Voici pourquoi les protéines ne sont pas dangereuses pour les reins

Les protéines sont-elles dangereuses pour la santé ou, au moins, pour nos reins ? « Oui », si on en croit certains internautes. Même discours selon certains médecins qui travaillent sur internet. Mais est-ce une réalité scientifique ou s’agit-il d’une idée reçue basée sur de simples convictions personnelles ?

Quels liens entre protéines et insuffisance rénale

De nombreuses études ont recherché les liens entre protéines et santé des reins. Les premières furent les études épidémiologiques : il s’agit de suivre des centaines ou des milliers de personnes pendant des années ou des dizaines d’années, d’observer l’évolution de leur état de santé et de voir si cette évolution a un lien avec certains comportements (manger plus de protéines par exemple) ou avec d’autres problèmes de santé (par exemple, on peut mettre en évidence dans ces études que les personnes qui prennent du poids au fil du temps augmentent nettement leur risque de devenir diabétiques de type 2).

Par exemple, dans la grande étude américaine dites « des infirmières », les chercheurs ont pu observer l’évolution de l’état de santé des reins de volontaires pendant une dizaine d’années. Résultat : chez les participants déjà victimes d’un problème de reins (insuffisance légère), plus la consommation de protéines d’origine animale augmentait (viandes, œufs, poissons, laitages), plus leur capacité de filtration rénale déclinait au fil du temps (1). En revanche, chez les 1100 femmes suivies dans l’étude et qui n’avaient pas de problème de reins au départ, aucun effet de la consommation de protéines sur la santé des reins n’était constaté.

Des résultats similaires sont observés par des chercheurs Australiens dans un centre de dialyse : les personnes qui subissent des dialyses et qui mangent plus de protéines ont plus de risque de voir la santé de leur reins se dégrader encore plus vite comparativement aux personnes qui mangent moins de protéines (2).

Par la suite, ces résultats ont été confirmés dans de grandes études d’intervention sur des malades touchés par une insuffisance rénale : les malades qui mangent moins de protéines survivent généralement plus longtemps que ceux qui en mangent plus (3). C’est pourquoi les recommandations officielles de tous les pays en cas d’insuffisance rénale incluent la baisse des apports journaliers en protéines.

Le problème est que ce conseil de diminuer les apports en protéines pour protéger les reins s’est ensuite répandu dans la population générale (sans problème de rein pré-existant). L’idée la plus retenue est que, manger beaucoup de protéines « stresse » les reins, ce qui peut finir par les détraquer. Il s’agit d’un des plus gros mythes en nutrition car il n’est étayé par aucune étude scientifique. Pire, les études montrent plutôt une absence de lien :

Ce qui se passe au niveau des reins quand on mange plus de protéines

Les chercheurs en nutrition ont commencé à se demander l’effet d’une augmentation de la consommation de protéines sur les reins au début du siècle dernier : en 1923, les docteurs Addis et Drury constataient déjà que lorsque la quantité de protéines augmente dans l’alimentation, la quantité d’urée rejetée dans les urines augmente également (4). L’urée est souvent considérée comme un « déchet » des protéines mais ce n’est pas exactement le cas : il s’agit plutôt d’une substance produite dans l’organisme lorsque ce dernier a utilisé des protéines pour fournir de l’énergie ou pour fabriquer d’autres protéines, les protéines de nos tissus étant en renouvellement constants, comme le sont nos os (c’est ce qui permet par exemple à une plaie de cicatriser). L’urée est donc à la fois potentiellement toxique en excès (déchet) mais aussi indispensable à la survie (en tant que pourvoyeur d’azote et participant à réguler l’excrétion d’eau au niveau des reins).

