La vitamine D augmenterait les chances de survie en cas de cancer
Modifié le 17 octobre 2024
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En France, le cancer est la première cause de décès chez les hommes et la deuxième chez les femmes. D’après l’agence Santé publique France, 433 136 nouveaux cas de cancers ont été enregsitrés en 2023. En plus des traitements habituels du cancer, des compléments alimentaires pourraient-ils aider ces patients ?
La vitamine D, connue pour ses bénéfices pour la santé osseuse, a beaucoup été étudiée pour ses atouts en prévention de maladies chroniques telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires et le cancer. Ainsi, un déficit en vitamine D est associé à un risque plus élevé de cancer. On peut donc se demander si une complémentation en vitamine D serait intéressante pour des patients qui ont développé la maladie.
La vitamine D réduit la mortalité par cancer
En juin 2019, une étude réalisée par l’université d’État du Michigan a été présentée au congrès de l’American Society of Clinical Oncology. Dans cette méta-analyse, les auteurs ont synthétisé les données de 79 000 personnes ayant participé à dix études différentes.
Tous ces essais cliniques comparaient la prise de vitamine D à un placebo, sur une période d’au moins trois années. Cette complémentation devait servir à prévenir différentes maladies ; les chercheurs ont choisi des études dans lesquelles les données d’incidence ou de mortalité par cancer étaient renseignées. La moyenne d’âge des participants était de 68 ans et 78% étaient des femmes. Leur suivi a duré au moins quatre ans.
Des bienfaits avec une supplémentation prolongée
Dans un communiqué de l’université, Tarek Haykal, un des auteurs de cette recherche, a expliqué que la différence de mortalité entre ceux qui prennent la vitamine D et les autres est significative : les patients vivent plus longtemps grâce à cette supplémentation. Plus précisément, la prise de vitamine D a été associée à un risque de mortalité par cancer réduit de 13% par rapport au placebo. En revanche, la vitamine ne semble pas avoir d’effet sur l’incidence du cancer.
Les auteurs en concluent que la prise de vitamine D réduit la mortalité par cancer, une fois que le cancer est diagnostiqué. D’après Tarek Haykal, il faut prendre le complément pendant au moins trois ans pour qu’il y ait un effet. Au vu de ces résultats, il aimerait que les médecins, en particulier les cancérologues, prescrivent plus souvent de la vitamine D à leurs patients.
Une protection marquée en cas de cancers respiratoires
Une autre méta-analyse, dont les résultats ont publiés en 2023, a souligné l’effet protecteur de la supplémentation en vitamine D contre une des formes de la maladie en particulier. La prise de la vitamine a été associée à une réduction de 46% de la mortalité liée aux cancers des voies respiratoires, qui touchent les poumons, la trachée, les bronches, le larynx, la cavité nasale…
Cet aspect est crucial, dans la mesure où le cancer du poumon représente la principale cause de mortalité par cancer chez l’homme.
Les mécanismes protecteurs en cas de cancer
La vitamine D est fabriquée naturellement par la peau lorsqu’elle est exposée aux rayonnements UVB du Soleil. En hiver, nous risquons de manquer de vitamine D et une complémentation peut s’avérer nécessaire pour éviter un déficit. Les apports alimentaires en vitamine D sont insuffisants pour couvrir nos besoins quotidiens.
La vitamine D est une prohormone qui est métabolisée dans le foie et le rein pour donner naissance au calcitriol, la forme active sur le plan biologique. Cette molécule se lie au récepteur de la vitamine D des cellules pour exercer différents effets, dont une action antitumorale.
Ses effets anticancéreux s’expliqueraient par plusieurs mécanismes :
- un rôle anti-inflammatoire, en affaiblissant l’activation des voies de signalisation pro-inflammatoires. Or l’inflammation chronique favorise le développement des tumeurs ;
- une réduction du risque de dommages à l’ADN causés par les espèces réactives de l’oxygène en limitant le stress oxydatif. Elle favorise également l’expression de gènes impliqués dans la réparation de l’ADN, un mécanisme clé pour prévenir les phénomènes de cancérisation ;
- une inhibition de la prolifération cellulaire, une régulation optimale de la différenciation, de l’apoptose et de l’autophagie, autant de mécanismes qui freinent la progression tumorale.

Mécanismes d’action de la vitamine D contre le cancer.
Enfin, différentes études suggèrent que, en cas de cancer, le métabolisme et les fonctions habituelles de la vitamine D sont déréglées, ce qui contribuerait au développement et à la progression des tumeurs.
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