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Intolérance et sensibilité au gluten : quelle est la différence ?

Le blé fait partie des céréales qui contiennent du gluten

L’intolérance et la sensibilité au gluten sont deux maladies différentes. Pour autant, dans les deux cas, la suppression des céréales à gluten permet d’améliorer les symptômes. En revanche, il est très important de savoir faire la différence entre les deux pathologies. En effet, leur dépistage, leurs complications et la manière d’adapter son alimentation sont très différents.

L’intolérance au gluten ou maladie coeliaque

On appelle aussi l’intolérance au gluten « maladie cœliaque » (les deux termes sont synonymes). Dans cette maladie, l’ingestion de gluten provoque une réaction en chaîne qui aboutit à la production d’anticorps qui détruisent notre intestin. Il s’agit donc d’une maladie auto-immune.

La maladie coaliaque est un cas particulier parmi les maladies auto-immunes

Cette maladie est toutefois différente des maladies auto-immunes classiques, dans le sens où la réaction immunitaire n’a pas lieu directement contre une protéine de notre organisme mais contre une nouvelle protéine formée lors d’une interaction avec les prolamines du gluten (pour le blé il s’agit de la gliadine) avec une enzyme, la transglutaminase. Cette réaction n’a lieu que chez des personnes génétiquement prédisposées.

Cette différence est très importante car, contrairement aux maladies auto-immunes classiques dans lesquelles on ne peut pas stopper le processus auto-immun (à cause de la mémoire du système immunitaire), il est possible de stopper l’attaque auto-immune de l’intolérance au gluten simplement en supprimant totalement le gluten de son alimentation.

A ce jour, on estime que l’intolérance au gluten concernerait 0,5 à 1% de la population.

La sensibilité au gluten 

La sensibilité au gluten, aussi appelée « hypersensibilité au gluten », n’est pas une maladie auto-immune mais une maladie inflammatoire. Les connaissances actuelles ne permettent pas de déterminer si le gluten est directement responsable de la maladie. Les études les plus récentes suggèrent que les inhibiteurs de trypsine pourraient être en cause.

Ces inhibiteurs de trypsine provoquent une inflammation qui déclenche une réaction immunitaire. Cette inflammation est susceptible de toucher tout l’organisme et dépend de chacun. Les symptômes peuvent être proches ou identiques à ceux de l’intolérance au gluten, mais ont une physiopathologie (un mécanisme) différente.

Par définition, la sensibilité au gluten est « une maladie dans laquelle les symptômes sont liés à l’ingestion de gluten, mais en l’absence d’intolérance ou d’allergie au gluten ». Cette précision est nécessaire car les deux maladies ont des symptômes très proches, voir identiques.

La sensibilité au gluten est la maladie liée au gluten la plus fréquente, puisqu’elle concernerait jusqu’à 15% de la population. Elle serait en outre largement sous-diagnostiquée, par méconnaissance des médecins.

La sensibilité au gluten est très répandue, et très peu diagnostiquée

Les symptômes de l’intolérance et de la sensibilité au gluten

Les symptômes de l’intolérance et de la sensibilité au gluten peuvent être très proches, à tel point qu’ils ne permettent que rarement de faire la distinction entre les deux maladies.

Les manifestations les plus classiques de la maladie cœliaque sont les suivantes :

  • Diarrhée chronique ou intermittente (syndrome de l’intestin irritable)
  • Anémie avec manque de fer (anémie ferriprive)
  • Retard de croissance chez les enfants
  • Perte de poids chez les adultes
  • Absence de règles ou règles irrégulières chez les femmes (aménorrhée)
  • Problèmes de fertilité
  • Fatigue chronique
  • Problèmes de peau (éruptions cutanées, eczéma, psoriasis, etc.)
  • Fractures plus fréquentes ou plus faciles
  • Problèmes de coordination (ataxies)
  • Enzymes transaminases élevées au niveau du foie

Toutefois, selon les chercheurs de l’organisation mondiale de gastroentérologie, il n’est pas rare que l’intolérance au gluten soit présente sans aucun de ces symptômes ! Dans ce cas, les manifestations de la maladie sont plus subtiles et rejoignent ceux de la sensibilité au gluten, qui sont peu spécifiques :

