Comment le magnésium contrôle nos niveaux de vitamine D

Modifié le 23 octobre 2024

Temps de lecture : 5 minutes
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Aliments riches en magnésium.

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Certains micronutriments sont en étroite relation, interagissant les uns avec les autres pour remplir leurs fonctions. Ces interactions peuvent influencer leur absorption, mais aussi leur métabolisme et leur efficacité, conditionnant potentiellement leur rôle dans le maintien de notre équilibre physiologique. Parmi ces duo intimement liés, figurent le magnésium et la vitamine D.

Rôle du magnésium dans l’activation de la vitamine D

Depuis quelques mois, apparaissent sur internet des articles indiquant que prendre de la vitamine D sans magnésium serait inefficace voire toxique sur la santé. Alors, mythe ou réalité ? Des chercheurs américains viennent de publier un travail approfondi d’analyse sur les liens entre magnésium et vitamine D, qui apporte des éclaircissements essentiels sur cette question.

Certains éléments sont mis en avant :

  • il existe des cas dans lesquels le déficit en vitamine D provoque une hypocalcémie (baisse du taux de calcium dans le sang), sans que la supplémentation en vitamine D ne résolve le problème. Dans ces cas, la cause identifiée est généralement un déficit en magnésium. Après supplémentation en magnésium, la vitamine D devient à nouveau efficace et les niveaux de calcium remontent ;
  • il existe des cas de rachitisme pour lesquels la supplémentation en vitamine D n’est pas efficace. Un comble puisque le rachitisme est, par définition, provoqué par un déficit en vitamine D. Là encore, les chercheurs constatent que ce problème est lié aussi à un manque de magnésium.

Un cofacteur indispensable

Mais comment expliquer ce lien entre ces deux composés ? Pour le comprendre, il est nécessaire de s’intéresser au métabolisme de la vitamine D. Tout commence au niveau de la peau, quand les rayons du soleil entrent en contact avec le 7-déhydrocholestérol, une molécule fabriquée à partir du cholestérol. Cette rencontre donne naissance au cholécalciférol, soit la même vitamine D que nous prenons en compléments alimentaires. À noter que le cholécalciférol est inactif.

Schéma montrant que le magnésium est impliqué dans le métabolisme de la vitamine D.

Le magnésium est impliqué dans le métabolisme de la vitamine D.

Empruntant la circulation sanguine, le cholécalciférol atteint le foie où il est transformé en calcifédiol, grâce à une enzyme, la 25-hydroxylase. Celui-ci est ensuite acheminé vers les reins, où une autre enzyme, la 1α-hydroxylase le transforme en calcitriol, la forme active de la vitamine.

Le calcifédiol est également actif dans le corps via une action autocrine/paracrine, c’est-à-dire une activation directe dans des tissus cibles. Les chercheurs pensent d’ailleurs que c’est ainsi que la vitamine D exercerait un rôle anticancer. Le calcitriol de son côté serait surtout actif pour contrôler les niveaux de calcium dans le sang et donc dans les os ou les vaisseaux sanguins.

Or, ces deux enzymes qui œuvrent à la transformation de la forme inactive de vitamine D en formes actives ont besoin de magnésium pour fonctionner, ce qui explique pourquoi le minéral est si indispensable à la vitamine. Dans certains cas, la supplémentation en vitamine D serait donc inefficace en raison d’un manque de magnésium.

Baisse des réserves minérales

Pire, cela pourrait même aggraver la situation selon des chercheurs en médecine interne de Jacksonville (Floride, États-Unis) : en se supplémentant avec de fortes doses en ampoules (prescrites par les médecins sous le nom d’UVEDOSE, ZYMAD ampoules, CHOLECALCIFEROL BIOGARAN, etc.), on provoque une baisse rapide des niveaux de magnésium et une accélération de l’élimination du minéral, c’est-à-dire une carence. Cet effet néfaste n’existerait pas avec des doses modérées prises quotidiennement (autour de 5000 UI par jour).

