Toutes les formes de vitamine K ne seraient pas bonnes pour le cœur
Modifié le 17 septembre 2024
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La vitamine K joue un rôle crucial dans notre organisme, contribuant à la coagulation sanguine, à la régulation du métabolisme osseux et à la prévention de la calcification des vaisseaux sanguins. Toutefois, il existe plusieurs formes de cette vitamine, et leur impact sur notre santé pourrait varier, notamment sur le plan cardiovasculaire.
Le terme générique de vitamine K englobe de nombreuses molécules, et notamment :
- la vitamine K1, ou phylloquinone, ou encore phytoménadione, présente dans les légumes verts comme la laitue, les épinards, le brocoli, le chou frisé ;
- la vitamine K2, qui regroupe les ménaquinones numérotées de MK-4 à MK-14. Fabriqué par la flore intestinale, ce micronutriment est présent dans des produits animaux comme la viande et le fromage et dans des produits fermentés de soja (natto).
Différentes études d’observation ont suggéré un lien entre la vitamine K et la santé cardiovasculaire. Mais toutes les vitamines K se valent-elles pour le cœur ? Pour le savoir, une étude européenne réalisée par des centres de recherche néerlandais, anglais et français s’est penchée sur plus de 103 000 cas de maladies coronariennes.
Vitamine K2 : un atout pour le cœur, contrairement à la K1
Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé une méthode de prédiction génétique pour évaluer le taux de vitamine K1 circulant dans le sang. Ils ont ensuite exploré le lien potentiel avec le risque de maladie coronarienne, découvrant que la phylloquinone circulante n’était pas liée de manière causale au risque de développer cette affection cardiovasculaire. Mais quid de la vitamine K2 ?
Examen d’un biomarqueur révélateur du statut en vitamine K

Pour connaître le statut en vitamine K (K1 et K2) d’une personne, les scientifiques utilisent un indicateur fiable. Il s’agit du taux d’une des formes d’un composé appelé « protéine GLA de la matrice » (MGP), fabriquée par les cellules musculaires des vaisseaux sanguins et des cellules du cartilage. Elle aide à prévenir la calcification des vaisseaux sanguins et des tissus mous en se liant au calcium.
Pour être active, elle doit subir une réaction de carboxylation – une modification chimique qui consiste en l’ajout d’un groupe carboxyle (-COOH) – qui nécessite la présence de vitamine K. Quand cette protéine est sous forme déphosphorylée et décarboxylée, notée dp-uc MGP (dephosphorylated uncarboxylated MGP), elle est donc inactive. Son taux reflète ainsi les apports en vitamines K1 et K2 à long terme, sur plusieurs semaines ou mois : quand il est bas, cela signifie que les apports en vitamines K sont élevés.
Les apports en K2 repoussent le risque cardiovasculaire
Les chercheurs ont utilisé leur méthode de prédiction génétique pour évaluer le taux de protéine MGP inactive (dp-ucMGP). Ils ont constaté qu’il est associé au risque de maladie coronarienne, avec une baisse de 4 % du risque pour chaque diminution de 10 µg/L de MGP inactive.
Comme la vitamine K1 ne semble pas liée à la santé cardiovasculaire, on peut donc supposer que la vitamine K2 est à l’origine de l’effet protecteur contre cette maladie cardiaque. Dans leur analyse, les auteurs expliquent que les ménaquinones (vitamine K2) ont une meilleure biodisponibilité et sont mieux absorbées par l’organisme que la phylloquinone. Elles seraient donc plus bénéfiques à la santé humaine.
Une supplémentation en vitamine K2 pour une meilleure santé vasculaire
Alors faut-il se complémenter en vitamine K2 pour préserver son cœur ? En 2015, des chercheurs de l’université de Maastricht (Pays-Bas) ont testé l’efficacité d’une supplémentation sur la rigidité des parois artérielles de 244 femmes ménopausées en bonne santé. Pendant trois ans, 120 d’entre elles ont pris 180 µg par jour de vitamine K2 MK-7 d’origine naturelle, et 124 un placebo.

Les résultats ont montré que l’administration de vitamine K2 MK-7 a provoqué une diminution significative de la rigidité vasculaire et du taux de dp-ucMGP, identifié comme facteur de risque de durcissement des artères. Un effet bénéfique était observé au niveau de l’artère carotide pour les femmes qui présentaient une rigidité artérielle plus élevée au début de l’étude. Par conséquent, une dose quotidienne de vitamine K2 pendant trois ans apparaît en capacité d’améliorer la santé des vaisseaux sanguins chez les femmes ménopausées en bonne santé, notamment pour celles qui ont déjà des problèmes de rigidité artérielle.
Quelle forme de vitamine K2 MK-7 utiliser en complément alimentaire ?
La vitamine K2 MK-7 n’existe pas dans l’alimentation occidentale. On en trouve uniquement dans le natto, un plat de haricots de soja fermentés qu’on trouve au Japon et dont le goût est rarement apprécié ailleurs.
La vitamine K2 MK-7 existe en complément alimentaire, mais différentes formes sont disponibles. Il faut toujours s’assurer que la forme présente dans le produit est la forme biologiquement active all-trans, ce qui n’est pas nécessairement le cas.
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