Cette première recherche était donc informative mais pas suffisamment. Il faudra ensuite attendre 1931 pour que soit documenté chez le chien une augmentation de l’urée en réponse à une alimentation plus riche en protéines mais aussi une augmentation de l’excrétion rénale de créatinine (5). La créatinine est une substance qui provient du catabolisme de la créatine phosphate. C’est cette créatine là que nos muscles utilisent pour fournir de l’énergie. Par la suite, plusieurs équipes de recherche montreront que ces augmentations d’excrétions (urée et créatinine) étaient consécutives à une augmentation de la circulation de sang dans les reins lors d’une augmentation de la concentration de protéines (6). On appelle cette mesure le « débit de filtration glomérulaire » (DFR) : il s’agit simplement d’une mesure du volume de liquide filtré par minutes.

Pour savoir si les protéines sont nocives pour les reins, il suffit donc de savoir si cette augmentation de la filtration ou, dit autrement, cette hausse du DFR, se traduit « réellement » par une détérioration des reins.

Et sur ce point, toutes les études sont négatives :

  • Chez les femmes enceintes, on constate une augmentation naturelle de 65% du DFR mais pourtant, la grossesse n’est pas un facteur de risque de l’insuffisance rénale. Autrement dit, les reins semblent travailler beaucoup plus pendant la grossesse sans que cela n’ait un impact sur leur état à court ou à long terme (7, 8).
  • Les études qui ont suivi les personnes ayant subi une néphrectomie (ablation d’un rein), ne montrent aucun effet de la consommation de protéines sur l’état de santé des reins à long terme. C’est un résultat particulièrement fort car, théoriquement, un seul rein doit déjà faire un travail double de la normale ! Si les protéines étaient si néfastes, le constat serait évident (9).
  • Les études d’observation faites sur des sportifs suivant un régime alimentaire très riche en protéines n’ont jamais montré d’effet toxique les reins, à court terme comme à long terme (10).
  • Les études ayant suivi l’évolution de l’état de santé de personnes suivant des régimes minceurs hyperprotéinés n’ont trouvé aucun effet néfaste sur les reins (11).

Ce que montrent les études d’intervention sur les protéines et les reins

En plus de ces études d’observation, il existe aussi des études d’intervention, sur d’autres mammifères comme le chien ou le rat. Et là encore, les résultats sont similaires aux études d’observation : chez les animaux déjà malades, les protéines sont néfastes mais chez les animaux sans problème de rein, les protéines n’ont pas d’effet nocif.

En 2004, une étude menée sur des rats a même testé l’effet d’une alimentation hyper-riche en protéines (50%) pendant plusieurs mois (équivalent à 15 années chez un humain) et n’a trouvé aucun effet néfaste sur les reins malgré une augmentation du débit de filtration glomérulaire (12).

Chez des chiens ayant subi une néphrectomie, le choix d’une alimentation à 19, 27 ou 56% de protéines pendant 4 ans n’a montré aucune différence sur l’état de santé des reins des animaux (13).

Une seule étude a trouvé un effet néfaste des protéines sur des reins de rats mais les protéines utilisées pour nourrir les animaux étaient fabriquées à partir de bactéries (les chercheurs ont donc suspecté une contamination) et les résultats n’ont pas été reproduits depuis 1984 (14).

Mais si ce ne sont pas les protéines le problème alors qu’est-ce que c’est ?

Ce que font vraiment les protéines sur les reins

Les études ont montré, chez les animaux comme chez l’homme, qu’une alimentation riche en protéines augmente le débit de filtration glomérulaire ainsi que la taille des reins, sans conséquence néfaste sur le fonctionnement de ces derniers, en l’absence de problème de rein initial.