  • Syndrome du côlon irritable et troubles du transit divers
  • Douleurs articulaires inexpliquées
  • Arthrose
  • Maladie inflammatoire de l’intestin
  • Fibromyalgie ou syndromes apparentés
  • Reflux gastrique
  • Nausées, digestion lente
  • Maux de tête, migraines
  • Eczéma, psoriasis, dermatites

Différentes études ont aussi mis en lumière un lien entre des maladies graves et la sensibilité au gluten. Il n’est pas possible de faire ce lien facilement, à part en essayant de supprimer le gluten de son alimentation.

Les complications des maladies liées au gluten

Chez une partie importante des personnes sensibles ou intolérantes au gluten, on retrouve d’autres intolérances alimentaires. La plus fréquente est l’intolérance au lactose présent dans les produits laitiers. Cela pourrait s’expliquer par le fait que le gluten augmente la perméabilité intestinale, et donc la fragilité de l’organisme face à d’autres substances.

Par ailleurs, les personnes qui ont une intolérance ou une sensibilité au gluten et qui continuent de manger du gluten, peuvent développer les complications suivantes :

  • Cancer du côlon ou de l’intestin
  • Cancer du sang (lymphomes)
  • Diabète de type 1
  • Dépression
  • Anxiété généralisée
  • Hyperactivité
  • Maladie auto-immune de la thyroïde (thyroïdite de Hashimoto)
  • Maladie hépatique auto-immune
  • Lupus
  • Schizophrénie ou hallucinations
  • Dyskinésies
  • Ataxie cérébelleuse
  • Syndrome de Turner
  • Syndrome de Williams

Cette liste est non exhaustive, et on ne connaît pas aujourd’hui toutes les maladies qui peuvent être consécutives à l’ingestion de gluten.

Il est important de noter que, puisque l’intolérance au gluten peut se présenter sans aucun symptôme classique, il est fréquent qu’une des complications soit le seul symptôme de l’intolérance ou de la sensibilité. Par exemple, le seul symptôme de l’intolérance peut être la présence d’une thyroïdite de Hashimoto.

Par conséquent, toute personne qui souffre d’une maladie chronique ou d’une maladie auto-immune devrait rechercher si elle tolère mal le gluten afin de savoir si la mise en place d’un régime alimentaire sans gluten peut améliorer son état de santé.

Comment savoir si on est intolérant au gluten ? 

Étant donné que les symptômes de l’intolérance et de la sensibilité au gluten peuvent être très proches, il est important de savoir comment faire le diagnostic de ces deux maladies.

Chez les adultes et chez les enfants, le diagnostic de la maladie coeliaque repose sur la présence des auto anticorps spécifiques à la maladie, ainsi que sur des biopsies intestinales diagnostiques concomitantes.

Actuellement les recherches scientifiques suggèrent qu’un diagnostic uniquement à partir de prises de sang est possible. Cette voix est notamment poussée par l’OMS car elle permettrait un dépistage plus rapide et plus important de la maladie dans la population, étant donné que la biopsie doit être réalisée à l’hôpital par un médecin gastroentérologue.

Par ailleurs, il faut savoir que les prises de sang et la biopsie ne sont pas fiables à 100%. La fiabilité est estimée à 90%, ce qui signifie que dans 10% des cas le résultat est négatif alors qu’il y a bien une intolérance au gluten ; on parle de faux négatif. Concrètement cela signifie que si vous vous sentez mieux en supprimant le gluten alors que les analyses sont négatives, il est recommandé de continuer à manger sans gluten.

