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Manque d’acidité dans l’estomac : comment le soigner ?

reflux gastrique par hypochlorhydrie

L’estomac est un milieu extrêmement acide et cette condition est indispensable pour assurer une bonne digestion des aliments et nous protéger contre les microbes ingérés avec la nourriture.

Au cours du vieillissement, en cas de contamination par la bactérie Helicobacter pylori ou suite à certains traitements médicamenteux, l’estomac peut devenir moins acide, ce qui n’est pas sans conséquence sur notre santé. Comment lutter contre ce phénomène ? Des réponses ici.

Le manque d’acidité gastrique est-il un phénomène courant ?

Le liquide gastrique, fluide présent au sein de l’estomac, contient de l’acide chlorhydrique qui lui confère un degré d’acidité très important : son pH est généralement compris entre 1 et 4.

L’acide chlorhydrique est produit par les cellules pariétales de l’estomac.

Cette production est parfois altérée, on parle alors :

  • d’hypochlorhydrie, qui correspond à une production insuffisante d’acide chlorhydrique. Le pH gastrique à jeun est supérieur à 4. Cette situation affecte environ 2% de la population de moins de 60 ans ;
  • d’achlorhydrie, qui correspond à une sécrétion d’acide nulle et concerne 2,3 % de la population de moins de 60 ans. Le pH de l’estomac se rapproche de la neutralité (pH 7).

Après 60 ans, la fréquence de ces troubles augmentent et concernent 5 % des adultes.

Différentes raisons peuvent conduire à une sécrétion insuffisante d’acide au niveau de l’estomac. Selon sa cause, une stratégie particulière sera mise en place pour la relancer ; il n’existe en effet pas de traitement spécifique de l’hypochlorhydrie.

Il est souvent indispensable de traiter en parallèle les conséquences de ce manque d’acidité, avec une supplémentation en vitamine D, en vitamine B12 et en certains minéraux (fer, calcium…).

Éradiquer Helicobacter pylori pour combattre le manque d’acidité

La principale raison d’un manque d’acidité dans l’estomac est la présence de la bactérie pathogène Helicobacter pylori. Elle provoque une inflammation de la paroi de l’estomac (gastrite), conduit à son atrophie, et peut entraîner la formation d’un ulcère, voire d’un cancer.

H. pylori se distingue des autres microbes par sa capacité à survivre et se développer dans le milieu très hostile de l’estomac.

Elle produit des composés qui bloquent la sécrétion d’acide gastrique et elle entrave le fonctionnement des pompes à protons présentes au niveau des cellules pariétales et indispensables pour la sécrétion de l’acide chlorhydrique.

De plus, elle agit sur le gène qui assure leur fabrication, réduisant ainsi leur nombre.

Des chercheurs ont constaté que même si l’éradication de la bactérie ne permet pas de restaurer parfaitement la muqueuse de l’estomac, elle permet de ré-acidifier l’organe.

A lire : Helicobacter pylori : tous les traitements naturels

Effet secondaire des IPP

Une autre raison courante du manque d’acidité gastrique est la prise de médicaments de la famille des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sur le long terme.

Quels sont les effets des IPP sur l’acidité gastrique ?

Les IPP sont des médicaments anti-sécrétoires, qui réduisent la production d’acide au niveau de l’estomac. Ils sont très largement prescrits, en cas de reflux gastro-œsophagien, de traitements par anti-inflammatoires non stéroïdiens, d’ulcère d’estomac…

Disponibles sans ordonnance, les patients ne sont pas toujours avertis des risques d’effets indésirables qui leur sont associés.

Ils sont très efficaces pour neutraliser l’acidité de l’estomac. Des chercheurs finlandais ont par exemple montré qu’un traitement à base de l’un de ces médicaments (le lansoprazole) pendant 7 jours chez 8 hommes en bonne santé conduit à une augmentation du pH gastrique de 1,3 à 6,1 en moyenne. 

Ils ont également mis en lumière les dommages associés. La baisse de l’acidité de l’estomac a permis sa colonisation par des bactéries. Si celles-ci n’étaient pas forcément pathogènes, elles ont exposé les jeunes hommes à des risques très sérieux. Lorsqu’ils ont consommé une dose modérée d’alcool, les bactéries l’ont transformé en partie en acétaldéhyde, un composé cancérigène. Si les conséquences sont limitées quand la baisse d’acidité est transitoire, on imagine aisément les conséquences lorsqu’elle perdure sur le long terme. 