L’hypothèse retenue par les chercheurs à ce jour pour expliquer ce phénomène provient aussi des études faites sur les personnes ayant subi une néphrectomie : il semble qu’en présence d’une plus grande quantité de protéines, les reins s’adaptent et grossissent légèrement. A l’inverse, si on mange moins de protéines, les reins rétrécissent légèrement. Dans les deux cas, cela n’a pas d’influence sur la santé des reins. Un peu comme un muscle que l’on entraîne en salle de sport : il grossit sous l’effet des contraintes mécaniques répétées mais cela ne veut pas dire que le muscle est malade; au contraire. Ces observations ont été faites à court terme comme à très long terme (plus de 20 ans de suivi chez les personnes ayant subi une néphrectomie)

L’hyperfiltration et l’accroissement de la taille des reins sont donc tout simplement un phénomène biologique normal; et non un affaiblissement ou une pathologie. Au contraire même, car l’incapacité des reins à s’adapter nous mettrait en danger (15, 16).

Ce qu’il faut faire pour préserver la santé de ses reins

Pour comprendre le facteur le plus important dans la protection de la santé de nos reins, il suffit de connaître le facteur de risque le plus important de l’insuffisance rénale; c’est-à-dire le comportement ou le problème de santé qui provoque le plus de problèmes de reins. Et il ne s’agit pas de la consommation de protéines mais de l’hypertension artérielle (17).

Or, l’hypertension artérielle est, dans la majorité des cas, la conséquence d’apports trop élevés en sel de table (ions chlorure acidifiants apportés par le sel), conjointement à des apports trop faibles en fruits et légumes (ions basifiants apportés par les végétaux). Pour plus d’informations à ce sujet, voir le régime DASH (régime de référence utilisé par les médecins pour lutter contre l’hypertension artérielle).

Plusieurs études ont confirmé cette hypothèse : le risque de développer des problèmes de reins est multiplié jusqu’à 3 dans le cas où les apports en potassium via les fruits et légumes sont trop faibles. A noter également que cet effet nocif du sel et protecteur des fruits et légumes se retrouve aussi en cas d’insuffisance rénale déjà déclarée (18, 19, 20, 21).

Enfin, dernière information importante qui découle de ces découvertes : l’effet acidifiant des protéines dans l’alimentation est largement surestimé par rapport à celui du sel !

Références :

(1) Knight EL, Stampfer MJ, Hankinson SE, Spiegelman D, Curhan GC: The Impact of Protein Intake on Renal Function Decline in Women with Normal Renal Function or Mild Renal Insufficiency. Ann Intern Med. 2003, 138 (6): 460-467.

(2) Johnson DW, Mudge DW, Sturtevant JM, Hawley CM, Campbell SB, Isbel NM, Hollett P: Predictors of decline of residual renal function in new peritoneal dialysis patients. Perit Dial Int. 2003, 23 (3): 276-283.

(3) Pedrini MT, Levey AS, Lau J, Chalmers TC, Wang PH. The effect of dietary protein restriction on the progression of diabetic and nondiabetic renal diseases: a meta-analysis. Ann Intern Med. 1996;124:627–632.

(4) Addis T, Drury DR: The Rate of Urea Excretion. VII. The effect of various other factors than blood urea concentration on the rate of urea excretion. J Biol Chem. 1923, 55 (4): 629-638.

(5) Jolliffe N, Smith HW: The Excretion of Urine In The Dog: I. The Urea and Creatinine Clearances on a Mixed Diet. Am J Physiol. 1931, 98 (4): 572-577.

(6) Bilo HJ, Schaap GH, Blaak E, Gans RO, Oe PL, Donker AJ: Effects of chronic and acute protein administration on renal function in patients with chronic renal insufficiency. Nephron. 1989, 53 (3): 181-187.

(7) Calderon JL, Zadshir A, Norris K. A survey of kidney disease and risk-factor information on the World Wide Web. MedGenMed. 2004;6:3.

(8) Conrad KP. Mechanisms of renal vasodilation and hyperfiltration during pregnancy. J Soc Gynecol Investig. 2004;11:438–448.

(9) Higashihara E, Horie S, Takeuchi T, Nutahara K, Aso Y. Long-term consequence of nephrectomy. J Urol. 1990 Feb;143(2):239-43.

(10) Lemon PW. Is increased dietary protein necessary or beneficial for individuals with a physically active lifestyle? Nutr Rev. 1996;54:S169–75.

