Les oméga-3 diminueraient la calcification artérielle
Modifié le 7 novembre 2024
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Les oméga-3 sont des nutriments abondants dans les poissons gras, qui exercent de nombreux bienfaits sur notre santé. Parmi ceux-ci, certains concernent la sphère cardiovasculaire et notamment le phénomène de calcification des vaisseaux sanguins.
La calcification des artères est un processus pathologique qui se produit lorsque des cristaux de phosphate de calcium s’accumulent dans la paroi des vaisseaux sanguins, les rendant plus rigides. Ces dépôts conduisent à une inflammation et à un rétrécissement du diamètre des artères, ce qui gêne la circulation sanguine. Le passage du sang dans le vaisseau risque même d’être complètement empêché.
Ce durcissement des artères, aussi appelé athérosclérose, augmente le risque d’hypertension et d’accidents cardiovasculaires : infarctus du myocarde ou AVC. Pour rappel, en France, les maladies cardiovasculaires représentent la deuxième cause de décès chez les hommes et la première chez les femmes, d’où l’importance de trouver des moyens efficaces d’empêcher la calcification artérielle.
Athérosclérose et apports en oméga-3
Différentes études ont suggéré que les oméga-3 favorisent une bonne santé cardiovasculaire. Ces lipides sont des acides gras polyinsaturés à longue chaîne. Plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer leurs bienfaits : un effet bénéfique sur le rythme cardiaque, la pression artérielle, les triglycérides sanguins, l’inflammation…
En effet, les acides gras oméga-3 que sont l’EPA (acide eicosapentaénoïque) et le DHA (acide docosahexaénoïque) permettent la formation de résolvines, des molécules dérivées des acides gras, qui sont de puissants anti-inflammatoires.

Effets anti-inflammatoires de la résolvine E1 dans l’athérosclérose.
Le rôle protecteur des apports alimentaires en DHA
Des travaux chez l’animal suggèrent également que les oméga-3 préviennent l’athérosclérose. Mais agissent-ils aussi chez l’homme ? Pour le savoir, des chercheurs de l’université de Pittsburgh aux États-Unis ont étudié le lien entre la consommation d’acides gras oméga-3 et le durcissement des artères.
Leur étude a inclus 998 hommes en bonne santé, âgés de 40 à 49 ans. La calcification de leur aorte, qui est un marqueur de l’athérosclérose, a été mesurée par tomographie et leur taux d’oméga-3 a été dosé dans le sang.

Les chercheurs ont observé que les participants ayant de faibles niveaux d’oméga-3 présentaient un risque accru de calcification de l’aorte.
L’association inverse entre calcification artérielle et oméga-3 était surtout vraie pour l’acide gras DHA. Les auteurs en concluent que le DHA, plus que l’EPA, est une molécule qui pourrait aider à la prévention et au traitement de l’athérosclérose.
Supplémentation en oméga-3 et santé cardiovasculaire
D’autres études se sont intéressées à l’intérêt des oméga-3 pour lutter contre l’athérosclérose. En 2018, deux chercheurs de l’université du Nouveau-Mexique ont publié une revue sur les bénéfices d’une complémentation en oméga-3 pour les personnes à risque d’athérosclérose : des patients avec une hyperlipidémie, un syndrome métabolique, un IMC élevé, un diabète de type 2, ou des fumeurs.
Les auteurs ont examiné une vingtaine d’études scientifiques consacrées à ce sujet, et en ont conclu que les oméga-3 DHA et EPA améliorent la fonction vasculaire chez ces sujets à risque. Cependant, pour les patients diabétiques, seulement deux études sur cinq ont mis en évidence des bénéfices dans ce contexte.
Une efficacité parfois limitée
De manière générale, l’efficacité des oméga-3 en prévention des maladies cardiovasculaires a fait l’objet de très nombreuses études. Une revue Cochrane de 2018 a sélectionné 79 essais cliniques sur cette question, regroupant plus de 112 000 personnes. La plupart de ces études avaient testé une complémentation en oméga-3, plutôt qu’un changement alimentaire.
D’après les résultats, l’augmentation des apports en oméga-3 par ce biais avait peu ou pas d’effet sur :
- la mortalité toutes causes ;
- la mortalité cardiovasculaire ;
- les événements cardiovasculaires ;
- l’AVC ;
- l’arythmie.
Des effets variables selon la qualité des oméga-3
Pourtant, les études qui ont observé les changements alimentaires (plus de poissons gras) concluent bien à des bénéfices. Alors comment expliquer ces résultats décevants avec les compléments alimentaires d’oméga-3 ? Probablement par leur origine et leur qualité.
Il faut distinguer les apports en oméga-3 provenant de poissons de la prise de compléments. Cette différence tient à la qualité des compléments alimentaires qui est souvent très mauvaise : dans le poisson, les oméga-3 sont protégés de l’oxydation, alors que, sous forme de compléments, ils risquent plus d’être oxydés. Or, oxydés, les oméga-3 sont bien moins bénéfiques. Certaines études ont même montré que des oméga-3 oxydés exercent des effets inverses : ils peuvent augmenter le stress oxydatif, le niveau de cholestérol et altérer l’état de santé.
Il est ainsi crucial de se fier à l’indice TOTOX, une mesure du niveau d’oxydation, en cas de supplémentation en oméga-3. Il est de plus nécessaire d’utiliser des doses élevées pour profiter des bienfaits cardiovasculaires et de les coupler à la vitamine D, qui agit en synergie avec ces nutriments.
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