Le magnésium préviendrait la toxicité de la vitamine D

Si les deux enzymes nécessaires à l’activation de la vitamine D sont dépendantes du magnésium, celle responsable de son inactivation, la 24-hydroxylase, l’est aussi. Contrairement aux deux premières qui sont localisées dans un organe précis, la 24-hydroxylase est présente dans l’ensemble de l’organisme et permet donc d’éviter un excès en vitamine au niveau des tissus cibles (os, rein, peau, intestin, cerveau…).

Elle désactive le calcifédiol ou le calcitriol en deux composés inactifs, qui seront ensuite transformés en acide calcitroïque, excrété par la bile. Ainsi, le magnésium est également crucial pour éviter la toxicité de la vitamine D3, en contribuant à l’élimination du surplus en cas d’excès.

Maintien de niveaux suffisants de vitamine D

En décembre 2018, des chercheurs de l’université de Harvard sont allés plus loin dans l’analyse avec un essai clinique mené auprès de 250 personnes. Ils ont ainsi pu mettre en évidence que lorsque le taux de vitamine D dans le sang est bas (inférieur ou égal à 30 ng/mL), la supplémentation en magnésium augmente le taux sanguin de vitamine D active en stimulant les enzymes.

En revanche, quand le taux de vitamine D dans le sang est supérieur à 30 ng/mL, la supplémentation en magnésium tempère l’activation de la vitamine D. Tout se passe comme si notre organisme voulait garantir autant que possible des niveaux sanguins minimums de vitamine D dans le sang, autour de 30 ng/mL, dose limite à partir de laquelle les problèmes de santé liés au déficit commencent à apparaître (fatigue, baisse des niveaux de calcium, etc.).

Le magnésium joue donc un rôle régulateur des niveaux de vitamine D dans le sang, aussi bien pour limiter les effets d’une carence en vitamine D quand celle-ci vient à manquer que pour limiter les effets d’un excès.

Faut-il obligatoirement se supplémenter en magnésium avec la vitamine D ?

Dans ces circonstances, est-il indispensable de coupler la supplémentation en vitamine D3 avec un apport en magnésium constant ? Sans doute pas ; les auteurs de l’étude soulignent la réciprocité entre ces deux composés : le magnésium est indispensable à l’activation de la vitamine D, et la vitamine D facilite l’absorption du magnésium au niveau intestinal.

Il semble que la limite entre les deux phénomènes soit environ à 30 ng/mL de vitamine D dans le sang : ainsi, chez une personne déficiente en vitamine D (moins de 30 ng/mL), la prise de magnésium peut être utile au début de la complémentation en vitamine D, puis lorsque celle-ci atteint un niveau satisfaisant (par exemple après deux ou trois mois de supplémentation à une dose adaptée à vos besoins), elle favorise l’assimilation du minéral présent dans les aliments.

En conclusion, il est faux de dire que prendre de la vitamine D sans magnésium la rend toxique, mais une petite cure de magnésium peut être nécessaire avec la vitamine D pendant quelques mois si votre alimentation est également carencée en magnésium.

La forme à privilégier en complément alimentaire

Il existe de très nombreux sels de magnésium en complément alimentaire : oxyde de magnésium, citrate de magnésium, glycinate de magnésium, etc. Certains d’entre eux sont mal absorbés et provoquent des troubles digestifs tandis que d’autres sont bien absorbés, voire très bien absorbés.

Quelques exemples de formes de magnésium à éviter :

  • oxyde de magnésium (laxatif) ;
  • chlorure de magnésium ou nigari (laxatif) ;
  • sulfate de magnésium (laxatif) ;
  • glycérophosphate de magnésium (forme bien absorbée mais les phosphates utilisés sont des additifs chimiques qui augmentent les risques de problèmes de reins et de maladies cardiovasculaires à long terme) ;
  • magnésium “liposomé” ou “sucrosomé” (fabriqué à partir d’additifs chimiques qui n’existent pas dans la nature, les esters de saccharose et de glycérol, que les autorités de santé recommandent de ne pas consommer en trop forte quantité) ;
  • magnésium transdermique, dépourvu d’efficacité.

Quelques exemples de formes moyennes de magnésium :

  • citrate de magnésium ;
  • lactate de magnésium.

Quelques exemples des meilleures formes de magnésium :

  • bisglycinate de magnésium et taurine associés ;
  • association d’acide malique, taurine et magnésium.

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