(11) Skov AR, Toubro S, Bulow J, Krabbe K, Parving HH, Astrup A. Changes in renal function during weight loss induced by high vs low-protein low-fat diets in overweight subjects. Int J Obes Relat Metab Disord. 1999;23:1170–1177.

(12) Lacroix M, Gaudichon C, Martin A, Morens C, Mathe V, Tome D, Huneau JF. A long-term high-protein diet markedly reduces adipose tissue without major side effects in Wistar male rats. Am J Physiol Regul Integr Comp Physiol. 2004;287:R934–42.

(13) Robertson JL, Goldschmidt M, Kronfeld DS, Tomaszewski JE, Hill GS, Bovee KC. Long-term renal responses to high dietary protein in dogs with 75% nephrectomy. Kidney Int. 1986;29:511–519.

(14) Stonard MD, Samuels DM, Lock EA. The pathogenesis and effect on renal function of nephrocalcinosis induced by different diets in female rats. Food Chem Toxicol. 1984;22:139–146.

(15) Higashihara E, Horie S, Takeuchi T, Nutahara K, Aso Y. Long-term consequence of nephrectomy. J Urol. 1990;143:239–243.

(16) Regazzoni BM, Genton N, Pelet J, Drukker A, Guignard JP. Long-term followup of renal functional reserve capacity after unilateral nephrectomy in childhood. J Urol. 1998;160:844–848.

(17) Vupputuri S, Batuman V, Muntner P, Bazzano LA, Lefante JJ, Whelton PK, He J. Effect of blood pressure on early decline in kidney function among hypertensive men. Hypertension. 2003;42:1144–1149.

(18) Ko BJ, Chang Y, Ryu S, Kim EM, Lee MY, Hyun YY, Lee KB. Dietary acid load and chronic kidney disease in elderly adults: Protein and potassium intake. PLoS One. 2017 Sep 27;12(9):e0185069.

(19) Passey C. Reducing the Dietary Acid Load: How a More Alkaline Diet Benefits Patients With Chronic Kidney Disease. J Ren Nutr. 2017 May;27(3):151-160.

(20) Goraya N, Wesson DE. Kidney Response to the Spectrum of Diet-Induced Acid Stress. Nutrients. 2018 May 11;10(5).

(21) van der Wijst J, Tutakhel OAZ, Bos C, Danser AHJ, Hoorn EJ, Hoenderop JGJ, Bindels RJM. Effects of a high sodium-low potassium diet on renal calcium, magnesium, and phosphate handling. Am J Physiol Renal Physiol. 2018 Jan 10.

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30 Response Comments

  • JB  2 juillet 2018 at 14 h 10 min

    Très bon article, merci beaucoup.

    Vous dites que l’effet acidifiant du sel est bien supérieur à celui des protéines. Avez-vous l’indice pral du sel ? Ce serait intéressant !

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    • Julien Venesson  3 juillet 2018 at 13 h 13 min

      L’indice PRAL est un indice théorique (calculé). Je crois que pour le sel l’indice PRAL théorique est quasiment neutre. Comme quoi il faut se méfier de trop de théorie 🙂

      (4)
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      • JB  3 juillet 2018 at 18 h 31 min

        En fin de compte, ce qui pose problème dans le sel, c’est le chlorure, pas le sodium.

        Savez-vous si c’est la même chose dans le chlorure de calcium ou de magnésium ? Il y en a dans mon tofu ! :p

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        • Julien Venesson  5 juillet 2018 at 8 h 50 min

          Il est certain que les ions chlorure posent problème. Mais il y a peut-être une synergie problématique dans le mélange chlorure + sodium; nous n’avons pas la réponse à ce jour. DOnc difficile de répondre avec certitude pour le chlorure du tofu.