De plus, dans de nombreux cas, la prise de ces médicaments ne se justifie pas : en cas de reflux gastro-œsophagien, le problème n’est pas lié à un excès d’acidité gastrique, mais bien au fait que le contenu de l’estomac remonte dans l’œsophage où il n’a rien à faire… Il est ainsi indispensable de traiter la cause plutôt que de faire taire le symptôme en réduisant l’acidité.

Quelles sont les solutions pour arrêter les IPP ?

Pour ne pas subir les conséquences du manque d’acidité gastrique, il est ainsi indispensable d’apprendre à se passer de ces médicaments.

Mélatonine, bicarbonate de soude, plantes anti-reflux, il existe de nombreuses alternatives naturelles pour parvenir à arrêter les IPP.

Les brûlures d’estomac provoquées par un RGO peuvent également être atténuées en modifiant ses habitudes alimentaires et en évitant certains aliments

Augmenter la production d’acide par l’estomac

Certaines substances naturelles peuvent élever de façon transitoire l’acidité de l’estomac. 

Elles ont été découvertes dans des études menées pour trouver des moyens d’augmenter transitoirement le pH de l’estomac. En effet, certains médicaments nécessitent que l’estomac soit suffisamment acide pour être efficaces.

Les boissons et aliments stimulant la production d’acide

Lorsque nous mangeons, l’estomac augmente sa production d’acide pour faciliter la digestion. Si tous les aliments ont tendance à produire cet effet, ce sont particulièrement les protéines qui conduisent à l’acidification la plus importante : 

  • elles stimulent la production de gastrine, une hormone provoquant une augmentation des sécrétions acides ;
  • les acides aminés issus des protéines, déjà absorbés et ayant gagné la circulation sanguine, stimulent directement les cellules pariétales pour la production d’acide.

C’est probablement pour ça que beaucoup de personnes avec un déficit chronique en acide dans l’estomac ressentent une amélioration du bien-être avec une alimentation riche en produits animaux comme le régime carnivore, à la mdoe depuis quelques années.

Du côté des boissons, les sodas, le café, le thé, et le lait stimulent les sécrétions acides de l’estomac. Ainsi que les alcools fermentés comme la bière et le vin.

La bétaïne

Chez des hommes en bonne santé dont le pH de l’estomac a été augmenté suite à un traitement par IPP, l’administration de 1500 mg de bétaïne-HCl permet d’abaisser le pH de 5,2 en moyenne à 0,6 un demi-heure après son administration, mais n’agit que temporairement.

Acide glutamique

Des chercheurs américains ont montré que l’administration d’une gélule de 680 mg de chlorhydrate d’acide glutamique augmente l’acidité gastrique et favorise l’assimilation d’un médicament anti-fongique, le kétoconazole.

Fumaria vaillantii 

Des chercheurs indiens ont montré chez l’animal qu’un extrait de plante entière de Fumaria vaillantii associé à un extrait de fruits de Benincasa hispida est en mesure d’augmenter l’acidité du jus gastrique et de prévenir la carence en fer qui découle de l’hypochlorhydrie

Le vinaigre de cidre

Le vinaigre de cidre qui possède un pH acide (généralement compris entre 2 et 3) en raison de la présence d’acide acétique est souvent conseillé pour acidifier l’estomac, mais aucune étude ne vient étayer cette recommandation. 


Références :

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  8. Yago MR et al. Gastric reacidification with betaine HCl in healthy volunteers with rabeprazole-induced hypochlorhydria. Mol Pharm. 2013;10(11):4032-4037. 
  9. Lelawongs P et al. Effect of food and gastric acidity on absorption of orally administered ketoconazole. Clin Pharm. 1988;7(3):228-235. 
  10. Upanandan Mandal et al. Management of experimental hypochlorhydria with iron deficiency by the composite extract of Fumaria vaillantii L. and Benincasa hispida T. in rat. J Nat Sci Biol Med. 2014 Jul-Dec; 5(2): 397–403. 

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