Le mode de vie est plus important que la génétique contre Alzheimer

Temps de lecture : 3 minutes

Pourquoi certains d’entre nous développent-ils un état de démence alors que les autres en sont épargnés ? Comme pour la grande majorité des pathologies, la réponse est double : le risque est à la fois déterminé par les particularités de notre patrimoine génétique mais aussi par notre mode de vie.

La part génétique de la maladie d’Alzheimer

Au niveau génétique, certains variants de gènes augmentent le risque de maladie d’Alzheimer, la principale cause de démence. Celui qui pèse le plus lourd concerne le gène de l’apolipoprotéine E (ApoE), qui permet la production d’une protéine de transport des lipides dans le sang. Il existe sous trois formes : ApoE2, ApoE3 et ApoE4. Cette dernière est présente chez plus de 50 % des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, contre environ 15 % de la population saine ((Ward A et al. Prevalence of apolipoprotein E4 genotype and homozygotes (APOE e4/4) among patients diagnosed with Alzheimer’s disease: a systematic review and meta-analysis. Neuroepidemiology. 2012;38(1):1–17.)).

En plus de ce gène, des variations concernant 19 autres régions de l’ADN ont été associées à la maladie ((Lambert JC et al. Meta-analysis of 74,046 individuals identifies 11 new susceptibility loci for Alzheimer’s disease.  Nat Genet. 2013 Dec;45(12):1452-8.)). Ainsi, en repérant les particularités génétiques d’une personne, il est possible d’établir un score de risque polygénique, qui traduit la probabilité de développer la maladie d’Alzheimer. Cette approche récente, qui trouve des applications pour de nombreuses pathologies comme le cancer, a été utilisée par une équipe internationale pour déterminer si les prédispositions génétiques à la démence pouvaient être contrebalancées par nos comportements ((Lourida I et al. Association of Lifestyle and Genetic Risk With Incidence of Dementia. JAMA. 2019 Jul 14.)).

Les chercheurs ont procédé à cette analyse au sein d’un vaste échantillon de population de 196 383 personnes d’origine européenne. En fonction du score obtenu, elles ont été réparties en 5 groupes :

  • le groupe 1 rassemble les personnes présentant un risque génétique faible de développer la maladie (20 % du groupe) ;
  • les groupes 2, 3 et 4 regroupent les participants présentant un risque intermédiaire (60 %)
  • le groupe 5 est composé des personnes à haut risque génétique (30 %).

En parallèle, le mode de vie de chacun a été examiné par rapport à 4 critères : la qualité de l’alimentation, la pratique d’une activité physique, le tabagisme et le niveau de consommation d’alcool. 68,1% des participants ont été classés dans la catégorie correspondant à un style de vie favorable, 23,6% intermédiaire et 8,2% défavorable.

Un mode de vie sain est plus important que la génétique

Dresser ces sous-groupes a permis d’établir des comparaisons dans l’évolution de la santé mentale des participants, qui étaient tous exempts de démence au début de l’étude, sur la période de suivi de 8 ans. Ainsi :

  • Lorsqu’on s’intéresse aux deux catégories extrêmes : parmi les personnes à haut risque génétique et au mode de vie défavorable, 1,78 % développent un état de démence, contre seulement 0,56 % de celles au risque génétique faible ayant un style de vie sain.
  • Lorsqu’on se focalise sur les personnes présentant un risque génétique élevé, on constate qu’un mode de vie sain permet de diminuer les cas de démence. De 1,78 %, le chiffre descend à 1,13 %.

Cette étude apporte une preuve solide que les choix de vie peuvent atténuer les risques liés aux facteurs héréditaires, sur lesquels on ne peut intervenir.

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2 réflexions sur “Le mode de vie est plus important que la génétique contre Alzheimer”

  1. Deneire

    La conclusion n’apparaît pas clairement au vu des chiffres … ce serait bien de développer un peu.

  2. Deneire

    La conclusion n’apparaît pas clairement au vu des chiffres … ce serait bien de développer un peu.

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