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  • Elodie  4 juillet 2018 at 18 h 37 min

    Information intéressante! Ce n’est pas la 1e fois que je lis des éléments qui vont dans ce sens. Ca me fait penser à la traque du cholestérol et des matières grasses en général, qui pendant longtemps ont été jugées responsables de l’athérosclérose et des accidents vasculaires alors que de plus en plus d’études pointent du doigt le sucre (on peut supposer que les lobbys de l’industrie du sucre ont bien travaillé pendant toutes ces années). Dans le cas des protéines, j’ai du mal à identifier à qui cette désinformation a été profitable.

    (1)
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  • Manu  26 juillet 2018 at 18 h 09 min

    Bonjour

    Un article très intéressant !
    J’ai qq questions cependant.

    Vous précisez que dans l’étude des infirmières, chez les participants déjà victimes d’un problème de reins (insuffisance légère), plus la consommation de protéines d’origine animale augmentait (viandes, œufs, poissons, laitages), plus leur capacité de filtration rénale déclinait au fil du temps.
    Or dans cet article http://www.saging.com/articles/une-alimentation-riche-en-proteines-est-elle-susceptible-dinfluencer-le-vieillissement-de-la-fonction-renale-, il est dit que cette corrélation était bien liée à la consommation de viande et non à l’origine laitière ou végétale des protéines.
    Du coup, ceux qui ont un DFG faible doivent-il incriminer la whey ou seulement la viande ?

    Vous precisez aussi que les regimes riches en proteines augmentent le DFG. Pourtant c’est lorsque celui-ci baisse que l’on parle d’insuffisance rénale. Ca semble donc être contradictoire.
    Si le taux de creatinine est élevé (comme ce peut-être le cas pour un pratiquant de musculation qui prend en plus de la whey et de la creatine monohydrate), est-ce que ce dernier peut amener à un calcul de DFG bas ? ou est-ce l’inverse ?

    Merci de m’eclairer.

    (1)
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    • Julien Venesson  27 juillet 2018 at 8 h 13 min

      Bonjour, toutes les protéines d’origine animale sont à limiter en cas d’insuffisance rénale. Mais le total de protéines sur la journée aussi doit être surveillé : un apport plus faible en protéiens total est meilleur en cas d’insuffisance rénale, quelle que soit le type de protéine considérée. Concernant les questions de hausse et baisse de DFG, l’idée est que, selon les personnes qui critiquent les protéines, un DFG élevé indiquerait dans un premier temps une surcharge de la fonction rénale qui se traduirait à terme par un dysfonctionnement (et donc une baisse de la DFG).

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  • Gabriel  8 juillet 2018 at 21 h 59 min

    Excellent article.
    Je fais des crises de calculs rénaux tout les ans depuis 6 ans. Mon néphrologue a tout de suite suspecté un excès de consommation de protéine (120g/jour pour 60kg de poids de corps). Effectivement j’ai commencé la musculation depuis 2 ans, je consomme alors beaucoup plus de protéine qu’avant. Or mes crises rénales ont commencé il y a 6ans… Je fais de la musculation que depuis 2 ans… J’ai donc pas trouvé cela logique d’accuser les protéines.
    Je pense à un problème d’hydratation combiné au fait que j’ai des petits reins (jugé petit par mon néphrologue d’après plusieurs radio de mes reins). En aucun cas les crises ne viennent des protéines pour moi et ton article semble me le confirmer…

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    • Julien Venesson  9 juillet 2018 at 8 h 24 min

      Bonjour, on a plus de risque de calculs rénaux quand on mange trop de sel, pas assez de végétaux et trop de phosphore (principalement via les produits industriels avec les additifs comme le phosphate calcique, et d’autres). Ceci explique probablement pourquoi les calculs rénaux ne sont pas anodins : dans plusieurs études leur présence est associée à une augmentation du risque d’AVC et de problèmes cardiovasculaires de manière significative : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5572031/

      (3)
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  • urbanodg  14 juillet 2018 at 13 h 15 min

    Bonjour Julien ,votre avis sur le régime Dukan du coup? C’est souvent sur l’argument de la nocivité rénale qu’il a été décrié ( et de son desquilibre nutritionnel)
    La cabale était injustifiée ?

