La cigarette électronique est-elle vraiment dangereuse ?
Modifié le 18 août 2025
Temps de lecture : 6 minutes
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La dépendance au tabac est forte et s’en défaire représente un véritable défi. Parmi les moyens permettant d’arrêter, la cigarette électronique a fortement gagné en popularité. Mais est-ce efficace ? Est-ce dangereux ?
Vous allez voir que les articles alarmistes sur le sujet sont en réalité du sensationnalisme. Les analyses poussées sur le sujet montrent que les quelques accidents recensés n’ont rien à voir avec la cigarette électronique elle-même !
Dans son baromètre de 2017, Santé Publique France estimait que la cigarette électronique avait aidé 700 000 personnes à arrêter de fumer depuis son arrivée sur le marché en 2010. Cette même enquête révélait que la moitié de la population la considérait comme nocive, à tort.
Comparatif entre cigarette électronique et cigarette classique
La cigarette électronique est composée d’une batterie, associée à un réservoir ou une cartouche contenant un liquide à base de solvants, parfumé avec des arômes. De la nicotine y est souvent associée. Chauffé par un atomiseur, ce liquide est transformé en aérosol mimant les volutes de cigarette, inhalé par les usagers.
Les solvants utilisés, la glycérine végétale et le propylène glycol, sont des produits très courants, dont l’usage est largement répandu dans l’industrie cosmétique, du médicament et même alimentaire. Ils sont reconnus sans danger pour la santé humaine.
Vapeur de e-cigarette versus fumée de cigarette
Cependant, la vapeur générée par la cigarette électronique contient certains composés chimiques potentiellement toxiques. Les teneurs n’ont cependant rien de comparable avec celles de la cigarette.
Une équipe londonienne spécialisée dans la recherche sur la dépendance au tabac a comparé les taux de certains de ces composés dans la vapeur de cigarette électronique et la fumée de cigarette. Leurs analyses ont montré que la vapeur d’e-cigarette contient :
- 9 fois moins de formaldéhyde ;
- 15 fois moins d’acroléine ;
- 120 fois moins de toluène ;
- 450 fois moins d’acétaldéhyde.
Les niveaux de ces composés dans la vapeur de cigarette électronique sont comparables à ceux d’un dispositif vendu en pharmacie pour aider au sevrage tabagique, un inhalateur de nicotine (Nicorette®).
Par ailleurs, selon une étude dirigée par le Docteur Jean-François Bertholon du groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière à Paris, la cigarette électronique, contrairement à la cigarette classique ou à la chicha, ne présenterait pas de réel risque de tabagisme passif.
Cas où la cigarette électronique a provoqué des décès
Un épisode tragique a pourtant alimenté la méfiance vis-à-vis de la cigarette électronique. En 2019, les cas d’une mystérieuse maladie pulmonaire apparaissant chez des usagers de cigarette électronique se sont multipliés, touchant plus de 2 000 personnes, principalement aux États-Unis, mais aussi dans d’autres régions du monde (Canada, Belgique, Espagne…). Elle a causé la mort de 50 personnes.

