expression des gènes existants et de nouvelles protéines inattendues peuvent s’exprimer. De plus, dans la zone d’insertion du transplant, des gènes de fusion peuvent apparaître et donc exprimer une protéine inconnue. »

Autrement dit, l’insertion d’un OGM n’est pas uniquement l’ajout d’une fonction à une plante : la boule va venir percuter tous les autres brins d’ADN qui jouent les quilles et personne ne sait exactement quelles en seront les conséquences, à moins d’effectuer des tests poussés.

Une chercheuse utilise un microscope. Des plantes sont présentes dans des tubes à essai.


Árpád Pusztai, un biochimiste hongrois connu pour avoir publié un article dénonçant la toxicité des OGM dans la prestigieuse revue médicale The Lancet dès 1999 explique de son côté :

« Il n’y a aucun moyen de diriger le transfert du gène dans un OGM. On tire en aveugle. Les insertions génétiques causent des mutations mais vous ne pouvez pas savoir où elles ont atterri. Vous ne savez pas comment les choses ont été réorganisées. Les propres gènes de la plante sont modifiés mais nous sommes incapables de dire dans quelle mesure. »

Ma position personnelle

Bien que la controverse batte son plein, les données de la science dure ne sont pas rassurantes et doivent inciter à la prudence. Mon conseil est de fuir les OGM autant que vous le pouvez, et de manière encore plus stricte si vous souffrez d’une maladie inflammatoire de l’intestin ou d’une maladie auto-immune.
Une autre donnée importante et peu connue est que l’aspect aléatoire qui survient au cours de la fabrication des OGM concerne également certaines hybridations et notamment sur celles que le blé a subies. Le blé moderne possède 42 chromosomes alors que le blé ancestral n’en possède que 14 ! De plus, les hybrides sont mis sur le marché sans aucun contrôle sanitaire, c’est donc bien pire que les OGM ! C’est pourquoi, depuis mon enquête, je qualifie le blé moderne d’OGM expérimental.

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