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  • alex_SP  15 juillet 2018 at 10 h 27 min

    Mais pourtant il me semblait que les régimes alimentaires avec éviction de sel de table ne permettaient qu’une baisse toute relative, voire nulle, de la tension artérielle.
    Comme cela se fait-il alors? (Ou est-ce que mes connaissances sur le domaine datent un peu trop?)

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    • Julien Venesson  15 juillet 2018 at 10 h 33 min

      Les régimes alimentaires les plus documentés scientifiquement contre l’hypertension sont les régimes DASH et Paléo, qui sont pauvres en sel et riches en potassium via les fruits et légumes.

      (0)
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  • Peter  15 juillet 2018 at 16 h 23 min

    Bonjour, par contre la surconsommation d’aliments générant beaucoup d’urée dans le sang provoque bien des crises de goutte puis ensuite des problèmes rénaux ?

    (0)
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  • Ben  28 juillet 2018 at 10 h 07 min

    Bonjour Julien et merci pour ces infos.

    J’ai subi une nephrectomie il y a 3 ans et je pratique aussi la musculation depuis lors. Mon chirurgien et mon néprologue insistent pour me limiter en protéine et pensent même contre l’avis du nutritionniste que 1,2 g de proteine par kg de poids de corps est une quantité trop importante. Je ne pese que 60kg pour 1m68 et mon rein restant fonctionne normalement. Mes analyses de sang me placent a la limite de l’insuffisance rénale. On m’indique que c’est parce que je n’ai plus q’un rein et que c’est donc un résultat normal dans mon cas.

    J’ai le plus grand mal a construire du muscle dans ces conditions et ce n’est pas faute de m’arracher à la salle avec un coaching formateur de Rudy pour démarrer. Je cherche désespérément des infos qui me permettraient d’augmenter mon apport en proteines (si c’est réellement possible pour moi sans danger). Selon votre analyse des études je devrais pouvoir consommer plus de proteines. Ma question : comment être certain que c’est bien le cas ? Mes 2 spécialistes peuvent il vraiment se tromper ? Et le cas échéant comment vérifier s’il y a vraiment danger ou non ? Avec une prise supplémentaire de protèines si la creatinine augmente vers l’insuffisance rénale une diminution de la consommation me ramènera t-elle à la normale ? Par avance merci pour toutes vos réponse. Et si vous connaissez un spécialiste qui saura analyser mon cas et me donner et réponse claire sur mes possibilités je vous remercie de bien vouloir m’orienter vers lui (ou elle). Encore merci pour votre réponse.

    (0)
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    • Julien Venesson  28 juillet 2018 at 10 h 21 min

      Bonjour, je n’ai trouvé aucune étude scientifique dans la littérature médicale qui indique que l’ablation d’un rein entraîne la défaillance de l’autre ou son moindre fonctionnement. Peut-être devriez-vous discuter avec votre médecin de ce point, quitte à lui présenter les études scientifiques que je mentionne en bas d’articles (librement consultables sur internet). Par contre, vous mentionnez être à la limite de l’insuffisance rénale. Dans ce cas il faut faire attention car comme expliqué dans l’article, sur des reins malades les protéines sont effectivement nocives.

      (0)
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      • Ben  28 juillet 2018 at 14 h 15 min

        Merci pour votre réponse. J’ai en effet bien compris l’impact nocif des proteines sur les reins malades. Mon médecin dit que le rein restant est en bonne santé et que le résultat de creatinine est haut du fait qu’il ne me reste qu’un rein (137 umol/l). Les valeurs de référence étant comprises entre 64 et 104. Par ailleurs il me semble que cette valeur est naturellement plus haute chez les sportifs sans être indicateur de problème.