Savoir si on est intolérant au gluten grâce à une prise de sang

Les analyses sanguines qui peuvent dévoiler une intolérance au gluten sont les suivantes :

  • Les immunoglobulines A anti-transglutaminase tissulaire (IgA tTG) : ces anticorps sont presque toujours présents et sont produits lors de la rencontre entre le système immunitaire et le gluten modifié par la transglutaminase 2. Ils sont très spécifiques de la maladie cœliaque et nécessaires à l’initiation de la destruction des villosités intestinales.
  • Les immunoglobulines A anti-endomysium (IgA EMA) : l’endomysium est un tissu conjonctif présent au niveau des muscles, où se trouve la transglutaminase. Il est donc une cible des anticorps dans la maladie cœliaque.
  • Les immunoglobulines A anti-gliadine (IgA AGA) : ces anticorps ne sont pas spécifiques de la maladie cœliaque, mais signent une réaction immunitaire de l’organisme contre la gliadine, la prolamine du blé. Ils sont importants dans de nombreuses maladies associées.
  • Les immunoglobulines A sériques (IgA totaux) : un des rôles des IgA est de protéger les muqueuses des infections. Or les personnes qui possèdent une prédisposition génétique à la maladie cœliaque (HLA-DQ2) ont fréquemment un déficit en IgA. Lorsque c’est le cas, les dosages d’IgA tTG, d’IgA EMA et d’IgA AGA sont faussés et il faudra alors doser les immunoglobulines G (IgG tTg, IgG EMA et IgG AGA) qui sont plus élevées chez les personnes déficitaires en IgA.

Il est toutefois important de noter qu’aucun de ces tests n’a de sens si vous avez déjà pris l’initiative de supprimer le gluten de votre alimentation. Il faudra le réintroduire pendant quelques semaines avant de faire les tests.

Si ces analyses de sang sont négatives mais que vous voyez une amélioration de votre santé en arrêtant de consommer du gluten, alors cela signifie que vous avez une sensibilité au gluten.

En cas d'intolérance au gluten, la seule possibilité de stopper la maladie est l'adoption d'un régime sans gluten strict

Vers un mode alimentaire sans gluten

Selon que vous ayez une intolérance ou une sensibilité au gluten, le régime sans gluten ne doit pas être mis en place de la même manière.

Un régime sans gluten strict pour les intolérants au gluten

Dans le cas de l’intolérance au gluten, il s’agit d’une maladie auto-immune dans laquelle chaque fragment de gluten, même infime, activera la réaction auto-immune. Vous devez donc éliminer le gluten de façon particulièrement stricte.

Les aliments qui contiennent des traces de gluten doivent ainsi être supprimés. Dans ce cas, les aliments qui bénéficient du label de l’AFDIAG ou qui sont certifiés sans gluten sont à privilégier. Vous devez faire très attention en mangeant en collectivités ou au restaurant car les traces de gluten sont très fréquentes, y compris dans des aliments apparemment anodins. Par exemple on trouve souvent du gluten dans des paquets de fruits secs (raisins) car on utilise de la farine pour faire rouler plus facilement ces fruits sur les machines des usines.

Une diète adaptée à la sensibilité au gluten

Dans le cas de la sensibilité au gluten, les traces ne posent généralement pas de problème. Chaque personne a une tolérance individuelle qu’il faut déterminer en supprimant méticuleusement le gluten dans un premier temps puis en observant l’évolution des symptômes quand on le réintroduit. Certaines personnes peuvent supporter un petit morceau de pain par jour alors que d’autres ont besoin de l’éliminer complètement.

Une alimentation saine et sans gluten

D’une façon générale, il est conseillé de consommer des aliments entiers et non transformés, naturellement sans gluten. On retrouve dans cette catégorie : les patates douces, les pommes de terre, le sarrasin, le riz, le teff, le quinoa, les lentilles, les haricots rouges et blancs, les châtaignes …

En effet, plusieurs études ont montré que les aliments industriels « sans gluten » peuvent avoir des effets néfastes sur la santé et accélérer la prise de poids ou l’apparition du diabète.

Selon le Dr Fasano (directeur du centre de recherche sur la maladie cœliaque et du centre de recherche en biologie et en immunité muqueuse à l’hôpital général pour enfants du Massachusetts aux États-Unis) que j’avais interviewé dans mon livre Gluten, comment le blé moderne nous intoxique, : le blé dit « ancestral » de Haute Provence contient du gluten et doit être évité dans ces deux pathologies, contrairement à ce qui se dit parfois sur internet.


Références

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