Ibuprofène et Nurofen bloquent la croissance musculaire

Ibuprofène et nurofen sont deux anti-inflammatoires non stéroïdiens couramment utilisés pour le traitement symptomatique des douleurs, y compris par les sportifs. Malheureusement il semble que leur utilisation chronique diminue l’adaptation des muscles à l’exercice et la croissance musculaire.

Des chercheurs néozélandais ont donné soit un placebo soit de l’ibuprofène à des sportifs avant une séance de musculation (charges utilisées autour du 80% du 1RM). L’ibuprofène (400 mg) a été pris 30 minutes avant la séance de sport, 6 heures après puis 12 heures après. Parallèlement des biopsies musculaires ont été effectuées au repos avant l’effort, juste après l’effort, 3 heures après l’effort puis 24 heures après l’effort. Les biopsies ont été utilisées pour mesurer la réponse des systèmes enzymatiques responsables de la croissance musculaire (ERK1/2 (Thr202/Tyr204), RSK (Ser380), mitogène kinase 1 (Mnk1, Thr197/202), kinase p70S6 (p70S6K, Thr421/Ser424), p-p70S6K (Thr389) et p-S6 (Ser235/S36, Ser240/244)).

Résultat : dans le groupe qui a reçu le placebo la réponse des muscles à l’exercice physique est normale alors que dans le groupe qui a reçu l’ibuprofène, la réponse des muscles était fortement diminuée. Les chercheurs expliquent que tous les médicaments anti-inflammatoires de cette famille, qui bloquent la synthèse de molécules inflammatoires appelées prostaglandines, interfèrent avec la réponse des muscles à l’entraînement et bloquent la croissance musculaire s’ils sont utilisés régulièrement.

Les médicaments incriminés sont donc l’ibuprofène et le nurofen mais aussi : le diclofénac (voltarène), le fénoprofène, le célécoxib (celebrex), le flurbiprofène (antadys), naproxène, etc.

En cas de douleurs chroniques il est donc conseillé d’utiliser des substances qui n’interfèrent pas avec la synthèse des prostaglandines. C’est le cas par exemple du gingembre.

Tout savoir sur la nutrition du sport tout en optimisant sa santé :

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Référence : Markworth JF, Vella LD, Figueiredo VC, Cameron-Smith D. Ibuprofen treatment blunts early translational signalling responses in human skeletal muscle following resistance exercise. J Appl Physiol (1985). 2014 May 15. pii: jap.01299.2013.

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No Comment

  • Michael  29 juin 2014 at 20 h 08 min

    Bonjour julien !! 🙂
    Merci pour tous tes conseils et articles !! (C’est vrai je suis fan j’avoue 😉 )

    Je viens de lire cet article et il ecrit ceci :  » En cas de douleurs chroniques il est donc conseillé d’utiliser des substances qui n’interfèrent pas avec la synthèse des prostaglandines. C’est le cas par exemple du curcuma phopholipidique  »

    As-tu des infos dans le même ordre d’idée sur l’Harpagophytum qui est aussi un antidouleur ? Serait’il susceptible d’interférer lui aussi ou peut-on le mettre au même niveau que le curcuma ?

    Merci beaucoup Julien 😉

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    • Julien V.  29 juin 2014 at 20 h 17 min

      L’harpagophytum est aussi un inhibiteur de la cyclo oxygénase comme ces médicaments, les effets sont donc comparables.

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  • Babouin  14 août 2014 at 21 h 46 min

    Bonjour,

    Bravo encore pour tout le travail fourni pour ce site et ces mines d’informations (ainsi que vos livres).

    Néanmoins si la croissance musculaire est bloquée à travers ces substances, en est-il de même pour les huiles essentielles de gaulthérie couchée (gaultheria procumbens) et d’eucalyptus citronné (eucalyptus citriodora) qui sont des anti-inflammatoires naturels ? Finalement les huiles essentielles anti-inflammatoires (genévrier, katafray, eucalyptus citronné, gaulthérie) ne sont elles pas contre-productives dans une optique de prise de masse en musculation, là où la courbature est reine ?

    Merci d’avance pour votre réponse et bonne continuation !

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    • Julien V.  15 août 2014 at 12 h 13 min

      Il faudrait connaître le mode d’action de toutes ces plantes. Je pense que tous les anti-inflammatoires qui inhibent la COX sont potentiellement néfastes pour la croissance musculaire. Les oméga-3 par exemple sont anti-inflammatoires mais n’ont pas ce mécanisme d’action et ont l’effet inverse : ils accélèrent les gains de masse musculaire.

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