        Difficile de juger de ce qu’il faut faire tellement les informations peuvent etre contradictoires. Atteindre un objectif physique sans mettre en jeu sa santé est compliqué.

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        Répondre
        • Julien Venesson  28 juillet 2018 at 18 h 38 min

          La première chose à faire serait de mesurer la créatinine (ou les autres marqueurs rénaux qu’on vous fait habituellement) à distance de toute activité sprotive; par exemple après une semaine sans entraînement.

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          • Ben  28 juillet 2018 at 22 h 54 min

            Merci encore d’avoir pris le temps de répondre.

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  • FERNANDEZ Manuel  31 juillet 2018 at 17 h 32 min

    Bonjour,

    Votre article est extrêmement intéressant et je vous remercie pour les informations que vous nous apportez chaque jour, vous faites vraiment un travail remarquable!

    En ce moment, je m’intéresse beaucoup au Potentiel hydrogène des aliments et cherches à répondre à quelques questions dont celle-ci : Un sportif ayant régulièrement des infections rénales dûes à une malformation peut-elle se supplémenter en poudres dans le cadre d’une prise de masse musculaire lorsque ses apports journaliers protidiques sont insuffisants ? Pour la majorité des personnes et médecins, il est clair que la réponse est non.

    Hors, nous savons que pour éviter ce genre d’infections, une alimentation riche en aliments basifiants (légumes, crucifères, bicarbonate de soude, vinaigre de cidre…) est ce qu’il-y-a de mieux à faire. Les protéines animales étant fortement acidifiantes, j’ai directement pensé aux protéines végétales (spiruline, pois, chanvre…) dont les acides produits sont plus facilement éliminés par les poumons (si je ne me trompe pas).

    J’ai tendance à penser que la protéine de riz brun est plutôt acidifiante quant à la spiruline, elle est chère et souvent d’origine incertaine (risque de contaminations). Entre les protéines de pois et celles de chanvre, j’ai pû trancher grâce à l’un de vos articles (https://www.julienvenesson.fr/quelles-proteines-vegetales-en-poudre-utiliser-pour-preserver-sa-sante/).

    – Ma première question est la suivante : Avec un suivi médical régulier, un sportif souffrant de troubles rénaux peut-il consommer de la protéine de chanvre dans le cadre d’un mode de vie sain et varié (augmentation progressive des doses selon les effets sur la santé) ?

    Suite à mes recherches dans de nombreux articles concernant le ph des aliments, une petite information à également piqué ma curiosité : Apparemment, l’Isolat de protéines sériques natives (autrement dit Isolat de Whey native issue du petit-lait et non pas de l’industrie fromagère) est alcalinisant.

    D’après mes connaissances et déductions personnelles, le lait est à l’origine un produit acide à cause des protéines qu’il contient et de la présence du lactose cependant, ce dernier n’est peu (ou plus) présent dans l’Isolat de Whey issue du petit-lait, alors que les minéraux tel que le calcium, potassium, magnésium (etc…) sont toujours là.

    – Ma seconde question est la suivante : L’Isolat de Whey native du petit-lait est réellement un produit alcalinisant ou s’agit-il d’une supercherie ?

    Je vous remercie d’avance pour toutes les réponses que vous nous apportez et vous souhaite de passer une excellente journée.

    Cordialement,

    FERNANDEZ Manuel

    (0)
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    • Julien Venesson  31 juillet 2018 at 17 h 41 min

      Bonjour,
      Il y a plusieurs problèmes à voir pour pouvoir répondre à ces interrogations. La première serait de savoir de quelles infections rénales il s’agit ? car toutes les infections ne sont pas les mêmes et n’ont pas la même étiologie. La deuxième serait de savoir s’il y a bien un lien scientifiquement établi entre consommation d’aliments acidifiants et ces infections rénales (et ce lien ne me semble pas évident du tout; j’aurais plutôt tendance à penser qu’il n’existe pas). Enfin, si ce lien existe il faudrait savoir s’il concerne tout apport d’aliment acidifiant ou si un bon équilibre acide-base global (qui comprend donc à la fois des végétaux et des protéines) n’est pas concerné.