Appelée EVALI (pour « e-cigarette or vaping product use associated lung injury »), les raisons de cette affection sont aujourd’hui connues.
Ce n’est pas le vapotage en lui-même qui est à incriminer, mais la présence d’un produit interdit dans des recharges illégales contenant du cannabis, l’acétate d’alpha-tocophérol, qui est une forme synthétique de vitamine E.
Il est responsable des lésions apparues chez les usagers, rappelant la nécessaire vigilance sur la sélection des produits utilisés.
La cigarette électronique favorise-t-elle l’entrée dans le tabagisme ?
L’un des griefs retenus à l’encontre de la cigarette électronique repose que le fait qu’elle faciliterait l’entrée dans le tabagisme pour les plus jeunes notamment. En effet, consommer de la nicotine par l’intermédiaire de la cigarette électronique peut entraîner une dépendance à cette substance très addictive, porte d’entrée vers le tabagisme chronique.
Mais est-ce une réalité ou un mythe théorique ?
Une analyse de la littérature ayant compilé les données recueillies auprès de 17 389 adolescents et jeunes adultes a répondu à la question, révélant que l’usage de la cigarette électronique est associé à un risque de fumer des cigarettes classiques par la suite multiplié par 3,5 fois.
C’est bien le seul risque lié à la cigarette électronique.
De plus, les raisons qui poussent les jeunes gens à vapoter peuvent être les mêmes que celles qui les poussent ensuite à fumer. Autrement dit, un jeune attiré par le fait de fumer peut tester différentes formes de cigarettes, sans que l’une ne conditionne l’accès à l’autre.
Quels sont les avantages de la cigarette électronique ?
L’usage de la cigarette électronique comporte de nombreux intérêts, en facilitant l’arrêt du tabac ou en améliorant la santé des fumeurs traditionnels.
Deux fois plus efficace pour arrêter de fumer !
Une équipe de psychologues britanniques a par exemple comparé l’efficacité sur le long terme de l’usage de la vapoteuse par rapport aux substituts nicotiniques pour arrêter de fumer.
Parmi les personnes recrutées pour l’étude, 447 ont utilisé le produit de remplacement de la nicotine de leur choix, seul ou en combinaison (patch associé à des pastilles, à un spray…) et 439 une cigarette électronique.
Au bout de 6 mois, puis d’un an, une évaluation du taux de monoxyde de carbone était menée chez les personnes se déclarant abstinentes, pour s’assurer qu’elles avaient bel et bien cessé de fumer et fiabiliser les données recueillies.
Résultats :
- 18% d’abstinence dans le groupe ayant eu recours à la cigarette électronique ;
- 9,9% d’abstinence avec les substituts de nicotine.
Le vapotage est donc presque deux fois plus efficace que les substituts nicotiniques pour arrêter de fumer !
Un soutien pour réduire sa consommation de tabac
Par ailleurs, chez les participants n’ayant pas réussi à arrêter complètement de fumer :
- 13 % des personnes ayant recours à la cigarette électronique avaient réduit leur consommation au moins de moitié ;
- 7,4 % des personnes ayant recours à un substitut nicotinique avaient réduit leur consommation au moins de moitié.
La cigarette électronique peut par ailleurs aider à réduire la consommation de tabac chez des personnes qui ne souhaitent pas arrêter totalement. Une étude menée auprès de jeunes schizophrènes a montré que son usage diminue le nombre de cigarettes consommées quotidiennement.
Une méthode à tester en cas d’échecs passés
Cette efficacité supérieure du recours à la cigarette électronique dans le cadre du sevrage tabagique a été confirmé par une méta-analyse de grande ampleur publiée en 2024, ayant compilé les données recueillies lors de 88 études et auprès de plus de 27 000 participants. Un membre de l’équipe de recherche a déclaré :
« Certaines personnes qui n’ont pas réussi par le passé avec d’autres aides à l’arrêt ont trouvé que les e-cigarettes les avaient aidées. »
Jamie Hartmann-Boyce.
Passer à la cigarette électronique pour mieux respirer
Réduire ou arrêter la consommation de cigarettes classiques au profit de la cigarette électronique peut alléger certains symptômes respiratoires. Cela a été constaté dans plusieurs études : chez des personnes “en bonne santé”, des personnes présentant de l’asthme et des personnes souffrant de bronchopneumopathie obstructive (BPCO).
Les chercheurs ont constaté :
- une respiration facilité ;
- moins de toux et de maux de gorge ;
- une meilleure perception du goût et des odeurs ;
- plus d’énergie la journée ;
- un endormissement facilité ;
- des voies respiratoires moins réactives en cas d’asthme ;
- une stabilisation de la BPCO.
Sur près de 1200 personnes atteintes de BPCO qui ont accepté de répondre à un questionnaire, 75,7 % ont indiqué que le passage de la cigarette de papier à la cigarette électronique a amélioré leurs symptômes respiratoires. La moitié a même pu stopper leur traitement médicamenteux destiné à améliorer leur respiration.

Meilleure santé vasculaire
Des travaux menés sur des cultures cellulaires ont défrayé la chronique à ce sujet : les arômes utilisés dans les liquides des e-cigarettes seraient toxiques pour les vaisseaux sanguins !
S’agissant d’études dans des circonstances différentes de la réalité (dans des éprouvettes), on ne peut pas en tirer de conclusion sérieuse. De plus, si on compare les études pratiques qui ont comparé les effets de la cigarette classique à ceux de la e-cigarette sur la santé vasculaire, les résultats sont clairs.
Une étude écossaise a regroupé 114 personnes fumeuses (consommant au moins 15 cigarettes au quotidien depuis au moins deux ans). Les participants ont été répartis en trois groupes ; les 40 personnes du premier groupe ont continué de fumer, les 37 du second ont vapoté des cigarettes électroniques avec de la nicotine, les 37 du dernier groupe des cigarettes électroniques sans nicotine.
Le fonctionnement des vaisseaux sanguins de chacun des participants a été évalué avant le début de l’étude, puis après un mois. Pour ce faire, ils ont mesuré la dilatation de la principale artère du bras sous l’effet du flux sanguin.
Les chercheurs ont ainsi constaté que le passage de la cigarette classique à la cigarette électronique, qu’elle contienne ou non de la nicotine, permet d’améliorer ce paramètre (de 1,5 point en moyenne).

Les plus forts bénéfices ont été notés pour les femmes : troquer sa cigarette classique contre une cigarette électronique contenant de la nicotine a amélioré le score de 1,8 point, et de 2,2 points avec une cigarette électronique sans nicotine.
Ces effets sont importants : des études précédentes ont montré que pour chaque amélioration de ce paramètre d’un point, le risque d’événements cardiovasculaires diminue de 13 %. Chez les fumeurs, la santé des vaisseaux sanguins s’améliore donc rapidement lorsqu’ils passent à la cigarette électronique.
Comme vous le voyez, la réalité des effets de la cigarette électronique est claire !
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