      (1)
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      • FERNANDEZ Manuel  1 août 2018 at 7 h 36 min

        Effectivement, la réponse semble bien plus complexe qu’il n’y paraît… Je vais me renseigner davantage sur les questions que vous venez de soulever afin d’essayer d’y apporter des réponses.

        Concernant le potentiel hydrogène de l’Isolat de Whey native du petit-lait, pensez-vous qu’il s’agit réellement d’un produit alcalinisant ? L’hypothèse que j’ai évoquée précédemment (voir dans ma première question) semble tenir la route mais je pense que de nombreux paramètres m’échappent encore. Je ne prends aucune information comme étant certaine et j’aurais aimé avoir votre avis sur ce sujet.

        Je vous remercie encore pour les réponses que vous m’avez apportées.

        Cordialement,

        FERNANDEZ Manuel

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  • Ojeda Louis  11 août 2018 at 0 h 11 min

    Bonjour je vous remercie pour toutes les précisions et tous les conseils que vous apportez au sujet des maladies rénales. J’ai lu un article sur internet qui disait que consommer une certaine dose de charbon végétal activé faisait baisser le taux de créatinine chez une personne atteinte de maladie rénale. Pourriez me dire ce que vous pensez de ce remède miracle. Merci d’avance.

    (0)
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    • Julien Venesson  11 août 2018 at 8 h 57 min

      Bonjour, la seule chose que je puis dire c’est que ce n’est pas scientifique.

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    • Julien Venesson  7 septembre 2018 at 13 h 24 min

      Bonjour, l’IGF et mTOR ne sont pas des molécules cancérigènes mais des facteurs de croissance. Tout facteur de croissance peut accélérer la croissance de cellules cancéreuses mais la cause du problème n’est pas les facteurs de croissance (qui sont naturels et qui permettent à l’organisme de fonctionner, renouveler notre peau après un accident, faire grossir nos muscles quand on fait du sport, etc) mais les mutagènes qui ont endommagé l’ADN au départ.

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      • dydythug  7 septembre 2018 at 18 h 50 min

        Je sais que ce sont des facteurs de croissance, l’article qui citait les 2 articles en lien parlait plutôt d’une accélération du vieillissement pour les régimes très protéinés, enfin bon 0.8 par pound ça fait pas loin de 2g tout de même par kg donc ça reste très correcte même si leurs affirmations sont bidons !

        merci pour la réponse

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  • France ANDRIGHETTO  7 septembre 2018 at 12 h 57 min

    Il y a une grave lacune concernant ces études sur l’influence de la quantité de protéines sur le fonctionnement des reins, c’est la prise en compte de la nature des différentes protéines.
    Mélanger sans distinction les protéines laitières, les protéines de viande, poisson ou coquillages, ou les protéines végétale issues d’OGM ou de céréales mutées (gluten entre autres) ou de graines légumineuses ou d’oléagineux, sans préciser si toutes ces protéines sont ou non modifiées par la chaleur (cuisson), ne permet pas d’en tirer des conclusions fiables conduisant à des conseils alimentaires pertinents. Quand on connaît l’influence néfaste de certaines protéines, même en petites quantités (comme les protéines laitières, celles issues d’OGM, celles issues de céréales mutées, celles dont la structure est modifiée par la cuisson, on se dit qu’il y a matière à faire des études autrement plus précises et pertinentes.

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    • Julien Venesson  7 septembre 2018 at 13 h 25 min

      Bonjour, vous devriez jeter un œil à ces études, les chercheurs tiennent compte de la plupart de ces données. C’est leur métier tout de même 🙂

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  • PAB  17 octobre 2018 at 23 h 13 min

    Bonsoir
    Un super article très enrichissant.
    Merci du partage.
    ++

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